lundi, 22 juin 2009

no comment (coton-tige)

Un chômeur vole pour pouvoir manger à nouveau en prison

Taïwan - Un demandeur d'emploi relâché de prison a volé des Coton-Tige juste pour se faire arrêter à nouveau car il " ne pouvait oublier les plateaux repas du département de police ".

A peine a-t-il été relâché de prison pour avoir volé une paire de chaussures, qu'il a volé une boîte de Coton-Tige pour être arrêté à nouveau. L'homme sans domicile fixe a pris l'habitude de commettre régulièrement des vols afin de pouvoir se nourrir gratuitement. "Si quelqu'un ne va pas bien et vient aux alentours de l'heure du déjeuner, nous allons lui préparer quelque chose" déclare pourtant un officier. Ce chômeur n'est pas le premier à agir de la sorte. Il y a quelques mois, un autre homme a volé une moto et l'a conduite directement au bureau de police pour être emprisonné.`

source : la page d'accueil de Yahoo.fr, cet après-midi. Qui a dit que nous étions devenus trop nombreux sur cette Terre? -Qui?.. Malthus?..

vendredi, 06 février 2009

zou

Il y a tant d'humilité forte et revigorante dans "Les Disparus", de Daniel Mendelsohn (J'ai Lu) que j'y passerai bientôt une bonne grande journée, et -pareil!-, tellement de talent dans "Petites épiphanies" de Caio Fernando Abreu (José Corti), mais, mais... Si peu de matière dans le raccoleur "J'aime" de Nane Beauregard (POL), une insipidité si confondante dans "Mon voisin" de Milena Angus (Liana Levi) -qui nous a habitués à mieux (relire "Mal de pierre", Poche), de l'humour tordant, chez la même éditrice, dans "Comment lui dire adieu", de la désinvolte Cécile Slanka, enfin, bon oui, d'accord, encore des choses à tirer des "Contrerimes" de Paul-Jean Toulet (Poésie/Gallimard ou GF), dont Frédéric Beigbeder m'a lu des extraits, chez lui, la semaine dernière (ça fait bien de l'écrire, nan?), et aussi une envie de relire, à haute voix, pour sa musique étrange, le mince et précieux "Archipel et Nord", de Claude Simon (Minuit) que quand même, ce soir, ce sera malgré presque rien, plateau-dvd. Zou.

dimanche, 01 février 2009

again, chet

http://www.deezer.com/#music/result/track/almost%20blue

bouleversant Chet

de retour du Panama (j'en parlerai ici, je collerai quelques photos -j'y étais en reportage pour un grand quotidien), je me suis retrouvé dans la tempête de mon Sud-Ouest, et là, je m'apprêtais à écrire des trucs sur cette dévastation, et aussi sur les Embera, au Panama, ou sur Chucho Valdès, rencontré au Jazz festival de Panama city, mais le coeur n'y est pas. Je pense, ce soir, davantage au Vaisseau des morts, de B.Traven, à Dans la lumière froide, de Pierre Mac Orlan aussi -des histoires de mer, crues. Au chenin (le cépage), aux vingt ans de ma fille (bientôt), à mes prochains départs pour des îles lointaines et chaudes, au subtil cigare Navarre, au feu de cheminée devant le lit, la nuit dernière, à l'amour, au ciel glacé ce matin, au riz basmati, à ma bagnole que je ne retrouve plus car j'oublie toujours où je l'ai garée. Et à Chet, bien sûr. Almost blue...

vendredi, 02 janvier 2009

Voeux à Volonté!

