mercredi, 28 février 2007
Dolce
Bayonne, bleue ce matin comme l'aile d'un geai. Strié de traces d'avions, le ciel est doux à caresser. White, le chat, dont la fourrure noir (jais) luit, ronronne près de moi. Café brûlant dans le jardin. Un rouge-gorge tente d'éjecter un merle de sa querencia. "Sud-Ouest" n'est pas dans la boîte aux lettres et cela ne me manque pas. Les parfums capiteux de la Nive proche enivrent l'atmosphère. Les arbres sont nus et ma mémoire pleine, dans cette maison des souvenirs de quarante ans. Aucune glace n'a pourtant de tain, et la patine ne s'est pas encore faite à l'angle des meubles et des murs. Quarante ans, ce n'est rien. C'est la fuite qui est lourde. Et l'absence qui prend parfois le poids d'un supplice. Aucune ne s'évalue en chiffres. Pas même en matière : plume, plomb... Elles sont. Là. Cohabitent. Portent un sourire beau et désarmant, qui rend la mort acceptable. La disparition soyeuse. J'appelle cela la classe, ce matin.
10:45 Publié dans écris chaque jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, mort, jardin
mardi, 20 février 2007
Café Baruch
12:20 Publié dans écris chaque jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, journal intime, Spinoza
samedi, 17 février 2007
Voile de carotte
15:00 Publié dans écris chaque jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, tabac, jules renard, extraterrestres, journal intime, écriture quotidienne
samedi, 10 février 2007
Association de malfaiteurs
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Vous reconnaissez ces types?
Ce sont des bandits!
Des bandits de parchemin!
Des dandys de grand chemin.
Mais sans eux, je ne peux pas vivre.
Ou si peu, si mal, si creux.
Bon, j'en ai collé une dizaine, j'aurais pu en ajouter douze ou vingt-quatre de plus, qui m'accompagnent aussi sûrement qu'un ami, des chaussures de randonnée, une carte routière, une autre du Tendre, une femme, même, parfois... Oui, la littérature est puissante! Ces dix là, sont, de gauche à droite : René Char, Julien Gracq, Arthur Rimbaud, Ernest Hemingway, Marcel Proust, Gustave Flaubert, Guillaume Apollinaire, William Shakespeare, Jules Renard, Stendhal. Soit le minimum vital. Ajoutez, sans la photo : Cioran, Cervantès, Ponge, Perse, Henein, Conrad, des Forêts, Simon, Blondin, Cendrars, Quignard, Harrison, Neruda, Blanchot, Derrida, Leiris, Torga, Hamsun... Stop it!
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08:50 Publié dans écris chaque jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, journal intime, écrivains, bandits, poètes, romanciers
vendredi, 05 janvier 2007
Bouffées
Se promener en Champagne (ce matin), et chercher les vignobles dans la plaine morne. Finir par trouver, pouf! un océan de vignes. Déguster un rosé à la bulle infiniment fine, un peu plus tard. Se promener en forêt de Compiègne, à l'aube de cette année, et chercher des cerfs. Ne voir que des milliers de palombes, des nuées grises qui virevoltent à la cime des hêtres. Et tout à coup, l'esprit résigné, sur le chemin du retour qui fend la fûtaie comme le ciseau du couturier, ou la proue la rivière calme, apercevoir trois cerfs majestueux, princiers, qui passent lentement, au pas, avec la douceur d'un mouchoir de soie qui s'échappe de la pochette d'un élégant. Marcher dans les marais et penser bécassine. Y être surpris par un chevreuil qui aboie de frayeur (et de colère?), le feu aux pieds, en voyant l'homme que je suis. Instants volés entre deux aller-retour à Paris. La nature, par petites bouffées bronchodilatatrices, a la saveur d'un rocher Suchards ouvert lorsque l'envie de l'ouvrir est forte. Son effet-ventoline opère immédiatement. Demain, c'est l'extrême sud de la Corse qui m'attend. Le domaine de Murtoli, ou de la vallée de l'Ortolo, de mon ami Paul, à deux pas de Sartène et Porto-Vecchio. Quatre jours de bonheur en perspective un peu cavalière; j'avoue. Pour un reportage de lujo. Et alors!..
