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  • Du panache

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    Extrait du discours de réception à l'Académie française d'Edmond Rostand, prononcé le 4 juin 1903, et qui fit l'éloge du vicomte Henri de Bornier, dont il allait occuper le fauteuil.

    Ses personnages sont réellement grands, assez grands pour pouvoir se passer même de panache… Ah ! le panache ! Voilà un mot dont on a un peu abusé, et sur le sens duquel il faudrait bien qu’on s’entendit. Qu’est-ce que le panache ? Il ne suffit pas, pour en avoir, d’être un héros. Le panache n’est pas la grandeur, mais quelque chose qui s’ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d’elle. C’est quelque chose de voltigeant, d’excessif, – et d’un peu frisé. Si je ne craignais d’avoir l’air bien pressé de travailler au Dictionnaire, je proposerais cette définition : le panache, c’est l’esprit de la bravoure. Oui, c’est le courage dominant à ce point la situation qu’il en trouve le mot. Toutes les répliques du Cid ont du panache, beaucoup de traits du grand Corneille sont d’énormes mots d’esprit. Le vent d’Espagne nous apporta cette plume ; mais elle a pris dans l’air de France une légèreté de meilleur goût. Plaisanter en face du danger, c’est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l’héroïsme, comme un sourire par lequel on s’excuse d’être sublime. Certes, les héros sans panache sont plus désintéressés que les autres, car le panache, c’est souvent, dans un sacrifice qu’on fait, une consolation d’attitude qu’on se donne. Un peu frivole peut-être, un peu théâtral sans doute, le panache n’est qu’une grâce ; mais cette grâce est si difficile à conserver jusque devant la mort, cette grâce suppose tant de force (l’esprit qui voltige n’est-il pas la plus belle victoire sur la carcasse qui tremble ?) que, tout de même, c’est une grâce… que je nous souhaite. – M. de Bornier n’en manqua pas dans la vie ; mais, dans son œuvre, il semble avoir recherché de plus austères noblesses. Ce qui capricieusement palpite l’accommode moins que ce qui flotte avec majesté : il n’a pas le panache, il a la crinière.

  • Le Madrid passe à table

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    Notre adresse fétiche, chérie, notre querencia à Guéthary, sans parler de la table*, c’est Le Madrid. Sa double terrasse – parmi les plus belles de la côte basque avec, accrochée à l'angle de celle qui donne sur la rue, la plaque la plus précieuse du village : Place Paul-Jean Toulet, sa salle de restaurant d'une belle fraîcheur, la gentillesse et l'humour du service, la force tranquille de Fred Dudésert qui possède cet établissement mythique avec ses fils, et... l’assiette qui, avouons-le à présent, laissait parfois à désirer depuis plusieurs mois, et qui vient subitement de subir une métamorphose en forme de ravissement. Hier, avec le retour du soleil, l’apaisement d’un océan trop secoué, la renaissance d’une lumière divine comme elle sait l’être ici, tout le monde était de sortie, et les chipirons furent formidablement bien cuits, croustillants et moelleux à la fois, juteux, accompagnés de lanières de piquillos - poivrons rouges comme confits, de ce qu'il faut d'ail et de persil frais : un bouquet de saveurs aussi réjouissant que les primevères qui apparaissent sur les talus à la suite du mimosa sur ses arbres. L’omelette aux cèpes fut tout aussi exceptionnelle, baveuse mais croquante en surface, avec des cèpes à l’huile pas trop moelleux et offrant un goût fumé du meilleur effet. Bémol : il faudra songer à assaisonner un peu la salade (trop frisée) qui l’escorte. Le bol de frites maison est - c’est un marqueur - quasiment irréprochable. Les oeufs mayonnaise aperçus à une table voisine nous ont fait de l’œil : à commander la prochaine fois (soit sans doute dans la semaine), avec le poulpe à la galicienne. Les goélands qui planaient et les moineaux curieux en eurent volontiers becqueté. La carafe de Minervois (rouge) fut comme d’habitude d’une douceur si accorte qu'il fallut en réclamer une autre, et le plaisir de se trouver juchés sur une de ces tables montées sur barrique toujours aussi grand ; puisque en exceptionnelle compagnie. Renseignement aussitôt pris dès la première bouchée : en cuisine, le second a remplacé le chef. Le maître se trouvait sous le boisseau, voici Olivier Depons (vingt-cinq ans d'ancienneté au piano du Madrid) désormais aux commandes ; pour notre bonheur. Nous reviendrons par conséquent encore plus souvent. Et un jour, nous testerons l’hôtel... L.M.

