Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sport

  • Un sommelier dans mon canap', 4ème

    2016-10-20 22.08.58.jpg

    2016-10-20 22.09.51-2.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un sommelier dans mon canap', quatrième. C'était hier soir, chez Jérôme et Auriane, dans le 13ème, à Paris, avec leur sept amis, tous joyeux drilles, hédonistes ne s'en laissant pas compter, fous de course automobile - et surtout de vins de la vallée du Rhône, et excellents cuisiniers de surcroît : formidables caillettes ardéchoises, canapés à la truffe, cardons à la moelle, fromages coulants, sablés ganache/mousse... La soirée déborda dans l'alegria, d'autres flacons "de réserve" de crozes-hermitage furent débouchés (après le séduisant Premier Regard de Melody, ou le sérieux Cour de récré de François Villard) avec, paire de cerises sur le gâteau : un condrieu et un côte-rôtie. Parce que nous le valons bien...  Léon M.

     

  • granTcrivain

    Capture d’écran 2015-08-15 à 13.59.11.pngChaque fois (ces temps-ci, c'est quasiment chaque jour),  cela me fait bizarre de le voir à la salle de gym (nous fréquentons la même et je ne vous donnerai pas son adresse, même sous la torture*). Un si grand écrivain** dans un corps si chétif a de quoi surprendre. Sa démarche lente, son air dubitatif devant les instruments de musculation, son short trop grand, son silence, ses regards sombres... Accepterait-il la soumission aux machines d'entretien du corps... Saisit-il ici matière à un prochain livre... Je me demande. Pour une fois, il n'enchaîne pas les cigarettes. Michel Houellebecq prend soin de lui. N'allez pas croire. 

    J'en ai rencontré pas mal, des écrivains, et je continue d'en fréquenter. Ma plus belle rencontre fut Julien Gracq. Indépassable. Là, en baskets et tee-shirt trempé de sueur salutaire (pour ce qui me concerne), je ne me sens pas prêt pour une rencontre. Lui non plus, cela semble certain. Continuons par conséquent de brûler nos calories, à force de pédaler, de ramer, de courir surplace, de rêver en dedans, tandis que notre corps exsude, exulte d'une certaine façon, et que nous observons le granTécrivain en coin. Pour la soumission, nous verrons. Plus tard. Mais je ne suis plus très loin de penser, avec Alain Finkielkraut (ce qui suit est une phrase qu'il m'a dite lorsque je l'ai longuement interviewé pour L'Express, le 11 janvier dernier), que le premier parti de France est devenu celui de la soumission... Avec ou sans Houellebecq, c'est bien vu, non?

    P.S. : je me fiche pour le moment de la (récente) polémique Le Monde ettéléchargement.jpeg Ariane Chemin / Michel Houellebecq. Lisons la série de papiers que la très talentueuse journaliste consacre à l'auteur des Particules élémentaires, à paraître dès lundi dans notre quotidien préféré, et parlons-en (éventuellement) après.

    ---

    * Ceux qui veulent mon RIB n'ont qu'à m'écrire. Ah, mais!

    ** J'adore le lire, y compris sa poésie. Ses romans visionnaires, même s'ils prennent une gîte légère depuis peu sur le plan purement littéraire, ses essais déguisés en romans, donc, demeurent une lecture nécessaire, comme on parle de décryptage, pas à pas, de notre société mise à nu. Et c'est ainsi que Houellebecq est (plus) grand (qu'Allah).

  • lu/bu

    LU : Le nouveau hors-série trimestriel de Technikart, gourmand sauvage, libertin libertaire, décapant salutaire, irrévérencieux intelligent, gourmand fier de l'être, hédoniste fort de son instinct, shootant dans l'éphémère, artiste emmêlé, fianceur de styles-genres ... se nomme : Grand Seigneur. Le magazine qui ne se refuse rien associe culture -et notamment littérature- avec gastronomie et vins, mais aussi sexe et politique, cinoche et junk, pipeule et rouge qui tâche de bien se tenir.  Ce premier numéro est une vraie réussite. A suivre (de près)...

