Humble pêcheur

Je faisais une tentative de tri dans mes photothèques éparses, en fin de journée, et deux photos argentiques, tirage papier couleur, ont ravivé ma mémoire : j’ai eu un timide passé de pêcheur, étiré paresseusement au fil des ans, conspué qu’il fut, voire phagocyté par ma passion immense - passée depuis vingt-six ans déjà, pour la chasse. Outre par omission, j’ai aimé pêcher de deux manières : le thon à la ligne avec les professionnels du sujet depuis Saint-Jean-de-Luz (à bord de L'Aventurier), et la truite à la mouche dans les torrents et les lacs pyrénéens, normands, irlandais, écossais. J’ose alors fourbir ci-joint deux images. Sur l’une je ferre un thon rouge au grand large de St-Jean (on aperçoit La Rhune au fond, dans une lueur diaphane) qu'un marin gaffe afin de m'aider à le hisser à bord. Sur l’autre, je tente de choper une belle fario écossaise (et l’instant d’après – mais je n’ai pas la séquence photo, je disparaitrai dans un trou profond et ne surnagea que ma casquette ornée de mouches artificielles imitant la sauterelle et quelques nymphes, soit des leurres acérés et emplumés à la main. Ça avait beaucoup rigolé sur la rive). « Tendre comme le souvenir », dirait Apo. L.M.

Commentaires
« Je suis hanté par les eaux. » La dernière phrase de « La rivière du sixième jour » de Norman Maclean.
Oui. Phrase inoubliable que je me récite souvent, intérieurement, avec l'incipit du même ouvrage : "Dans notre famille, nous ne faisions pas clairement le partage entre la religion et la pêche à la mouche". Merci pour ce rappel, cher Jean-Jacques Cazcarra.