lundi, 19 mai 2008
Eloge de la crème de marrons
J’aime la crème de marrons. À même le pot avec une cuiller, le matin et le soir, ou bien avec du fromage frais. Mais elle est meilleure toute seule. La crème de marrons est la madeleine de ses aficionados : leur plaisir remonte à l’enfance. Souvent j’ai été tenté de lancer un appel aux gourmands de mon espèce pour créer un club d’amateurs (qui existe sans doute déjà) et je confesse un plaisir formidable à en déguster en compagnie d’un ou d’une qui l’aime autant que moi. Par goût du partage simultané. Comme avec un grand sauternes. Mais cela est étrangement rare.
Les bonnes crèmes de marrons ne sont pas légion et celle de Clément Faugier –qui inventa la sienne en 1885 en utilisant astucieusement des bris de marrons glacés mêlés à la farine de châtaignes, du sirop de confisage, du sucre et de la vanille -, excellente, présente l’avantage d’être disponible à peu près partout, en boîtes de plusieurs tailles et même en tube ! Ah le tube de crème de marrons… Je ne connais pas de meilleur dentifrice. En montagne, c’est mon trompe-creux de huit ou neuf heures.
J’ai noté un jour dans un carnet, pour définir le poids de l’ennui, que certains dimanches après-midi étaient aussi épais que de la crème de marrons. Mais avec elle, l’ennui désépaissit. Lorsque je prends une copieuse cuillerée de crème de marrons, j’ai l’impression de rouler une pelle à Clément Faugier. Bizarre. L.M.
15:03 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : clément faugier!
vendredi, 16 mai 2008
Vite frais
Dessert ? Bé... une salade de gariguettes (elles sont belles et leur goût est enfin arrivé) avec des feuilles de menthe et du jus de fruits frais en pack, genre multivitamines. Pas de sucre, malheureux ! Bon, allez, à table…
20:03 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : repas de saison
mardi, 06 mai 2008
Simple!
21:07 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 01 mai 2008
-8
16:57 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : alools, d'apollinaire
samedi, 26 avril 2008
Femmes et Havanes
Elle est encore réticente, hésite à franchir le pas, a peur d’avaler. Cette fois, il s’agit de ne pas le faire. D’oublier la cigarette. La prise en main étonne : c’est gros ! Nous l’allumons pour elle. L’apprentissage de l’allumage du cigare viendra après. Respire sa tête ; à fond. Dis ce que tu ressens davantage que ce que tu sens. L’herbe coupée, le bois, le poivre, le cuir, la sueur ; dis tout. Pense au vin. Laisse-toi enivrer par le meilleur du cigare peut-être : sa dégustation à cru. C’est quoi ? –Un robusto de Flor de Selva : la fleur de la forêt. Un honduras fait par une femme ; Maya Selva. Un cigare doux, franc, pas simple mais pas compliqué non plus, voluptueusement capiteux, qui monte en puissance à la manière d’une vieille anglaise : passé le troisième rapport, sur une ligne droite et pure, genre la 10 passé Orly. Tu vois ? –Non. Cela ne fait rien. Tire franchement dessus. Quel que soit le cigare, il faut s’en occuper sans relâche dès l’allumage. Si tu parles trop, il s’éteint et se venge en te refilant une âcreté dont tu te souviendras. –Mais c’est difficile à tenir entre deux doigts. Tu t’y feras. Tu aimes sa couleur pâle, même si elle te paraît noire en regard des tiges que tu as l’habitude de griller sans plus te poser de questions ? C’est une cape clara, grasse. Observe le huileux de cette robe lisse. Alors ? –C’est pas fort ! Je pensais que j’allais respirer du feu et du piment. Contrairement à une idée reçue, plus le cigare est gros, moins il est généralement fort. J’ai choisi exprès un honduras féminin comme certains côte de nuits plutôt qu’un havane, pour commencer. Demain soir, j’allumerai pour toi un habano simple, le cazadores de José L. Piedra. Après-demain soir, tu fumeras, si tu le veux bien, du plus sérieux, mais encore facile : le choix suprême d’El Rey del Mundo. Et si tu franchis ce cap de bonne espérance, nous fumerons ensemble un D3 de Partagas, plus agréable que son vieux frère le D4. Nous nous cantonnerons aux robustos pour cette semaine. Si tu en redemandes toi-même, nous passerons à un calibre supérieur ce week-end, à la campagne devant la cheminée ; après le pot-au-feu. Un churchill de Saint Luis Rey ou de Romeo y Julieta. Du sérieux raisonnable. Nous verrons si tu résistes. La manzanilla La Gitana, glacée et le jabugo tranché comme du papier gommé escortent le flor de selva comme des motards un ministre plénipotentiaire planqué derrière les vitres fumées de sa limousine filant à vive allure sur les boulevards de ceinture. La femme en cours d’initiation ronronne. Si tout se passe comme nous le souhaitons, au quatrième tiers elle sera conquise à la cause et l’homme obtiendra licence à durée indéterminée d’allumer son double coronas du soir sans s’attirer les foudres habituelles. Module vivendi.
