lundi, 02 juin 2008
Principessa
J'imagine un peu ce que serait ma journée, si maman, qui était au lycée à Oran, dans la même classe qu'un jeune duduche dégingandé, disait-elle, nommé Yves Saint-Laurent, avait préféré cet homme à mon père!..
Plus sérieusement, et pour répondre aux pieds en éventail d'une Angélique rechargée par son week-end, voici, non pas une réflexion philosophique, mais une phrase de Proust, extraite du Côté de Guermantes. Pour la beauté :
"...mes regards se sentirent croisés par l'incandescence volontaire et les feux des yeux de la princesse, laquelle les avait fait entrer à son insu en conflagration rien qu'en les bougeant pour chercher à voir à qui sa cousine venait de dire bonjour, et celle-ci, qui m'avait reconnu, fit pleuvoir sur moi l'averse étincelante et céleste de son sourire".
14:46 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : proust
vendredi, 23 mai 2008
Dieu qu'il est reposant d'écouter Ayo...
20:09 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : ayo
samedi, 05 avril 2008
Saint-Jean-de-Lumière
Lumière douce, mer calme, horizon bleu, montagne espagnole bien visible, fort de Socoa posé -notaire balzacien, Rhune découpée, plage déserte, ouaté de l'air, chalutier bleu au loin, silences...
J'aime la baie de Saint-Jean-de-Luz, aujourd'hui. Clarté dense d'un après-midi d'avril. Lueurs du couchant. Nuées d'étoiles dans le cadre de la fenêtre de l'hôtel. J'écris, bercé par les vagues, néglige les heures, nimbé de sérénité, de souvenirs enchanteurs.
Rue Tourasse, j'ai rencontré Charly. Il n'y a pas de hasard : je pensais à lui en arrivant à Biarritz-Parme, m'en voulait de ne pouvoir lui rendre visite au cours de ces trois jours. Sa santé lui joue un tour de con, le diminue, mais épargne sourire, oeil malicieux, dignité. Je revois mon père, un an et demi après, dans des vêtements devenus grands, la nuque maigre. C'est son meilleur ami. J'ai embrassé Charly. En retournant au Grand-Hôtel, la baie de Saint-Jean m'apparut davantage rassemblée autour d'une lumière éclatante. Bouton de rose. Poing.
Lutter avec la lumière. Luchar con la luz.
Photos ©L.M.
01:04 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : ongi etorri
dimanche, 30 mars 2008
ELLE
« Elle est étrange cette soif de se confesser, de demander pardon à quelqu’un par l’intermédiaire d’un livre…
Je ne dis pas seulement cela pour m’excuser. Les indiscrétions criardes de certains écrivains dans leurs livres sont peut-être un hommage à la femme qu’ils ont aimée et que souvent sans le vouloir ils ont fait souffrir. Comment mieux demander pardon, comment rendre un plus bel hommage à l’objet de leur amour, comment le faire de manière plus éclatante et plus sincère qu’en écrivant ?...
Peut-être qu’à l’origine de mon livre, il y a le besoin de demander pardon à Ileana. Noces au paradis : il me semble que ce titre en dit assez… J’espérais qu’au moins ce livre racontant notre histoire, s’il tombait un jour sous ses yeux, la persuaderait de revenir…
Je l’attends. Parfois je m’imagine, vieux, seul au milieu de mes livres, penché sur la même table, tel qu’Ileana m’a vu tant de fois, des nuits d’affilée. Et j’imagine alors que quelqu’un frappe à la porte, que je vais ouvrir distraitement et que je la trouve sur le seuil. J’y pense constamment… »
Mircea Eliade, Noces au paradis, (L'Imaginaire/Gallimard)
14:43 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : eliade
lundi, 03 mars 2008
Trente ans après
Je revois le rose sur les pommettes de l’écolière au cartable lourd dans le dos qui attendait le bus, retrouvé aux joues de l’écolière devenue femme.
