dimanche, 11 mai 2008

Zique

Ma fille m'a fait découvrir récemment deezer.com Vous connaissez sans doute. Sinon, découvrez : c'est le site idéal, gratuit, pour bosser (devant son ordi) en écoutant tout ce que l'on veut et que l'on n'a pas, ni dans son itunes, ni dans sa cdiscothèque.

 
podcast

Fix You, Coldplay.

This sunday morning, I've got the pêche with the big noyau. Yeeeeep! 

samedi, 10 mai 2008

La Petite Vermillon


podcast
 
 
C'est une belle idée, que l'on doit à Alice Déon (elle préside La Table ronde) : thématiser les sorties de La Petite Vermillon (la collection de poche de LTR), en faisant des tirs groupés. Après la vague Anouilh (neuf volumes d’un coup !), voici, sur le thème du voyage, que reparaissent simultanément : Souviens-toi de Lisbonne, d’Olivier Frébourg, Suite indochinoise, de Jean-Luc Coatalem sur le Vietnam, Court voyage équinoxial, carnets brésiliens de Sébastien Lapaque et La Montagne morte de la vie, de Michel Bernanos (fils de Georges) sur le Brésil aussi. Françoise de Maulde, qui épaule Alice, m'a annoncé le thème du sport pour bientôt. Avec le travail du prédécesseur d'Alice, Denis Tillinac, le fond est riche et bon...
Loués soient les grands petits livres !
 
Wind of Change, The Scorpions. 

Monumenta

En visitant la performance de Richard Serra dans la nef du Grand-Palais (lieu magique entre tous) avant-hier soir, et en me plaçant à un certain angle qui permet de voir en perspective ses cinq panneaux de 16 mètres de haut et de 75 tonnes chacun -de manière à envisager leur penchant (chaque plaque gigantesque d'acier est inclinée), comme bon me semblait-, j'ai vu ceci : les Twin towers s'écartant au dernier moment pour esquiver les deux Airbus. Des tours toreros, écarteurs landais. Une victoire énorme. J'ai même éprouvé -physiquement- le vertige des avions manquant leur cible et poursuivant leur vol dans la nuit des Temps. Une expérience. L'art, monumental, en un lieu exceptionnel, procure ce genre d'émotions, dont le charme premier est leur surgissement, tandis que nous marchons à la recherche du sens commun.
 
Allez y si vous êtes à Paris, car au-delà de la "promenade" à laquelle Serra nous invite, il y a le bonheur de rester là, de s'asseoir, lire, prendre du temps en compagnie

DIS,.. MAIS!..

Le dimanche 10 mai 1981, après les résultats, nous nous étions engouffrés dans ma 4L pour aller faire la fête une partie de la nuit, place de la Victoire, à Bordeaux. Nuit de liesse absolue. Les Années-Tonton, qui seraient les notres*, allaient commencer. Le lendemain à 8h00, je passais l'écrit de culture générale du diplôme de Sciences-Po. Epreuve majeure. Nous pensions tomber sur un sujet en rapport avec la gauche française depuis ses origines, ou sur le Socialisme. Etions incollables sur Marx et ses arrières-petits-enfants... Paf! Le sujet fut "Les nouveaux pauvres", lesquels étaient bien plus riches qu'aujourd'hui, d'ailleurs. Reste cette grande fête sincère, ce souvenir d'une joie incroyable à la vue du visage de Tonton sur la vieille télé n&b de ma turne d'étudiant. Depuis, chaque 10 mai, je fête intérieurement ce bonheur-là. Nous avions vingt ans et des poussières, l'espoir gonflait nos poitrines comme le vent la grand'voile. Une expression de soulagement, de sérénité retrouvée, une détente certaine se lisaient sur les visages, le 11 mai. Avec le recul, je sais que ces années-là -les années Mitterrand, de 1981 à 1995, puis le point d'orgue que fut le beau rassemblement Place de la Bastille en janvier 1996, celui enfin de janvier 2006, qui sonna comme un glas, tomba comme un rideau de théâtre, ont été nos années essentielles.

(* avec mes amis) 

vendredi, 09 mai 2008

Montaigne, toujours...

"Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche."

Les Essais, III, 9, éditions Arléa.

Se sentir eluardisé, l'après-midi

La courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu

C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l'innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards.

 

Paul Eluard, Capitale de la douleur, Poésie/Gallimard

 

 

 

 

Fajardie, suite.

http://www.equateurs.fr/accueil.php

 


podcast

Time is ticking out, The Cranberries. 

puisque on ne peut plus rien cacher...