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    * Parce que, pour les tables, nous sommes absolument fan de Getaria, restaurant de haute tenue piloté par l'ami très talentueux Claude Calvet, ainsi que de Briketenia - bien sûr, ai-je envie d'ajouter, et aussi du Briket, son bistro saisonnier. Nous aimons également Le Txamara, et irons bientôt explorer le Café du Fronton. Parler d'adresse au sujet du Madrid signifie parler d'un endroit, soit de la magie et de l'esprit du lieu.

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  • Nicolas Grimaldi

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    Et voilà. Je suis tombé vers six heures ce matin sur l’avis de décès dans Sud Ouest. Le philosophe, l’ancien grand professeur (émérite) à la Sorbonne Nicolas Grimaldi s’est éteint à l’âge de 92 ans le 13 février, il y a donc une semaine. Cela faisait des mois que j’envisageais de lui rendre visite (avant qu’il ne soit trop tard) au fort de Socoa, dans le sémaphore où il vivait – le veinard - depuis longtemps et dont il avait fait l’acquisition en 1968. J’avais demandé ses coordonnées à Grasset, l’un de ses éditeurs, mais il ne les possédait plus. Je me retenais d’aller rôder comme un paparazzi. Il me fallait un rendez-vous. Une amie dont j’avais éveillé la curiosité en lui parlant de ce philosophe important, dont je suivais le cours à Bordeaux en 1977-78 sur « le désir et le temps » – titre de l’un de ses ouvrages majeurs, se proposait de m’accompagner. Nous aurions demandé un droit de visite. Lecteur de ses livres, gardant un souvenir charmé de son enseignement, je pensais intensément à ce bonhomme quelque peu oublié, spécialiste de Descartes, de Proust, de Socrate, de l’attente, de l’imaginaire, de la solitude, de l’amour, de la joie... Son œuvre lui survivra bien sûr, à condition qu’elle soit entretenue. J’aime particulièrement revenir à certains de ses livres : « Bref traité du désenchantement », « Socrate le sorcier », « Métamorphoses de l’amour », « L’effervescence du vide », les entretiens avec Anne-Claire Désesquelles : « À la lisière du réel », « Les songes de la raison », et enfin « Essai sur la jalousie, l’enfer proustien ». Je joins ci-dessous quelques citations prélevées je ne sais plus où et qui introduisent à sa pensée. L.M.

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    J'ai déjà évoqué ce philosophe ici même aux dates suivantes : 3 janvier 2012, 16 juin 2011, 24 mars 2012.

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  • Des prix

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    vue depuis mon poste de... travail

    Ecouter un Stabat Mater dirigé par le regretté Jean-Claude Malgoire tout en lisant attentivement un roman à lire car il nous faut en lire afin de pré-sélectionner, puis sélectionner, passer au tamis ès auteurs, au crible intraitable, puis élire un seul lauréat ou lauréate par prix. Travail de juré. Travail de groupe. J'adore cette merveilleuse charge, faite de plaisir du texte, de poésie, de dilettantisme, de liberté totale, de crayon à papier annotant et soulignant, d'énervement parfois, de soupirs, de rares ronronnements de bonheur, de râles de dégoût aussi. On échange entre jurés. C'est toujours drôle, chargé d'humour et d'autodérision. On se marre autour d'un WhatsApp dédié. Aucune prise de tête. Nous demeurons cependant sérieux, consciencieux, amoureux de la seule amante qui vaille et taille notre route depuis notre naissance à elle - la Littérature. En l'occurrence, il s'agit du prochain prix Paul-Jean Toulet, que nous  proclamerons le 30 mai prochain à Guéthary ; forcément à Guéth' (dirait Duras). Nous peinons quelque peu à mettre les mains et les yeux, le coeur et le ventre, la peau et nos os sur la perle rare comme on dit. Cette quête est toutefois excitante. Chacun cherche des cèpes en sous-bois (gare aux cousins vénéneux !). Et signale aussitôt ses prises à la compagnie. Je ne citerai aucun titre de cette rentrée de janvier, épinglé par notre bande de mycologues à la demi-solde et à la noix, évidemment. Secret défonce. Mais un trait de Dominique de Roux me revient : De moins en moins édition. De plus en plus poubellisation. C'est dans Immédiatement. Nous savons de quoi nous parlons, puisque nous avons l'audace, l'outrecuidance d'écrire et de poublier. Misère... Je reprends ma lecture. Je suis passé à un autre volume en apparence attirant. Reniflons la bête. Malgoire, lui, m'emporte, de Beatus vir en Gloria et en Laudamus te... Bonheurs, en dépit d'une pluie rebelle qui cingle mes fenêtres, tandis que j'aperçois une grande trouée de ciel bleu. Le climat est une énigme grandissante, comme la marée montante de la bêtise (Camus)... L.M.