20:35 Publié dans écris chaque jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, journal intime
mercredi, 03 janvier 2007
Croire
Il n'y a que ce scotchant de Saint-Augustin pour me détourner, quelques instants, quelques instants seulement, lorsque je feuillette (presque clandestinement, je veux dire à l'insu de moi-même, comme dirait Virenque -et de mon plein gré) ses Confessions, de l'Athéologie dont je commence à faire profession de Foi. Eclairé en cela par Michel Onfray, c'est vrai, je "confesse", et par une relecture scrupuleuse de Nietzsche. Y compris (depuis hier soir, du Nietzsche d'Onfray -un écrit de jeunesse non renié, et c'est tant mieux). Mais St-Augustin a du punch, bon sang! Sa Création du monde et le Temps, par exemple, et son Ciel et la Terre me stupéfient. C'est fort, et en plus c'est beau... Shit, quoi!
22:07 Publié dans écris chaque jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature
vendredi, 29 décembre 2006
La saint Gaspard
"J'adore les huîtres : on a l'impression d'embrasser la mer sur la bouche." Léon-Paul Fargue.
C'est çà même (tout est dit).
Sinon, les Lumières n'en finissent pas de briller. Voltaire n'est pas franchement mort. Ah, ça non! Regardez autour de vous! On ne parle que de çà. Et tant mieux. Les remparts contre la Barbarie tiendront encore bon longtemps, longtemps...
Et (par ailleurs), je vous recommande, d'urgence, la lecture des "Antimodernes", d'Antoine Compagnon (Gallimard/La Bibliothèque des idées). Plus vivifiant, plus tonique, plus intelligent aussi, tu meurs!
Sauf les matins, tôt, de ces derniers jours, dans les Landes et à Bayonne. Jusqu'à ce matin, plus doux. Plus banalement moderne... (et moins intelligent, du coup).
Entre temps, il y a eu une après-midi (celle d'hier), braconnière en diable, dans les barthes. Une après-midi unique. Empreinte de classe davantage que de chasse, de silence grand, de regards détachés, de sagesse déjà là. Une grande après-midi sauvage comme je les aime (qu'est-ce que je fous à Paris!), bottes aux pieds, avec un ciel bleu, un froid de bon aloi, et des oiseaux nobles, comme on dit. L'auteur de cet après-midi fut mon fils Robin. Il a fait oeuvre. D'une sorte d'art. Une nouvelle s'écrit à ce sujet. Patience...
23:55 Publié dans Work in progress... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, journal intime
jeudi, 21 décembre 2006
La repentance
"Faut-il se soumettre aux exigences scélérates du repentir?"
Je ne sais pas où j'ai prélevé cette phrase, hier... Journal, radio, livre...
(La réponse va de soi -enfin, pour moi-).
La question donne l'occasion de réfléchir, en fin d'année -période propice!-, à ce désir de repentance qui resurgit comme la grippe aux premiers frimas, ainsi qu'au pardon bidon, à l'hypocrisie des religions; à l'hypocrisie tout court.
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mercredi, 20 décembre 2006
Chocolat
Déguster du 70% en compagnie de Pierre Hermé (nous faisions partie tous les deux d'un petit jury, avant-hier, pour un banc d'essai à paraître dans un magazine gastro), est un pur bonheur! Ce garçon est aussi simple que passionnant. Sa starisation ne l'a pas changé d'un iota. Et il parle du chocolat comme personne. Mieux que les sept tablettes à découvrir à l'aveugle, ses commentaires, touchants d'humilité, et qui dissimulent avec délicatesse une immense connaissance du sujet, furent -à mes yeux-, le réel intérêt de cette rencontre.
Allez! Je file à sa pâtisserie de la rue Bonaparte m'offrir un Ispahan. Ca me dé-downera (peut-être) le moral.
10:55 Publié dans Miam! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, art de vivre, journal intime
mardi, 12 décembre 2006
Sibylline presse
Dans Sud-Ouest, ce matin
http://www.sudouest.com/121206/vil_pba_bayonne.
asp?Article=121206aP172965.xml
un papier (une "nécro", dans le jargon du métier),
sur mon père décédé, avec mon nom en gros en titre.
Forcément...
10:45 Publié dans écris chaque jour | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journal intime