    La corrida du 12 septembre 2010 à Dax, unique entre toutes (j’ai eu la chance de la vivre depuis le callejon) est l’occasion d’un album souvenir publié aux jeunes éditions Passiflore à Dax : Histoire d’une corrida triomphale, du Campo au Ruedo, est signé par un collectif d’auteurs (textes et photos) ayant suivi les toros depuis leur élevage jusqu’aux arènes. Il est toujours émouvant de feuilleter un tel bouquet de réminiscences. Les couleurs, les odeurs, les bruits affluent. Celui-ci est à conserver pour les jours de disette taurine, hélas si nombreux. Car cet après-midi-là, il y eut certes huit oreilles, une queue et une sortie a hombros des trois toreros et du mayoral, mais ce fut avant tout un jour de grâce où une sorte de magie habillait l’air. Nos pas, à la sortie, étaient légers, nos sourires étaient larges, le bonheur se lisait dans le bleu du ciel et dans le regard des femmes.

    Le Dictionnaire du désir de lire, de Benoît Jeantet et Richard Escot (Honoré Champion), passe en revue cent romans contemporains du monde entier. Ces deux rugbymen passionnés de littérature dressent leur catalogue amoureux comme on hisse les voiles, et nous embarquent à bord d'un vaisseau de bon goût avec pour marins les plus grands écrivains du XXème. Cette navigation subjective peut naviguer tranquille à l'estime -que je garantis générale. Elle est aussi le reflet de ce qui fut publié de meilleur, car les drolles ont le nez sacrément fin. Ni didactiques, ni pontifiants, ni jargonautes ni abscons, les auteurs sont plutôt des passeurs d’un ballon ovale nommé littérature, et c’est en cent passes qu’il nous transforment une journée de lecture en bonheur : nul essai ici, que des romans (et des récits) au talent sûr. Des classiques mais aussi des inattendus; de la bonne came toujours.

    Signalons chez le même éditeur, un Dictionnaire du rugby, énorme, riche de plus de 1600 entrées en 610 pages, signé Sophie Lavignasse, basque et dingue de linguistique et de rugby. L’Ovalie dans tous ses sens est un précieux bréviaire à garder près de soi pour le match France-Galles de samedi prochain. Voyons voir au mot déception… Tiens, il n'y figure pas! Enfin, pas encore(*) ...

    Les Lebey 2011 sont parus : Le Guide Lebey des restaurants de Paris et sa banlieue (couverture orange) et Le petit Lebey des bistrots parisiens (couverture noire) nous sont devenus indispensables. Parce qu’ils sont fiables et pertinents, à jour et simples d’utilisation, concis et précis, sans esbroufe et à l’abri des modes branchées, ce sont des compagnons d’avant-soirée que l’on a plaisir à consulter, et même à lire !

    Le Guide Michelin 2011 est paru également, avec ses surprises (rares, cette année), une avalanche bienvenue de bib qui démocratise le gros livre rouge (bravo à François Miura, qui obtient l’un des 117 nouveaux bib restaurants, à Bayonne), et des décrochages ici et là (la Villa Stings, à Saubusse, perd ainsi son étoile, et Les Pyrénées à St-Jean-Pied-de-Port perdent leur seconde : nous compatissons, avec l'envie de dire à ces potos-là : après tout, le Rouge, on n'en a rien à cirer!).

    La vigne et le vin en cent mots, de Sylvie Reboul (Le Polygraphe) est l’un de ces petits bouquins en forme d’abécédaire qui fleurissent depuis quelque temps en librairie ; en particulier à propos du vin. Ce dernier est assez bien fichu, car enrichi de nombreux encadrés pense-bête, intitulés « Le saviez-vous ? » parfaitement opportuns, au détour de pages par ailleurs joliment illustrées de dessins et de cartes.

    Enfin, un mot sur un essai admirable et qui semble connaître un petit succès mérité, Athènes vue par ses métèques, de Saber Mansouri (Tallandier), car il met avec justesse l’accent sur ces étrangers qui vivent à Athènes au Vème-IVème siècle av. J.C., avec les citoyens, qui sont d’une part des étrangers nés libres, installés comme artisans ou commerçants, ou encore comme réfugiés politiques, et d’autre part des esclaves affranchis (devenus métèques), ayant pour patron leur ancien maître. Ce sont des non-citoyens aussi attachés à leur cité que les vrais, ils participent à l’économie et font même la guerre, expriment par là un authentique désir d’adhésion, sinon de reconnaissance. La thèse de Mansouri est donc très différente de la plupart des autres, lesquelles font des métèques des personnages seulement attirés par le gain, prêts à trahir, opportunistes, voire dangereux pour l’équilibre social de la polis. Saber Mansouri déconstruit cette image d’un métèque imaginaire qui semble avoir arrangé nombre d’historiens, pour lui donner sa vraie dimension d’homme impliqué volontairement, et dont l’action est par conséquent encore plus valeureuse, car authentique et profonde.