Il y a La Ballade de la geôle de Reading, poème difficilement dépassable d'Oscar Wilde, il y a Almost blue de Chet Baker et sa voix à pleurer, il y a aussi des oursins, un aller-retour à Versailles pour ne pas voir Koons (trop de queue). Un Magnum 46, habano tiré à la fraîche, entre trois et quatre heures du matin devant ma ligne de partage des eaux, soit là où l'Adour et la Nive se séparent. Le souvenir des voeux de Julien Gracq, dans ma boîte aux lettres creuse, ce matin et demain. Une rentrée copieuse qui se profile : des romans à gober vite, pas comme on avale les Quiberon n°3 de Joël D., des lentilles partagées avec les enfants : Lentilles le premier, des pesetas toute l'année, disait ma mère. La neige qui résiste au bord des routes de campagne, La lointaine petite tente de bleu / Que  nous prisonniers nommons ciel (Wilde), un besoin de soleil et de mer chaude (bientôt, au Panama), la trace d'un côte-rôtie (La Mouline 1978), un vol de grues qui craque dans la nuit; des matins magiciens.

http://www.deezer.com/#music/result/all/almost%20blue%20chet%20baker%20let%27s%20get%20lost

dimanche, 30 novembre 2008

Le plaisir aristocratique de déplaire

L’expression est de Dominique de Roux.

Donc, à la fin de cette note, je me serai fait deux ennemis de plus… Me reviennent en effet une parole fraîche et un souvenir durable.

La première : j’ai interviewé Ivan Levaï, cette semaine, qui ne s’est pas caché de son aversion pour Jean-Pierre Elkabbach, son tueur à Europe 1. « Il est né le dos courbé », me dit-il. Tour à tour giscardien, mitterrandien, chiraquien, sarkozyen (who’s next ?), toujours là tandis que Levaï s’est fait virer sans cesse : la gloire de Levaï, homme debout, sa fierté de grande gueule intègre. De Juif absolu et de libre penseur.

Le souvenir, maintenant : je déjeunais avec Julien Gracq à « La Gabelle », en bas de chez lui à Saint-Florent, au bord de la Loire, à l’issue d’une matinée passée à parler littérature, dans son salon, et à feuilleter (quel cadeau ce fut!) les « grands papiers » somptueux des éditions originales et limitées de certains de ses livres, comme « Les Eaux étroites », « Un Balcon en forêt »... Soudain surgit François Bon avec sa famille. Il vit le Maître, se précipita stupéfait, interrompit notre conversation, notre repas. Sans un regard pour moi, il ploya son dos, fit une grotesque révérence, gestuelle et verbale. Gracq lui coupa net la parole, étendit un bras vers moi et dit, tranchant : « Je vous présente Léon Mazzella. » Soit personne, sauf son invité, ce jour-là de janvier. Le grand écrivain savait vivre (ô combien), il avait cette élégance dont beaucoup –que nous savons apprécier par ailleurs pour leur vérité (je lis Bon avec plaisir, lorsqu’il publie chez Minuit et chez Verdier)-, ne possèderont jamais…

mercredi, 19 novembre 2008

¡ a ver !



podcast

The Moon, by Catpower.

 

Ferme les yeux pour voir

Parfois la vie est dure comme du plomb

heureusement il y a la poésie

 

lundi, 10 novembre 2008

Goncourt

Le bref et aéré roman de l'Afghan Atiq Rahimi, Syngué sabour (Pierre de patience), P.O.L, écrit directement en Français, est superbe, poétique, violent et tendre, bouleversant. L'abandon, l'amour, les dégâts du Coran sur le couple, l'abnégation de la femme, la douleur, la guerre, les secrets, la délivrance... Tout cela est dit sèchement, comme un feu qui craque. Rahimi écrit sans gras. Avec un regard  peut-être trop cinématographique (il a adapté lui-même au grand écran Terre et cendres, son premier livre) et pas assez littéraire : on a l'impression de lire des plans, un scénario, à certainses pages, et pas d'être embarqué par le souffle d'une histoire... Bon, en même temps, ce n'est pas un livre inoubliable : je l'ai repris, feuilleté, et j'ai pensé qu'il était apparu comme le moins mauvais des quatre en lice. Les Goncourt ont donc été bien inspirés. C'est rare... Une phrase, une seule, du livre : "Ma tante n'a pas tort de dire que ceux qui ne savent pas faire l'amour, font la guerre." A la relecture, il lui manque de l'épaisseur, au sens romanesque du terme.

Je n'ai pas lu le Renaudot, du Guinéen Monémembo. Et vous?

