vendredi, 30 mai 2008
Wanderer
Tesson pense à la figure du wanderer, qui n’a pas d’amarres à couper puisqu’il n’en a aucune. Il s'en sent proche. Errant libre de toute entrave, le wanderer se distingue du voyageur classique : vagabond romantique, loup des steppes misanthrope, cavalier seul, ermite des taïgas, moine-mendiant, troubadour, hobos, trappeur, coureur de bois, errant. C’est un être « perpétuellement en état de poésie » (Novalis). Il ne supporte pas que le soleil, à son lever, parte sans lui, dit Tesson. Le nomade « change le sable du sablier en poudre d’escampette, brise le cadran de l’horloge et se sert des aiguilles pour piquer sa propre croupe. (… ) Au tic-tac de l’horloge, le voyageur répond par le martèlement de sa semelle… » Lisez Tesson et partez (ou l’inverse : partez et lisez-le au bivouac).
10:25 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : sylvain tesson
vendredi, 09 mai 2008
Montaigne, toujours...
"Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche."
Les Essais, III, 9, éditions Arléa.
18:37 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les essais de montaigne
lundi, 21 avril 2008
AV206 NICKELCHROME
Cela n'a rien à voir... Mais je vends une Peugeot 206 HDI (diesel) 5 portes, gris métallisé, clim, lecteur cd, novembre 2001, 83000 km, contrôle technique ok, très bien entretenue et sous-kilométrée, argus, soit 5000€ au centime près.
09:43 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : vroum!
jeudi, 06 décembre 2007
Le tour du monde sans escale?
18:05 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : voyage voyage
lundi, 08 octobre 2007
Cardiff-Procida

Procida la magnifique, la sereine, quelques heures avant le match contre les Blacks (© photos L.M.). Ici, dans la Baie de Naples, le rugby est un mot que l'on n'a pas encore pensé à traduire dans les faits. Il planait sur l'île une atmosphère pré-apocalyptique, samedi 6. Les goélands étaient devenus fous, qui prévenaient sans le vouloir les humains de l'imminence d'une catastrophe. Un orage, une armée d'orages se préparaient au large du Vésuve et au-delà de la mer en direction de nulle part, vers d'insensés horizons qui froncaient. Déjà, les éclairs zébraient, marbraient le ciel qui prenait une couleur d'étain. La mer était du plomb fondu, le sirrocco soufflait fort et la pluie, si rare ici, vint. Violente, frappante, abondante, elle acheva de désaler ma peau qui avait plongé avec tant de volupté, à la plage del Pozzo Vecchio, surnommée plage del Postino (le film). Bien longtemps après la victoire des Bleus sur les Blacks (suivie à grand'peine sur le petit écran de télévision de l'hôtel), les éclairs continuèrent de blanchir la nuit et le tonnerre de gronder entre les parois de la baie de la Corricella aux larges bras en arc, à la manière d'un crabe qui voudrait retenir pour toujours tous les bateaux au havre de sortir. Le lendemain, hier, lavée, Procida semblait endimanchée, les joues roses, prête à faire un tour de balançoire dans le parc, baignée par une jeune lumière d'automne, aussi douce que l'était la mer, où l'on entre en octobre comme en août. Le soir, au Stade de France®, je voyais des Pumas bouffer du chardon comme le font les ânes : avec gourmandise et cela ne manqua pas de piquant. Effeuiller brutalement la Rose sera plus compliqué, avec un Jonny Wilkinson revenu aux affaires, sauf à saboter son pied d'ici là. Mais ce serait déloyal, avouez... Le plus couard serait de le "concasser" comme dit Chabal, pour venger Betsen qui s'emplâtra Rocococko pleine poire. Alors : ¡Vaya con dios! Et que le plus inspiré gagne.
14:30 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Procida
dimanche, 23 septembre 2007
A moi, l'île! Deux mots!
12:18 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Procida
mardi, 18 septembre 2007
Corse Paradise
Le magazine VOYAGEUR n°3, qui vient de paraître, publie un reportage que j'ai effectué chez Paul Canarelli, près de Sartène en Corse du Sud.
En voici les premières lignes. Les photos, extraordinaires, sont signées Erick Bonnier (sauf celle-ci, qui montre Erick l'oeil dans son boîtier et Paul, en retrait).
Le paradis des chasseurs existe. Il se trouve en Corse, au Domaine de Murtoli, au creux de la vallée de l’Ortolo. 2000 hectares de maquis giboyeux, d’une sauvage beauté...