2115784670.JPG

 


podcast
 

Voici ce que le site de la fnac annonce.

Il est grand temps que je remette le manuscrit définitif à mon éditeur!..

Donc : merci par avance d'en réserver, chacun, une douzaine d'exemplaires chez votre libraire...

http://livre.fnac.com/a2237852/Leon-Mazzella-Philosophie-gourmande-du-sud-ouest?Mn=-1&Ra=-1&To=0&Nu=9&Fr=0 

 

 

Rossini, Le barbier de Séville, par la Callas. 

...tume

1055007739.JPG

le petit naze sous le Portique

Les philosophes se réunissaient à Athènes au lieu dit  le "Portail peint" (Stoa Poikilè, d'où leur surnom de stoïciens, "philosophes du Portique").

Photo : "le petit philosophe du sud-ouest sous le Portique -ou ce qu'il en reste, pense à Socrate et ignore que Cécile le photographie" ©C.L. 181464407.JPG

Merci au "Monde de la Philosophie" de nous offrir cette semaine Sénèque (La Vie heureuse, La Brièveté de la vie, Lettres 1 à 29 à Lucilius) le Manuel d'Epictète et les Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle. Jubilatoires lectures! 

jeudi, 08 mai 2008

Nous tairons jusqu'au silence

Pour que demeure le secret

Nous tairons jusqu'au silence

 

Nul oiseau n'est coupable

Du tumulte de nos coeurs

 

La nuit n'est responsable

De nos jours au fil de mort

 

Il n'est que grande innocence

Et des colonnes en marche 

 

Mais les plaines soulignent

Notre solitude de leur blé.

 

Max-Pol Fouchet, Demeure le silence, Actes Sud 

mardi, 06 mai 2008

Simple!

Tu prends une courgette que tu tailles avec l'économe, en languettes longues et souples, bien croquantes, tu prends un très bon couteau pour tailler fin comme du papier gommé Rizla+, du lard de Colonnatta (tu l'as trouvé, parce que tu es débrouillard), tu mets des mini-tomates cerises, des pignons saisis à la poêle sèche ou bien avec un bébé-noisette de beurre salé (encore des pignons! bé oui, en ce moment, j'aime çà), tu tranches des cogollos (sucrines, ou coeurs de laitue), dénoyautes quelques olives noires (les Crespo en boîte métal sont bien pour ce genre de salade), tu écosses des petits pois frais (ils sont arrivés!), des fèves itou (elles aussi!) et taille des pois gourmands en petits rectangles (3 minutes à l'eau bouillante pour tous ces machins verts, puis rince à l'eau froide, ça refroidit aussitôt). Tu cisailles de la ciboulette, du cerfeuil, de la coriandre, de l'estragon, émiettes du thym -non, laisse tomber le thym. Vinaigre balsamique, huile d'olive, fleur de sel, piment d'Espelette en poudre; hop! Et t'as déjà ton entrée...

Les Aventuriers

Ce poème nous est offert par aliscan (allez voir son blog http://quialaviealetemps.hautetfort.com/consacré à la poésie, notamment au haïku). Merci à lui. 

Comme j'ignorais jusqu'à l'existence de ce poète il y a quelques minutes encore, je viens de surfer sur Google et sur fnac.com L'oeuvre du bonhomme a l'air difficile à trouver. Nous chercherons quand même. Dans l'attente, voici le site qui lui est consacré : http://www.leon-verane.fr/verane2_1.htm

(J'aime lorsque ce blog s'enrichit de la sorte, devient interactif, comme là...).

 

Nous eûmes tous les deux des âmes sans courage.
Lorsque le vent gonflait la toile des vaisseaux,
Les pieds comme rivés au sable de la plage,
Nous avons vu la proue ouvrir de vastes eaux.

Nous avons écouté l'adieu de l'équipage,
De ceux que L'Aventure a pris dans ses réseaux,
De ceux qui sans émoi, savent, des noirs orages,
Accoudés à la lice, endurer les assauts,

Quand d'autres s'inscrivaient sur les pages du rôle ;
Nous avons agité nos mouchoirs sur le môle.
Que nos jours maintenant soient en proie aux regrets !

Ceux-là trouveront seuls les îles chimériques
Qui, libres de tous liens, sifflent dans les agrès
Et portent dans leur coeur l'espoir des Amériques.