    BUun délicieux bordeaux, Isle Fort 2008, élaboré à Lignan-de-Bordeaux, concentré comme on aime, avec des merlots raffinés (ce qui est rare), doté d’un nez de fruits rouges assez classique, mais dopé aux épices douces. En bouche, nous retrouvons une belle ampleur apparue au nez, l’épicé donne un petit effet queue de paon à la longueur, confortable au final. Ce vin appartient à Sylvie Douce et à François Jeantet (à l'origine du Salon du Chocolat) et l'éminent œnologue Stéphane Derenoncourt orchestre son élaboration. C’est l’une des plus belles surprises de ces dernières semaines, en Bordeaux. A noter que le domaine produit un rosé confidentiel (4000 bouteilles), Isle Douce 2009, 100% merlot, à la belle robe saumonée, au nez floral en diable et à la bouche gourmande et structurée.

    L’autre bonne surprise bordelaise (une fois n’est pas coutume) de ces derniers jours est un graves  de Pessac-Leognan : château Rouillac, aussi vif en blanc (2009) que puissant en rouge (2008), doté d’une puissance aromatique formidable et d’un caractère bien trempé -surtout sur un risotto à la truffe noire. Bravo au nouveau propriétaire, qui signe ses premiers millésimes avec brio.

    Mais bon, l'essentiel se trouve dans le sud-est, du côté des côtes-rhône septentrionales, là où syrah, mourvèdre, cinsault, grenache et autres bricoles s'expriment comme des divas à l'Opéra, le soleil aidant. Mais ces jours-ci, aucune nouveauté, que des remettez-nous ça. Donc du bonheur : Le Grand Ordinaire.

    ---

    (*) déception se dit delusioneen Italien.

    Question annexe : quand est-ce qu'il se casse, le Lièvremont et sa morgue d'enterrement !


     

     

     

     

  • Nos années Beach Boys

    DSCF4468.JPGLes hasards du surf... sur le Net m'ont fait tomber sur le site de mon club de surf dans les années 70 : le O Surf Club * : www.osurfclub.fr La Chambre d'Amour, Peyo, à l'eau toute la journée, toute l'année, sauf à marée haute...

    Ces années insouciantes, ensoleillées, me donnent un vague à l'âme aujourd'hui.

    Mais je porterai le tee-shirt du club lorsqu'il sera disponible.

    Et si les crampes aux mollets, au contact de l'Océan de novembre, me fichent la paix, je resterai à l'eau avec mon fils pendant les vacances de Toussaint, té.

    ---------

    * Je l'évoque d'ailleurs à la lettre A comme amour, Chambre d', dans Le Sud-Ouest vu par ma pomme, parti se faire imprimer en Italie et qui se posera dans toutes les bonnes libraiires le 5 novembre.

  • vu à la télé

    Vous prendrez bien un peu d'acide dans le café, ce matin?

    Jacques Duquesne, vieux Manitou, biographe de Dieu et juré Interallié, interrogé par une télé dans "le train du choléstérol" qui dépose à la Foire de Brive, déclarait sans ambages, il y a quelques jours donc, que  son jury, en passant en dernier, ne pouvait pas toujours primer une maison qu'ils  voulait  récompenser. (Pauvres auteurs...). Lapsus? Même pas! Pensez donc! Rien de nouveau sous le soleil (pour citer à nouveau Ileana), mais "désormais, on ne s'en cache pas : c'est rentré dans les moeurs", comme ne dirait pas la concierge de l'Elégance du hérisson. Du coup, le travelling dans le wagon, où l'on aperçevait un Sabatier repu et las (on entendait presque les gargouillis de son ventre et la remontée de ses prochains rots), l'ami Louis Gardel au sourire dévastateur sous sa moustache blanche, une Madame Edmonde qui faisait sa très sérieuse, une Chandernagor toujours aussi sexy qu'une théière... Bref! le wagon prenait des airs de business-class : on y parlait affaires, pas littérature. Et ces gens-là semblaient se rendre à une bâfrerie où, entre deux gavages, l'on discuterait transferts et gros sous, comme au foot et j'espère pas bientôt au rugby, con!