  • Malheureux macareux

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    Ce matin, au cours de dix minutes de marche à peine le long de la plage de la Madrague à Anglet, et sur moins d'un kilomètre, j'ai photographié douze macareux moines morts, échoués, victimes de la tempête en mer de ces derniers jours. Imaginez leur nombre sur l'ensemble du littoral... Photo du haut : voilà à quoi ressemble, vivant, ce gracieux oiseau marin.

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  • Nimier a 100 ans

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    Roger Nimier est devenu une légende. Il aurait eu cent ans le 31 octobre dernier et nous préférons ne pas l’imaginer cacochyme et ridé comme une golden oubliée, l’éternel jeune homme fracassé dans le métal déchiqueté de son Aston Martin lancée trop vite, à l’âge de trente-sept ans. James Dean de la nrf. Il avait prédit cette fin en publiant onze ans plus tôt l’un de ses plus beaux romans, « Les enfants tristes ». Excipit : Olivier lança la voiture à 130, brûlant des feux rouges, évitant de justesse des camions, des cyclistes. Après avoir roulé quelque temps à cette allure sur les boulevards extérieurs, il trouva ce qu’il était venu chercher dans un grand chantier où l’on avait creusé des fosses profondes. Catherine est la plus charmante veuve de Paris. Catherine ne se nommait pas Sunsiaré de Larcône, morte à côté de Roger (mais sans doute Nadine, la mère de Marie)... Sunsiaré, jeune romancière d’un seul livre, ex-amante de Julien Gracq, nouvelle conquête de Nimier, aurait été au volant du bolide, ce funeste 28 septembre 1962 (sale mois qui vit disparaître six jours plus tôt sur la route et dans la tôle froissée une autre légende fauchée en pleine jeunesse, Jean-René Huguenin, 26 ans, quelques livres magnifiques que nous relisons aussi fidèlement que nous reprenons ceux de Nimier). L’époque était à la vitesse débridée selon Morand, il n’y avait ni ceinture ni sécurité, mais une fureur de vivre sous la pédale de droite. Sans jeu de mots bien sûr. Il suffisait d’appuyer. L'autre  « Pléiade du pauvre » avec la collection Bouquins chez Robert Laffont, soit la merveilleuse collection Quarto de Gallimard rassemble un choix des écrits du Hussard en chef (avec Blondin, Déon et Laurent, puis Fraigneau, Frank sur le flanc gauche) sélectionnés par le spécialiste et déjà biographe Marc Dambre – dont l’introduction à ce volume-hommage de 1216 pages nous est précieuse. Nous aurions procédé à un autre ordonnancement, mais laissons (en ajoutant « L’Étrangère », par exemple, quitte à retrancher quelques critiques littéraires, même si elles sont toutes étincelantes). De Nimier, nous ne devons pas seulement retenir aujourd’hui l’icône et des anecdotes célèbres comme la sortie de garde à vue d'Antoine Blondin par un Roger venu déguisé en chauffeur en livrée – ça le changea tant de n’être pas enivré (quoiqu’il le fut peut-être aussi, de la veille), l’amitié légendaire justement avec l’homme des « litres et ratures », deux stylistes hors pair, paire de sacrés prosateurs dont les livres demeurent, pour notre bonheur, un viatique efficace contre la pluie incessante de ces derniers jours. Il fait en effet un temps à écouter grincer les essuie-glaces, mais sans aller flâner à 130 sur les boulevards. D’ailleurs, cela tombe bien, l’Aston est en réparation. Alors relisons Nimier. C’est si sain, Martin. L.M.