Léon Vérane, Les aventuriers

Paquito revient


podcast
 

A tous ceux qui sont en manque de toros, voici notre hymne-à-frissons, Paquito chocolatero, en attendant Vic, Nîmes et surtout Bayonne, Dax, San Seba, Pamplona, via Mont-de-Marsan et toutes les petites arènes où les novilleros se joueront leur vie à onze heures a punto.
¡ Suerte para todos ! Y que Dios reparta bien las cornadas. Si lo quiere... 

Hey!.. Hey!..

lundi, 05 mai 2008

Le tour de Babelle...

798172592.jpg

Selon la Genèse, les Sumériens commencèrent à ériger une tour qui devait les conduire jusqu'au ciel. La Tour de Babel. Ces hommes descendaient de Noé. Parlaient la langue adamique. Ce fut peine perdue, mais le rêve et son allégorie demeurent à jamais magnifiques. Mon ambition est moindre. Quoique. (Je descends du singe. Et du songe, certains matins. Alors...). Elle est de faire le tour de Babelle. A chacun son travail de Sisyphe. Par bonheur, ce tour-là -ivresse majuscule- n'est, ne sera jamais entièrement accompli, car le sujet est infini. Comme l'amour, la connaissance, le bonheur. Lequel est toujours à venir, à l'instar du Livre à venir, cher à Blanchot. Celui que l'on rêve chaque jour d'écrire. Le livre parfait. Le Livre de sable, selon Borgès. Chacun mon Tour, en somme. Nan?..

(Peinture de Brueghel l'Ancien.) 

Fajardie


podcast
 

fajardie.free.fr/

L'un des pères du néo-polar vient de nous quitter. 60 ans. Cancer. Sale affaire pour ce compagnon de route de Daeninckx et Manchette. Auteur de nombreux polars à la française avec des héros à la manière de l'Inspecteur Harry, nobles et franchouillards, auteur d'un paquet de romans, parfois historiques, de quelques pamphlets, Frédéric H. Fajardie a aussi écrit presque autant de nouvelles que Maupassant.

Je me souviens de l'avoir rencontré chez lui, dans sa ferme normande, une nuit d'ivresse, au cours des années 92 ou 93. J'avais commencé la soirée en compagnie de Denis Tillinac et de Françoise Blondin, de bar en bar (tous ceux qu'Antoine avait fréquentés). Pélerinage rude. Nous fûmes battus à plate couture par une veuve droite comme un I, après pas mal de canons descendus. Elle rentra néanmoins se coucher. Nous la raccompagnâmes. Là, Denis dit : on va voir Fajardie, t'as une bagnole? Mais c'est loin, sa Normandie! Qu'à cela ne tienne. Saint-Christophe fut du voyage, c'est indubitable, car nous arrivâmes sans tonneau à destination vers 3 heures du matin. Pleins phares, klaxon bloqué devant les grilles. Frédéric se réveilla, saisit son fusil de chasse et le pointa sur les hurluberlus depuis la fenêtre la plus haute de la ferme. C'est lorsqu'il reconnut Tillinac qu'il baissa son arme. Suivirent agapes. Trois jours d'amitié, de liesse et de littérature pourfendue. Souvenirs... Ciao, Bello! Je bois un thé vert à ton talent. Car c'est ainsi, désormais. Je te relirai souvent.

Son oeuvre, partiellement reprise dans Le Livre de poche, Folio, La Petite Vermillon (LTR) et Babel (Actes Sud), est parue -essentiellement- chez Mazarine, Lattès, Fayard, Les Mille et une nuits, La Table ronde, Actes Sud et, pour les derniers ouvrages, aux éditions des Equateurs. 

 

 

La Ville

Grasset (Les Cahiers rouges) s'apprête à reprendre l'oeuvre complète du jeune poète Bordelais mort en 1914. Trois livres : les poèmes de L'Horizon chimérique (nouvel extrait ci-dessous), un roman, Les Dimanches de Jean Dézert et les Contes, dont les splendides Pétrels, et ce petit bijou absolu (à mes yeux) qu'est Le City of Benares...

"Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte;
Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
Que ce port et mon coeur sont à jamais déserts.

La mer vous a rendus à votre destinée,
Au delà du rivage où s'arrêtent nos pas.
Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées;
Il vous faut des lointains que je ne connais pas.

Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
Le souffle qui vous grise emplit mon coeur d'effroi,
Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
Car j'ai de grands départs inassouvis en moi."

L'Horizon chimérique

"Un instant, j'ai pensé que la plus fière joie

Eût été de m'enfuir, comme un aigle s'éploie,

Au lointain rouge encor des soleils révolus. 