    La République littéraire a aussi ses "gros pardessus"...

    "Et c'est ainsi qu'Allah est grand!", écrivait Alexandre Vialatte à la fin de chacune de ses chroniques, dans La Montagne.

  • faut franchir le ru'by, con!..

    Si vous aimez les notules enlevées et profilées sur les livres à vocation littéraire évoquant le rugby, foncez sur le blog de benoît jeantet : http://rugbymane.blogspot.com/ à la rubrique lignes de fuite. C'est du comack.

  • Men In Black

    a3c1eba114e401c98d7865b8aa9b9b7d.jpgLa peur du noir... La peur des All Blacks. Cette saisissante photo de ©Michel Birot, que je publie dans un hors-série rugby pour VSD (à paraître vers le 10 juillet), en dit long sur la prochaine Coupe du monde. Bonjour les bleus (avé un petit "b", té!)...

  • dans l'Obs de ce 9.XI...

    ...édition paris ile de france, je publie ce reportage

    parisobs.nouvelobs.com/p299_2192/articles/a322783.html - 52k - 13 nov 2006 -


    Ski sur terril
    Noeux les Mines, dans le Pas-de-Calais, possède la seule station de ski de France sans neige artificielle. Bluffant.
    ----------------------
    Gery Leroux est fier  de diriger Loisinord, la seule piste de ski de France sans neige artificielle. L’idée est en effet lumineuse. Transformer  un terril en mini station de ski afin de valoriser des collines de charbon appartenant désormais au Patrimoine, tout en valorisant le tourisme de façon originale, dans une région un peu délaissée, c’est Dysneyland en plein désert. Certains terrils de cette région ont été aménagés en parcours botanique, en pistes de VTT (à Wingles notamment), ou bien sont recouverts d’une végétation arbustive naturelle, et de plantes qui affectionnent la chaleur et qui s’accommodent d’un sol maigre, comme l’aubépine et la ronce. Car les terrils continuent de brûler tout doucement et continueront ainsi leur combustion pendant des années. Composés de charbon, de coke, d’oxygène de l’air et de grisou, il faut en arroser régulièrement certains, afin de les refroidir.
    La ville de Noeux-les-Mines, au paysage de corons et de morne plaine, et Gery Leroux, qui y travaille, ont eu le nez creux, en sachant initier un tourisme inédit, avec une grande base de loisirs aquatiques, équipée d’un téléski nautique ouvert d’avril à fin septembre, comme il en existe une douzaine d’autres en France, notamment à Cergy, et surtout cette piste de ski, Loisinord, située à 10 minutes à pied de la gare, au milieu d’un quartier désormais animé, où se sont greffés un fast-food, deux discothèques, une école de cirque et un supermarché. Une centaine d’emplois ont été générés par ce petit pôle touristique.  C’est loin d’être négligeable dans une région qui a un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale : 14%.  « Il existait une seule autre station similaire, à Carmaux, dans le Tarn, mais qui elle n’a tenu qu’un an, en 2000/2001, faute d’avoir choisi un revêtement artificiel qui manquait de confort. C’était une idée de Paul Quilès, lequel était venu trois fois à Noeux, pour voir l’installation, ouverte depuis 1996 », précise Géry Leroux. Le nouveau système repose sur un revêtement en plastique  aux allures de tapis-brosse blanc, totalement moderne et performant. Ce système, baptisé snowflex, équipe déjà la plupart des stations analogues (il y en a plus d’une centaine), de Grande-Bretagne. L’idée vient de là-bas ! Mais curieusement, elle n’a pas encore fait de petits en France, à part à Noeux. Le revêtement est constamment vaporisé d’une eau filtrée et purifiée, puisée à  –78 mètres, par de nombreuses buses éparses, ce qui permet de glisser facilement et de ne pas abîmer les cares des skis et autres snowboards. Le seul inconvénient, c’est que l’on se mouille un peu en tombant (sans jamais se faire mal tant c’est moelleux), mais pas plus que sur la neige. Il suffit donc d’utiliser l’équipement idoine, et de se vêtir un peu en été. Tout autour des deux remontées mécaniques (tire-fesses), une moquette synthétique verte décore les côtés du terril.  