  • Tripes & boyaux selon Blandine Vié

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    Blandine Vié est une journaliste épicurienne et auteur(e) ès art de vivre de plus de 150 livres sur le motif. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de publier jadis certains de ses articles dans le magazine Gault-Millau que je pilotais, et deux livres en tant qu’éditeur chez editis, tel que « 100 recettes pour séduire » au sujet de la cuisine aphrodisiaque. Autrement dit, je connais l’animatrice du succulent site gretagarbure.com. Fidèle à ses marottes, notamment après un livre sur les « Testicules » qui fit date (aucune contrepèterie là-dessous), en voici un nouveau, intitulé « Tripes & boyaux » à l’enseigne du Cherche-Midi. Sous-titré « L’insolite et insolente cuisine culturelle du ventre ». Il s’agit d’un superbe, riche, copieux volume débordant de bon gras et de joie, mais avant tout d’érudition et de subtilité, car Blandine explore la langue, les traditions, la mémoire du ventre, notre second cerveau. Il y a du populaire, beaucoup d’esprit paysan dans ces pages ruisselantes de mets qui – personnellement – me font inévitablement craquer lorsque j’ai faim et que j’en aperçois. Rognons, ris de veau et d’agneau, cervelle, foie, tripes, tripoux, tablier de sapeur, langue, tricandilles, grenier médocain, sanquette, crépinette, andouille et andouillette, gras-double, oreilles, groin, tétines, cojones de toro, tête, pieds, jésus, j’aime tout ! Ce livre est un miracle qui dépasse l’évocation du saucisson et du boudin, car son auteure pense en mangeant, réfléchit en cuisinant, s’interroge en écrivant, en appelle à l’histoire, à l’art autant qu’au lard, ne manque ni d’humour ni d’audace, voire d’insolence puisque cette cuisine-là s’attache au caché, révèle les intérieurs, soit tout ce que les animaux ont dans le ventre – et c’est truculent, toujours. C’est aussi une encyclopédie du secret et du salé que nous tenons entre les mains. Le premier chapitre a pour titre « Histoire, mythologie et symbolique des boyaux de l’Antiquité à nos jours ». Du très sérieux. Jamais pontifiant. Simple et percutant, car très bien écrit. Démonstratif sans être didactique. On s’enrichit en lisant Madame Vié. Savez-vous par exemple que dans l’Égypte ancienne – et pas qu’elle -, les boyaux de mouton étaient utilisés comme préservatifs ? Cette débauche de savoir met de surcroît furieusement en appétit au fil de ces pages truffées de références littéraires – Blandine possède une immense culture -, car les plats pourvus d'étranges saveurs en génèrent depuis toujours. Elle n’oublie pas de livrer quelques recettes comme celle d’estomacs de cochon confits et citron vert de l’ami Éric Ospital. Fidèle à son amour de la langue française, Blandine nous offre une roborative et délicieuse partie de 115 pages consacrée aux mots et expressions des boyaux et des tripes. Un lexique singulier et des plus précieux, très « gourmot » ai-je envie d’écrire, afin de connaitre les secrets de la signification de tous les termes que l’on emploie couramment et qui proviennent du jargon boucher - « chair-cuitier ».  Jouissif.  Tout amateur de tripailles sait par ailleurs combien partager en couple des plats canailles est un acte somptueusement gourmand, et surtout chargé d’une rare sensualité. « Penser à récurer des intestins pour les fourrer est tout de même une sacrée trouvaille », lit-on. Cette phrase résume une démarche humaine ayant généré une modeste industrie boyaudière que d’aucuns battent aujourd’hui en brèche au nom de l’intolérance, à coups de steaks de soja et de sachets de quinoa. D’ailleurs, j’achèterai un exemplaire supplémentaire de ce précieux ouvrage pour le cas où je croise un jour un végan - afin de le lui offrir, d’observer sa réaction, puis de guetter sa conversion sans y croire bien sûr. Et j’ai tout à trac envie d’assister à un « pèle-porc » ou tue-cochon, puis de ripailler avec d’irréductibles compagnons hédonistes et quelques gastromaniaques aussi curieux qu’éclairés dégustant aux tables voisines. L.M.

  • Escher

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    Le 11 décembre dernier, j'ai vu une exposition exceptionnelle consacrée à M.C. Escher, que j'admire depuis mes 18 ans, en 1976, lorsque je me suis offert un livre formidable, Le monde de M.C. Escher (Chêne). Depuis, nombre de posters de ses oeuvres fascinantes continuent d'orner les murs des mes domiciles successifs. Quelle ne fut donc pas mon émotion, en voyant les originaux... C'est à La Monnaie jusqu'à début mars, à Paris (et déjeuner chez Guy Savoy avant ou après l'expo est un sacré "plus"...). L.M.

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  • Sorrentino-Servillo, la grâce

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    Au cinéma cet après-midi

    Je ne m’explique pas comment un film aussi fort que La Grazia – Paolo Sorrentino quand même (La Grande Bellezza, Parthenope...) avec un Toni Servillo au sommet de son talent, un film touché par la grâce justement, sur les thèmes de la velléité du pouvoir, du manque de courage, du ressentiment (thèmes chers à Cynthia Fleury que je lis actuellement avec délice), un film d’une douceur et d’une poésie si subtile qu’elle peut échapper au manque d’attention, comment un tel joyau ne reste – en tout cas sur la côte basque -, qu’une semaine en salles. Un président (imaginaire) de la République italienne en fin de mandat ne se résout pas à signer une loi sur l’euthanasie, ni à accéder à deux demandes de grâce de la part de deux meurtriers, l'une de son mari, l'autre de sa femme. Inconsolable depuis la disparition de son épouse Aurora qu’il aima sans limites et qu’il continue d’aimer au-delà de la raison, rongé par une jalousie vaine – elle l’aurait trompé quarante ans plus tôt, mais avec lequel de ses plus proches amis, vivant une relation étroite avec sa fille et plus fiable conseillère, ainsi qu’avec une amie d’enfance qui ne le ménage pas, il presidente Mariano De Santis est infiniment touchant. Le duo Servillo-Sorrentino continue de produire des merveilles. Non vediamo l’ora di vedere il prossimo film !.. L.M.