 

Et j'enviais le sort des oiseaux de passage.

Mais mon âme s'apaise et redevient plus sage,

Songeant que votre amour ne me quittera plus."

 

Jean de La Ville de Mirmont. 

Pestacle

"Nargis s'est abattu sur la Birmanie. Découvrez en avant-première les photos de cette tragédie prises sur place par un internaute."

 

Voici ce que je viens de lire, en frémissant - effroi et honte le disputent - sur la page d'accueil de Yahoo. De funeste mémoire, cela m'évoque le feu d'artifice quotidien que CNN offrait au monde en direct de Bagdad, au début de cette -très- sale guerre (sale guerre serait un pléonasme).

Le spectacle de l'horreur... en avant-première. Bienvenue chez les chtis birmans...

Cette sémantique est à vomir et le pire, c'est qu'elle ne cache plus son intention. 

La Terre se réchauffe, la banquise fond mais l'âme humaine se glace. A grande vitesse.  

dimanche, 04 mai 2008

The barefoot contessa

Revoir La Comtesse aux pieds nus et rêver d'Ava. Un grand Manckiewicz. Très grand. Subtil dans ses dialogues, fin dans ses plans, délicat dans ses travellings, jamais appuyé sur les plans rapprochés. Magnifique.

Je hais les voyages...

Interrogé il y a quelques années par Jean Daniel sur le seuil de tolérance (à propos des questions d'immigration), Claude Lévi-Strauss eut cette remarque lumineuse (c'est moi qui souligne, en gras) :
"Le seuil de tolérance existe bel et bien. C'est un fait, un jugement de réalité, non un jugement de valeur. Il faut l'apprivoiser et le dépasser, mais non l'ignorer. Or, toute notre époque est là : on ignore les faits sous prétexte de défendre des valeurs." (...) "L'irruption trop massive d'une minorité dans un société peut en ébranler la structure et provoquer une allergie de protection."
 
Le concert d'éloges à propos du futur centenaire du grand ethnologue tourne parfois à la cacophonie. Vous ne trouvez pas? L'Express publie l'autosatisfecit d'un Fumaroli illisible, Le Point fait aimablement le tour du sujet en ... 6 pages et nous sur-vend une Une sur le motif. Le dossier du Magazine Littéraire est en revanche très bien réalisé. Le petit dossier de L'Obs n'est pas mal non plus, car il laisse la parole aux artisans de l'édition en Pléiade des oeuvres choisies par l'auteur (il manque quand même le témoignage -capital, je pense-, de Marie Mauze !..). Ce qui est bien, c'est que, comme d'habitude, cela donne envie de relire l'oeuvre. Et reprendre Tristes tropiques (je viens de le faire dans le TGV Bayonne-Paris) est un bonheur renouvelé pour l'esprit, doublé, comme on sait, d'un bonheur littéraire. Juste, pour le plaisir, la célébrissime première phrase (et sa suite, merci emma) : "Je hais les voyages et les explorateurs. Et voici que je m'apprête à raconter mes expéditions. Mais que de temps pour m'y résoudre! Quinze ans ont passé depuis que j'ai quitté pour la dernière fois le Brésil et, pendant toutes ces années, j'ai souvent projeté d'entreprendre ce livre; chaque fois, une sorte de honte et de dégoût m'en ont empêché." ... (la suite en Plon/Terre Humaine, ou bien en Pocket, ou encore en Pléiade).
Demain, j'achèterai cette Pléiade de Lévi-Strauss. Pour les enfants, mas tarde...

jeudi, 01 mai 2008

Aphorismes sous la lune


podcast
 

Nous avons évoqué ici même les deux précédents ouvrages de Sylvain Tesson, infatigable marcheur, travel-writer, loup solitaire constamment into the wild, sorte de Walden (de Thoreau), d'homme ayant recours aux forêts (selon Jünger), de Jack London de tous les horizons possibles, un écrivain du grand dehors, héritier de Chatwin, Théroux et Bouvier. Nous avions loué les qualités de son "Petit Traité sur l'immensité du monde" et de son "Eloge de l'énergie vagabonde". Paraissent ses "Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages" avec de délicates illustrations bleu nuit, noir et blanc de Bertrand de Miollis (les trois aux éditions des Equateurs). Ce sont des pensées ultra-courtes, entre le haïku et le mot d'humour, le calembour et le fragment à la Jules Renard (dans son Journal). Toutes ont trait à la vie sauvage, loin des hommes et de ce qu'ils (dé)font de la planète en jouant dangereusement avec elle.