(croisée dans les rues de Bayonne)
12:54 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 02 mars 2008
La définition de la vie
"Je suis heureux. Et j'essaye de prolonger cet instant" (attrapé au vol dans le film "Tess", de Polanski, avec une sublime Natassja Kinski).
nota : l'étrange ressemblance de N.Kinski qui a je crois 19 ans lors de ce tournage (pas avec son tellurique père, Klaus) avec Ingrid Bergmann et Isabella Rossellini
14:32 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rien de moins!
vendredi, 29 février 2008
Retour à Taüll (Pyrénées catalanes)
Le clocher de l'église Sant Climent est l'arbre qui cache la forêt. Cette forêt est un village. Il s'appelle Taüll. Mais comme on n'échappe pas au penchant de la tour, à Pise, on n'échappe pas à cet incroyable campanile et à l'église romane somptueuse qui bornent l'entrée du village. Il convient seulement de s'y arrêter, puis de s'attarder au village. Autour du monolithe célèbre, un cimetière gagné par de hautes herbes ne semble pas envahi par les morts. Les croix de fer forgé, éparses, noyées, figurent d'autres herbes, moins folles, qui émergent comme des animaux qui se dressent du col. Soit on n'est pas mort depuis longtemps, par ici, soit c'est le jardinier qui a rendu l'âme parmi les premiers...
Un bar-restaurant touche presque l'église. Il sent l'appeau à visiteurs. Celui qui sonne faux. Mieux vaut s'en détourner, d'autant qu'un distributeur rouge d'une boisson gazeuse commune jusque dans les contreforts du Kalahari -bien qu'à demi dissimulé par des écorces d'arbres-, a l'audace de trôner en plein air, faisant ainsi un détestable écho au fameux campanile distant d'une petite trentaine de mètres.
A Taüll, on ne peut pas mourir de soif. Le premier des bars situé à l'intérieur du village, le bar-restaurant "Sant Climent", arbore une maquette de l'église en guise de pancarte, témoin du culte porté par le village au monument qui l'a rendu célèbre. Au comptoir, des jeunes narguent un vieux à demi sourd et le beau sourire de la serveuse semble vouloir excuser leurs railleries, afin que je n'emporte pas un mauvais souvenir de son établissement et de son village. Leurs mains poudrées de ciment dévoilent leur activité. On retape ici, on construit là. Taüll bouge un peu. Je me souviens d'une phrase placée en épigraphe d'un film mexicain de Juan Antonio de la Riva, «Le village au-delà de la forêt» : Mon village est si petit qu'il entre dans mon coeur... _La surprise attend le voyageur vierge d'informations sur Taüll au bout du village. Celui-ci est fermé par la réplique, de dimensions plus modestes, de l'église Sant Climent située à l'entrée. C'est l'église Santa Maria. Même choeur extérieur arrondi et trapu, fessu est-on tenté d'ajouter. Même campanile carré mais moins haut. Même année de consécration, apprend-on : 1123, à un jour d'intervalle, en décembre, et par l'évêque de Barbastro et de Roda.On aborde Santa Maria de dos, tandis que Sant Climent nous est présenté de face.
Les deux clochers de Taüll figurent deux doigts -dressés aux deux extrémités du village-, pour aider à filer une laine.
Les maisons ont des balcons d'un bois très brun et des murs de pierres aux tons sombres, aussi gris-noir que l'ardoise et ocre foncé, aussi, qui les fait ressembler à des genettes...
C'est ça : de loin, Taüll est une fourrure de genette lovée autour de deux monolithes emblématiques.