Sur les flancs, et afin de bien maintenir l’ensemble, la végétation est tenue par un grillage horizontal, à l’instar de l’oyat sur les dunes du littoral atlantique. Le revêtement repose sur une mousse épaisse qui permet  de bonnes prises de cares dans les virages et surtout d’amortir  les chutes les plus brutales. Au départ de la piste, les skieurs chevronnés peuvent suivre un parcours de bosses, et plusieurs tremplins (dont un de 2,50 m), permettent  d’exécuter des figures acrobatiques, qui en font  l’équivalent d’une piste rouge en haut, et d’une bleue en bas, que l’on achève généralement tout shuss. L’équipe olympique de ski acrobatique espagnole est venue s’y entraîner, et réfléchit à la création d’une station analogue à Madrid (il n’y en a aucune en Espagne), afin de pouvoir  s’entraîner  l’été.
    Fermée d’avril 2004 au 7 octobre dernier, pour cause de changement total de son revêtement, jugé inadapté et inconfortable, la station de Noeux a été (ré)inaugurée les 4 et 5 novembre derniers.  L’altitude au sommet est de 129 mètres, la longueur de la piste est de 320 mètres et le dénivelé  de 74 mètres. 600 skieurs en moyenne fréquentent chaque jour cette station singulière qui est une régie municipale. « Ca fait toujours drôle aux skieurs qui payent par chèque de les libeller à l’ordre du trésor Public.. », dit Gery en riant. Le pic de fréquentation se situe en janvier, février. Attentif aux projets touristiques innovants, le Feder (fonds européen de développement régional) a largement financé la rénovation totale de la station. Skier entre amis ou en famille, en ayant quitté Paris une heure et demie plus tôt, procure un plaisir assez inédit ; surtout en haut des pistes. Entre deux descentes, il faut admirer l’étonnant panorama sur « le plat pays » chanté par Brel, qui s’étend jusqu’à la Belgique, proche. Lille, au loin, n’est qu’à  25 minutes en voiture.  Juste en bas, les corons, la ville de Noeux (12000 hb), son Musée de la mine, quelques terrils éparpillés, vestiges des dernières mines qui ont fermé en 1958. Derrière la piste, le paysage est riche et chargé d’histoire : les collines de l’Artois, le Bassin minier, les deux gros terrils de Liévin, Lens au-delà, Mazingarbe à quelques encablures du terril où nous nous trouvons, (avec son usine CDF Chimie, classée Seveso 2 –la même que la sinistre  usine AZF de Toulouse, puisqu’elle fabrique aussi du nitrate d’ammonium).  A droite de Liévin, on aperçoit le monument de Vimy (où se trouve le célèbre Mémorial canadien de la guerre de 14-18), et au-delà, Notre-Dame de Lorette, siège de la fameuse Bataille de l’Artois, durant la Grande guerre. La ligne de front de 14 se trouve là. Devant. Skis aux pieds, à 130 mètres au-dessus de la mer, c’est émouvant. Un vent d’ouest, « Ecoutez-le vouloir » (Brel),  souffle en permanence en haut des pistes. Il vient de la mer, qui n’est qu’à 90 km, à vol d’oiseau. Des goélands planent d’ailleurs au-dessus des skieurs. Skier à Noeux devient vraiment étrange. Les skieurs viennent chaque jour, surtout des alentours, et aussi de la région de Lille, Calais et Dunkerque. La nocturne du vendredi donne une dimension féérique à la piste éclairée jusqu’à 22heures, surtout lorsque les snowboarders exécutent des sauts depuis les tremplins. Les non-skieurs disposent d’une salle de 800 m2 (avec bar et snack), bondée chaque dimanche, avec un immense mur de verre face aux pistes, pour le spectacle. Au rez-de-chaussée, 400 paires de skis et 150 snowboards  sont à louer.  Certains skieurs louent même leur matériel ici et vont dans les Alpes, car il leur coûte bien moins cher (64€ le matériel complet pour 8 jours pour un adulte, et 37€  pour une enfant !). Un partenariat avec la station alpine de La Clusaz, près d’Annecy (qui est quand même à 850 km de là), permettait il y a quatre ans, aux titulaires de la carte Loisinord (13€ à peine) de skier gratis une journée… sur de la vraie neige ! « L’expérience va sans doute être renouvelée cette année », dit Géry Leroux, confiant. Le succès de ce nouveau revêtement ne se fera pas attendre. Testé depuis le 7 octobre, les skieurs locaux n’en reviennent pas et certains, qui débutent tout juste, avouent progresser rapidement.  Terrible !