19:45 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
jeudi, 17 avril 2008
Pasta della casa Mazzella
Bon, tu possèdes la petite machine à faire les pâtes que l'ont rouve chez Ikéa pour pas un rond -et sans doute ailleurs. Tu as de la farine, norme 55. Tu as des oeufs frais fermiers dont le jaune t'évoque un coucher de soleil sur l'Etang Noir, à Soustons (photo ci-dessus, prise à Athènes. Tu vas pas me faire un gorgonzola pour çà!). Vas-y, alors! Tu verses la farine dans un saladier, deux fois plus de jaunes que de blancs et tu pétris. Cinq bonnes minutes, bien, en pensant à ce con qui te doit un oeil et qui ne répond plus à tes courriers recommandés. Puis tu laisses reposer, lorsqu'elle est devenue ferme et élastique, quasi k.o., une heure au frigo. Là, tu prends le temps : un havane, musique baroque, tu lis tes mails, tu musardes sur le Net en feuilletant un bouquin... Damned! Aimé Césaire, (bon, 94 ans, d'accord), est mort. Donc tu dédies ton plat de pâtes de ce soir au poète de la Négritude. Tu n'auras qu'à dire que cela s'appelle Moi, laminaire, ou Cadastre, ou bien Cahier d'un retour au pays natal. Il le mérite amplement. La pasta aura l'accent martiniquais. C'est peut-être aussi cela, la world food, la fusion truc... Bon, bien sûr tu auras ajouté pas mal de trucs à côté/dedans, à la fin : courgettes en dés, pignons, ricotta, San Daniele, ail, tomates cerises, des herbes en veux-tu en voilà... Les proportions? Bé... Au pif, té! Genre... Un demi paquet de farine pour douze jaunes et six blancs d'oeufs. A quatre, ça devrait le faire. Tes deux mains et Roule!..
"ainsi
toute nostalgie
à l'abîme
roule."
Aimé Césaire, Abîme, in Moi, laminaire... (Points/Poésie).
17:24 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : faire ses pâtes soi-même
mercredi, 16 avril 2008
apéro
Tu prends un tourteau, tu le concasses, réserve la chair, la touille avec un bonne mayonnaise maison et des larmes de tabasco. Tu prends deux mangues mûres, les épluches avec l'économe, tu en tailles des lamelles pas épaisses, à l'aide d'un excellent couteau. A plat, tu en fais de jolis rectangles assez longs (et tu manges aussitôt les chutes, sauf si tu as une salade de fruits à faire après). Tu formes des canellonnis avec les morceaux de mangue, les dresse et les pique d'un cure-dents afin qu'ils tiennent droit et fermés en rond. Tu les remplis de ta mixture de crabe. Eventuellement, tu masques la pointe du cure-dent qui dépasse avec une tomate-cerise. Tu poses chaque canelloni sur une feuille dépinard. Et voilà.
18:00 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : mangue et crabe
mercredi, 02 avril 2008
Dynamique ginseng
12:11 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : se sentir mieux
mardi, 01 avril 2008
J'en fume trop, je sais...
Tous les cigares finissent en fumée.
Proverbe Brésilien
Le cigare est le complément indispensable de toute vie oisive et élégante.
George Sand
Je bois beaucoup, je dors peu et je fume cigare sur cigare ! Voilà pourquoi je suis deux cents pour cent en forme.
Winston Churchill
A woman is only a woman, but a good cigar is a smoke.
Rudyard Kipling
Entre une femme et un cigare, toujours je choisirai le cigare.
Groucho Marx
Un bon cigare d’outre-mer ferme la porte aux vulgarités de ce monde.
Franz Liszt
Un bon havane est une des meilleures choses que je connaisse.
Somerset Maugham
Le cigare est le meilleur moyen de mettre à mort le temps.
Alfred de Musset
Stéphane Mallarmé, répondant au questionnaire de Proust, répondit : Votre rêve de bonheur ? –Rêver. Votre plus grand malheur ? –Ne pas allumer de cigare.
Petite parenthèse perso (une fois n'est pas coutume. Je serai pardonné?) : cette littérature ne m'empêche pas d'en fumer jusqu'à trois chaque après-midi, tout en écrivant. C'est vraiment trop. Et un budget intenable, de surcroît. En revanche, comme je ne bois plus une seule goutte d'alcool depuis le 13 mars (je refuse même le boeuf bourguignon et le chocolat à la liqueur), j'ai perdu 6 kilos en 18 jours.Yep!
11:59 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : havanes et littérature
samedi, 22 mars 2008
Le nom de Guermantes dans Paris mouillé
10:21 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : guermantes, combray, proust