Il convient toujours de se laisser aller jusqu'au bout de chaque village, au moins pour vérifier la vue dont chacun jouit. La vérification d'usage faite à Taüll permet de découvrir un étonnant balcon au bout du chemin. Dans cette partie de la Alta Ribagorça, les balcons s'imposent tellement à l'architecture des maisons couleur genette, en s'exposant dans les grandes longueurs, qu'on a envie de croire qu'ils en sont l'une des pièces principales. Ce balcon, donc, est si ancien, il semble si fragile que je me demande si une libellule qui viendrait s'y poser ne suffirait pas à précipiter sa ruine à bas. Il est magnifique. Abandonné, il résonne encore des pas qui l'ont usé et sous cet édifice en péril, ce plancher ajouré qui menace ruine, je m'obstine à voir une extraordinaire patine là où il n'y a qu'une fatale arthrose...
Cet émouvant balcon est au bout de la Carrer La Santeta._La sinuosité ophidienne et l'étroitesse médiévale des ruelles empierrées qui montent, descendent et tricotent le village, mettent le passager à l'abri de toute surprise. Je veux dire qu'au bout d'une minute ou deux de marche paisible et néanmoins attentive, si j'avais croisé un homme tout droit sorti du Moyen-Age, vêtu de toile et coiffé de feutre, je ne m'en serais pas étonné et je l'aurais salué d'un ordinaire ¡Ola! N'était cette maison en train d'être bruyamment rafistolée avec force bois blond, le voyage aurait duré quelques instants de plus...
La partie la plus haute du village, vers le restaurant "El Taliu", apprêtée pour un hypothétique développement touristique, est sans intérêt. Elle est en plus. Et comme tout ce qui est en plus, elle est en trop. Le voyageur apprend à se méfier du superflu car, s'il est flatté, il se répand vite et parvient à gâter l'essentiel.
Redescendons (l'ennemi vient d'en haut).
Une pluie soudaine doit être accueillie comme une chance, à Taüll. La chance d'assister en quelques minutes à la naissance d'un ruisseau de village et d'entendre la musique d'un torrent en pleine rue. La pluie, savamment canalisée d'une rue à une place et de là aux ruelles forcément pentues du village, ruisselle abondamment en chantant. Les ruelles deviennent en quelques minutes de véritables cascades, des canaux impétueux. C'est ce que l'on appelle si communément "une pluie torrentielle". Les chats, nombreux à Taüll, se blottissent alors à l'abri d'un poulailler, tenus à distance diplomatique par les plus grosses poules. Une odeur de feu de bois dispute l'atmosphère à l'humidité. Restent les bars, mais rare est celui qui ne diffuse pas une radio locale à plein volume. Retour à la rue-cascade. A ses pieds se trouve une grange ouverte où il fait bon s'arrêter en tous temps, assis sur une bûche, en compagnie des parfums domestiques, surannés, de poussière, de paille sèche et de beurre rance.
Par un mimétisme bien compréhensible, la plupart des maisons du village se font l'écho du choeur dodu des deux églises. Elles sont dépourvues d'angles et sont rondes comme une caresse. La pierre, adoucie par ces formes, prend un aspect ventru, replet, qui augmente la douceur de la promenade.
Soudain, dans une ruelle, un parfum de lavande dénonce le passage récent d'une femme dont je ne parviens pas à entendre le pas. Sa trace occulte provisoirement l'état naturel et comme inchangeable du village jusque dans ses odeurs familières; comme le passage d'un avion impose l'interruption d'une conversation.
©Léon Mazzella
19:45 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : villages pyrénéens
jeudi, 28 février 2008
Retour à Cadaquès
La lumière fait de l'ombre à Cadaqués.
Mythique Cadaqués où viennent tant de nostalgiques à la démarche nonchalante, aux vêtements d'une autre étoffe -plus blanche, plus légère, plus fine et plus précieuse-, que l'on imagine aisément reprendre -sans même s'en apercevoir-, une démarche ordinaire sitôt ailleurs. Ceux-là affectent une fantaisie convenue jusque dans leur manière de commander un cocktail au garçon. Ils promènent en silence cette connaissance de la grande époque à l'heure du paseo, quand d'autres ne promènent que leur ventre.