Le livre ouvre avec celle-ci : La mer : un coeur qui bat entre deux côtes. A chaque page, une trouvaille tendre, séduisante : Un paysan ignorant dans un champ cultivé... A quoi rêve un sage endormi dans un champ d'herbes folles?.. Idiot du bocage : sot de haies... Boire du thé fait pisser le temps... (c'est bien vrai!). Ce n'est pas en les coupant qu'on rendra meilleures les mauvaises herbes... Un fruit de la Passion rêvait de rencontrer un buisson ardent... La mer est la descente de lit des fleuves... Le courage n'existe pas : même le soleil se couche... Une régate de femmes voilées sur le trottoir d'une ville d'Islam... La ville : gueule de bois des hommes ivres de nature... Le Marais est un quartier chic où vivent les vanneaux huppés... On  ne rempote pas une jeune fille en fleur... Voyage organisé : oxymore... J'aimais flâner avec elle. Sans "L", je fâne...

Et beaucoup d'autres comme celles-là, glânées au hasard. Lisez Tesson, et faites passer.

-8

J'ai bu de l'alcool pour la dernière fois -du champagne ordinaire, tiède, dans une flûte en plastique, au stand des Presses de la Cité du Salon du Livre de Paris, le 18 mars dernier vers 22 heures. En la voyant disparaître à l'angle d'un stand voisin, j'ai reposé ma flûte en me disant. Plus jamais. Depuis, je n'ai même pas mangé de boeuf bourguignon, ni croqué un chocolat à la liqueur! Résultat annexe mais appréciable : -8 kilos. Une pêche d'enfer. A l'aube, chaque jour, ginseng, gingembre, guarana, vitamine C, café. Puis thé vert à la menthe toute la journée. Thé au jasmin ou gingembre chaud au cours des repas. La faim d'écrire est revenue. Il paraît que mes mots ont gagné en qualité. La tension artérielle est redevenue zen, lorsqu'un con m'agresse dans la rue ou en vélo, je lui souris. Incapable de m'énerver, je siffle en travaillant en musique, chante sous la douche, ai retrouvé une peau de pêche, gagné déjà deux crans à ma ceinture. Pire : s'il pleut, ce sont les  rayons du soleil que je vois tomber. C'était simple, au fond. Si simple.

L'été sera velu

 

1642321011.jpgSon possible retour parmi les Bleus, à l'occasion de la tournée en Australie, en juin prochain, se dessine au silex et au charbon sur les parois de Marcoussis, caverne arverne.

Lièvremont l'a laissé entendre.

Chabal revient, Ileana.

C'est mieux que Jésus!

mardi, 29 avril 2008

L'enclos "Keffer"

C'était l'enclos des chiens-loups utilisés pour monter la garde, pour la chasse, et principalement pour les chasses des hommes (...) Un jour arriva un convoi dans lequel se trouvaient des petits enfants. Le commandant du camp ordonna de les déshabiller et de les pousser dans l'enclos. Les enfants furent dévorés aussitôt, apparemment, car nous n'entendîmes pas de cris. Et cela devint une habitude. (pages 90-91)

Nous avons l'habitude d'entourer les grandes catastrophes de mots afin de nous en protéger. Les premiers mots de ma main furent des appels désespérés pour trouver le silence qui m'avait entouré pendant la guerre et pour le faire revenir vers moi. Avec le même sens que celui des aveugles, j'ai compris que dans ce silence était cachée mon âme et que, si je parvenais à le ressusciter, peut-être que la parole juste me reviendrait. (page 127) 

Lisez Histoire d'une vie, d'Aharon Appelfeld (L'Olivier), livre essentiel. 

lundi, 28 avril 2008

André et Dorine

André Gorz écrivit également cette dédicace à Dorine, son amour, sur un de ses livres (Le traître) :

A Toi dite Kay

Parce qu'en étant

Toi tu m'as donné

Tout, y compris

                       Je.

 

Une si forte déclaration rend jaloux.

De ne l'avoir pas trouvée soi-même.

D'en n'avoir pas fait don...

15:54 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gorz

dimanche, 27 avril 2008

Partir à deux

André Gorz, avant de se suicider avec sa femme, comme le firent Zweig, Novalis... écrivit ceci :

"Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble."