10:15 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Corse, Murtoli, Paul Canarelli, chasse au sanglier, Voyageur
lundi, 20 août 2007
Air Chance
20:35 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : les voyages rasent gratis
BinouZe
Blondes, ambrées, rouges, gueuzes à la bulle fine comme le meilleur champagne, bulle grosse comme ça de certains lambics, miellées, acides, grasses, kirschées, cidrées, maltées à mort, épicées, nous avons découvert ensemble l’alcool de ta passion. J’ai suivi. Sans coup férir. Moi le buveur de bordeaux. L’enivrement fut à la hauteur de mon émerveillement. Certains soirs, entre chienne et louve puis aux alentours de minuit, lorsque notre identité ignore les frontières, nous entrions dans une toile de Brueghel le Vieux. Je tenais ma chope aussi sûrement que tes hanches.
Tu invoquais Gambrinus, le roi légendaire et laïc, protecteur de la bière. Je pensais au meilleur café du monde que l’on boit au bar éponyme de Naples. Sous tes longs cheveux blonds, tu précisais en pointant un index que dans l’Egypte ancienne, la bière, d’origine divine, était placée sous haute et double protection : celle d’Isis, déesse de l’orge et celle d’Osiris, le patron des brasseurs. Boisson d’offrande religieuse, la bière fut d’abord liée au culte des morts. D’après « le livre des rêves », un rêve de bière est un présage favorable. Patron, remettez-nous ça!..
20:25 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bière, Senso
mercredi, 08 août 2007
Naples
L'endroit était idéal pour le lire : j'étais à Procida (Golfe de Naples, ma querencia...) -photos ci-contre, ces dix derniers jours. J'y ai lu le magnifique Dictionnaire amoureux de Naples, de Jean-Noël Schifano (Plon). Avec sa langue baroque, sensuelle, truculente, excessive parfois (mais à la manière d'un Grainville ou d'un Sollers), Schifano nous fait comprendre une Naples foisonnante, protéiforme, fière, splendide, inaltérable. Et au-delà, puisqu'il évoque Procida, Pompéi, Herculanum, Capri... J'y reviendrai plus en détails.
Juste une remarque en forme d'étonnement avant de passer à tout autre chose : je m'étonne de ce que le plus Napolitain des Français, qui a eu l'élégance de m'adresser son livre peu de temps avant mon départ (le hasard n'existe décidément pas) en précédant son envoi, nourri d'un sensible : "molto cordialmente", de mon nom... avec un seul Z! Damned, aurait dit Rahan! Comment Schifano a-t-il pu écrire cela, lorsque de pizza à mozzarella, il n'est guère de mots et de noms dont on ne double la consonne -surtout le z, par là-bas... L'attachée de presse de Plon lui aura collé un fichier approximatif (donc Parisien, soit par-dessus la jambe, hop!) sous le nez, qu'il aura scrupuleusement recopié, ortografe douteuse itou. Mais bon, détail, disai-je, non...
Je voudrais -donc- d'abord raconter une anecdote toute fraîche.
En rentrant de Naples, en avion, hier, j'ai été témoin d'une scène bouleversante. Devant moi, une femme lisait La Peur d'aimer, un essai visiblement. Et, peu de temps après avoir mis les écouteurs de son iPod, elle s'est mise à pleurer. Longtemps, abondamment. J'ai interrompu ma lecture du Quichotte pour saisir mon carnet, en arracher une double page -ce que je ne fais jamais, et lui adresser un billet qui je voulais strictement réconfortant. Je lui ai donc glissé quelques mots pour lui dire que sa peine était bouleversante et que je lui souhaitais du bonheur, un atterrissage les yeux secs... Lorsqu'elle le lut et se tourna vers moi, son beau sourire faisait écho à ses yeux mouillés. Je me suis contenté de poser mon index droit sur mes lèvres en mimant chhht! Puis rien. Nous avons atterri. J'ai récupéré mon bagage et suis allé attendre un bus pour regagner Paris. C'est alors que, depuis le quai d'Orly Sud, elle me fit signe, de loin : elle faisait glisser deux doigts de sa main sur ses joues. Comme je ne comprenais pas, elle s'approcha pour m'expliquer son geste : "Les deux à la fois : ce sont les deux, le livre et la musique, qui m'ont fait pleurer". J'avais l'explication et j'en fus soulagé : j'avais déjà osé imaginer (tentation de romancier) un énorme chagrin d'amour, une rupture déchirante, la perte d'un être cher... Je lui ai signifié mon soulagement d'un mot et puis j'ai disparu dans le Jetbus, satisfait que mon billet l'ait réconfortée. Heureux, surtout, d'avoir osé accomplir un geste, certes sybillin, mais qui avait eu la chance de n'être pas mal interprété. Comme quoi, il ne faut pas désespérer de l'intelligence des relations humaines, parfois. Car elles peuvent être touchantes. Simplement touchantes...
12:25 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Procida, Naples, J.N. Schifano, easyJet, rencontre fortuite




