Or, la lumière. Adjectif obligé d'un village baigné de prestiges surannés, inondé de souvenirs extravagants dont l'écho parvient encore à l'oreille de celui qui écoute les survivants, jadis simples spectateurs et aujourd'hui promus au rang de gardiens assermentés d'une mémoire sans doute enjolivée; mais qu'importe. La lumière brandie par le dépliant touristique comme on hisse les couleurs. Elle inspire la méfiance du voyageur rompu à ce chant des sirènes.
La lumière qu'il faut, une aube ou un soir, se résoudre à reconnaître tout en faisant sa connaissance. Magie de Cadaqués.
Aussi vrai que l'architecture d'un village induit les comportements de ceux qui l'habitent, la lumière baisse le niveau sonore de Cadaqués. Excepté les pétarades des cyclomoteurs qui traversent le village comme chacun finit par traverser le sien : sans plus le regarder, le silence habille l'espace à Cadaqués. Ici, on parle naturellement bas et s'il l'on n'y est contraint, on crie doucement. Le voyageur se met au diapason. Et la mer, aussi, chuchote inlassablement ses sourires d'écume sur le rivage, avec une discrétion qui s'apparente à l'excuse.
Cadaqués, ton silence n'appartient pas à l'Espagne, se dit-on.
Par moments, on souhaiterait presque les récriminations stridentes des goélands; un mouvement d'humeur venu de la foule. Certains jours, le ciel se charge et le vent remplit son office d'agitateur des paysages et des esprits. Cela aère.
La lumière est le repos, à Cadaqués. Les murs blancs n'exigent jamais le port des lunettes de soleil et la réverbération, loin d'être combattue, est recherchée pour sa douceur. Les rayons du soleil frayent entre les nuages et donnent à la crique l'aspect et les tons métalliques des poissons bleus comme la sardine ou le maquereau.
En retrait, il y a le lacis des rues étroites, pentues, empierrées pour aider la semelle dans l'ascension et la retenir dans la descente. Des rues qui semblent vouloir voler la vedette à la lumière à coups d'odeurs entêtantes. Bordées par les murs des habitations serrées, elles l'occultent de toute façon et aguichent le promeneur en débordant de fleurs et de branches d'arbres fruitiers engoncés, dont on se demande justement comment ils arrivent à pousser correctement. Parfumées à la figue, surtout, les rues de Cadaqués embaument l'espace et donnent au village sa fragrance et sa trace peut être la plus durable dans la mémoire. L'olfaction ne demeure-t-elle pas lorsque la lumière s'estompe. Mieux, les rues s'enrichissent, à heure à peu près fixe, des odeurs domestiques (celles des poissons a la plancha est la plus recherchée des narines d'amateurs), des parfums tièdes et sensuels du soir et de cette tisane froide, de ce mélange des parfums de la nuit qui s'imposent à l'esprit curieux, à l'heure où la célèbre lumière de Cadaqués est au lit.
09:02 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : voyage, lumières
jeudi, 21 février 2008
Ah, les anciens!..
Si tu veux m’en croire, lecteur, ne hâte pas le plaisir de Vénus ; sache le retarder, le faire venir peu à peu, doucement. Quand tu auras trouvé l’endroit sensible, l’organe féminin de la jouissance, pas de sotte pudeur : caresse-le, tu verras dans ses yueux brillants une tremblante lueur, flaque de soleil à la surface des eaux… Viendront alors les plaintes et un tendre murmure, de doux gémissements –et ces mots excitants qui fouaillent le désir…
Ne va pas, voguant à pleines voiles, la laisser en arrière ! Evite, aussi, qu’elle ne te précède : qu’un même élan pousse vos navires vers le port. Quand, vaincus tous deux en même temps, l‘homme et la femme retombent ensemble, c’est là le comble du plaisir !
Ovide, L’art d’aimer.
19:55 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ovide
jeudi, 14 février 2008
14 QUOI?
JE HAIS LA SAINT-VALENTIN !
09:01 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : PFFF...