Outch. 

samedi, 26 avril 2008

Femmes et Havanes


podcast
 
 

Elle est encore réticente, hésite à franchir le pas, a peur d’avaler. Cette fois, il s’agit de ne pas le faire. D’oublier la cigarette. La prise en main étonne : c’est gros ! Nous l’allumons pour elle. L’apprentissage de l’allumage du cigare viendra après. Respire sa tête ; à fond. Dis ce que tu ressens davantage que ce que tu sens. L’herbe coupée, le bois, le poivre, le cuir, la sueur ; dis tout. Pense au vin. Laisse-toi enivrer par le meilleur du cigare peut-être : sa dégustation à cru. C’est quoi ? –Un robusto de Flor de Selva : la fleur de la forêt. Un honduras fait par une femme ; Maya Selva. Un cigare doux, franc, pas simple mais pas compliqué non plus, voluptueusement capiteux, qui monte en puissance à la manière d’une vieille anglaise : passé le troisième rapport, sur une ligne droite et pure, genre la 10 passé Orly. Tu vois ? –Non. Cela ne fait rien. Tire franchement dessus. Quel que soit le cigare, il faut s’en occuper sans relâche dès l’allumage. Si tu parles trop, il s’éteint et se venge en te refilant une âcreté dont tu te souviendras. –Mais c’est difficile à tenir entre deux doigts. Tu t’y feras. Tu aimes sa couleur pâle, même si elle te paraît noire en regard des tiges que tu as l’habitude de griller sans plus te poser de questions ? C’est une cape clara, grasse. Observe le huileux de cette robe lisse. Alors ? –C’est pas fort ! Je pensais que j’allais respirer du feu et du piment. Contrairement à une idée reçue, plus le cigare est gros, moins il est généralement fort. J’ai choisi exprès un honduras féminin comme certains côte de nuits plutôt qu’un havane, pour commencer. Demain soir, j’allumerai pour toi un habano simple, le cazadores de José L. Piedra. Après-demain soir, tu fumeras, si tu le veux bien, du plus sérieux, mais encore facile : le choix suprême d’El Rey del Mundo. Et si tu franchis ce cap de bonne espérance, nous fumerons ensemble un D3 de Partagas, plus agréable que son vieux frère le D4. Nous nous cantonnerons aux robustos pour cette semaine. Si tu en redemandes toi-même, nous passerons à un calibre supérieur ce week-end, à la campagne devant la cheminée ; après le pot-au-feu. Un churchill de Saint Luis Rey ou de Romeo y Julieta. Du sérieux raisonnable.  Nous verrons si tu résistes. La manzanilla La Gitana, glacée et le jabugo tranché comme du papier gommé escortent le flor de selva comme des motards un ministre plénipotentiaire planqué derrière les vitres fumées de sa limousine filant à vive allure sur les boulevards de ceinture. La femme en cours d’initiation ronronne. Si tout se passe comme nous le souhaitons, au quatrième tiers elle sera conquise à la cause et l’homme obtiendra licence à durée indéterminée d’allumer son double coronas du soir sans s’attirer les foudres habituelles. Module vivendi.
Le cigare attire les femmes mais toutes répugnent à passer à l’acte. Il convient par conséquent de les initier à ces obscurs obus de nos désirs en respectant leurs caprices soudains : j’ai envie de chocolat ! Je n’ai qu’un nuts, pas de noir amer de haut vol comme tu aimes. –Tant pis, donne. Et c’est ainsi que, par l’entremise d’une barre chocolatée, elle acheva le premier barreau de sa carrière d’amatrice. Elle allume aujourd’hui ses habanos avec le naturel d’un torcedor au boulot. Sa féminité s’en trouve accrue. A travers l’écran de fumée partagé, je la déguste du regard. 
L.M. 2003
Tumbao, de Ruben Gonzales. 

lundi, 21 avril 2008

AV206 NICKELCHROME

Cela n'a rien à voir... Mais je vends une Peugeot 206 HDI (diesel) 5 portes, gris métallisé, clim, lecteur cd, novembre 2001, 83000 km, contrôle technique ok, très bien entretenue et sous-kilométrée, argus, soit 5000€ au centime près.

dimanche, 20 avril 2008

Impression, à Saint-Jean-de-Luz

Je ressens tout à trac l’évidence du bonheur paisible et le surgissement d’une sorte de duende timide, d’une espèce de fado faible ayant cours ici. L’impression, insolite, lorsque, admirant sur une Promenade aux allures d’Arcadie retrouvée, le jeu des volumes des villas au style néo-Basque du front de mer, prolongées jusqu’à la plage par des passerelles, nous soulignons intérieurement –en en voyant un, l’extravagance du mot bow-window.

Spinoza, toujours...<