(C'est amusant, en discutant de ces deux lauréats avec des amis, la réflexion sur "l'effet Obama" est revenue dans la discussion. Qu'en pensez-vous?).

jeudi, 06 novembre 2008

Zweig, Obama et la perruche à collier


podcast

Lhasa, La marée haute (The living road)

La nouvelle inédite de Zweig, Le voyage dans le passé, déjà évoquée ici (splendide de délicatesse et de pudeur, dans ces retrouvailles de deux amoureux qui, malgré une séparation de neuf années et en dépit de la vie -une famille fondée par résignation, une tentative d'oubli iréciproque-,  des thèmes chers à l'auteur de Lettre d'une inconnue, retrouvent leurs sentiments intacts), avait pour titre originel La résistance de la réalité. Grasset aurait été mieux inspiré de le garder.

A propos d'Obama, cette phrase d'une étudiante française d'origine camerounaise, citée par "Le Monde", résume à mes yeux le souffle qui caresse les continents depuis le 4 : "Jusqu'à hier, je ne mettais pas ma photo sur mes CV. Maintenant, je pense que je vais le faire. Je suis super fière d'être métisse aujourd'hui." Gageons juste que ce souffle ne se transforme pas, ici ou là, en vent arrogant et vengeur. La fierté se mettrait à singer ce contre quoi elle a si longtemps combattu.

Enfin, la perruche à collier envahit les capitales européennes, car elle est homophile, comme la tourterelle turque, qui partit elle aussi à la conquête de nos parcs et jardins il y a plusieurs décennies. Le réchauffement climatique en est la cause. C'est sympathique, mais inquiétant, cette tiédeur qui bouleverse la migration et l'ensemble des comportements du monde animal. (Quant aux ours blancs, ils ne savent plus où se planquer, car la banquise fond et "la" Palin revient).

Le rapport entre tout cela? Lorsque la réalité résiste, elle s'adapte avec effort mais sans douleur. La perruche à collier chante, à la cime des arbres fruitiers d'Europe. Et la beauté du métis demeure, je crois, ce qu'il y a de plus formidable au monde.

L'espèce humaine et notre planète cabossée ont encore de beaux jours devant eux, va!..

mardi, 04 novembre 2008

Hausse d'épris

Nietzsche à propos des Essais de Montaigne : La joie de vivre sur terre en a été augmentée.

C'est magnifique. Cela me rend heureux, ce soir, en rentrant, malgré la nuit qui tombe vraiment trop tôt, vous ne trouvez pas? Té! Alphonse Allais, pour l'escalier : La nuit tombait. Je la ramassai...

lundi, 03 novembre 2008

La lumière de leur nuit

J'ai écrit ceci dans une nouvelle, Morbidezza (elle ouvre Les Bonheurs de l'aube, La Table ronde) : Un fils ne pense jamais qu'un jour il fermera les yeux de sa mère, qu'il donnera la nuit à celle qui lui a donné le jour... Je venais de le faire. Ce soir, je tombe sur cette phrase d'Edmond Rostand, extraite de C'est dans la nuit qu'on croit à la lumière, citée par Boris Cyrulnik (dans Parler d'amour au bord du gouffre, Odile Jacob) : Il a cru à la lumière parce qu'il était dans la nuit. Moi qui vivais en plein jour, je n'avais rien su voir. Soyons vigilants. Surtout avec nos amis, nos proches. Imitons la lionne, qui dort toujours d'un oeil. La générosité, le partage, sont à la portée de notre attention. Ils n'en demandent souvent pas davantage. Le soutien, l'aide, l'accompagnement, le fortifiant intérieur, le turbo mental, tout cet attirail précieux, nous le possédons tous, mais nous le gâchons par paresse, négligence. Je ne veux pas tenir l'égoïsme pour responsable de l'obsolescence de ce merveilleux outillage, bien que la vie m'ait parfois démontré le contraire. (Ces aveugles-là sont riches sur la forme, mais pauvres, au fond. Ils ne sauront jamais voir, qu'eux. J'ai fini par les mépriser). Alors quand un pote est dans la merde, stoppez tout et allez-y. C'est l'essentiel de votre vie. Et de la sienne, à ce moment-là. (Faites passer).

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