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Chadburn

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Quel âge ai-je, quinze ans au maximum, mes parents reviennent d'une croisière en Croatie et par là-haut sur le paquebot France où ils retrouvèrent leurs amis Jean-Jacques et Anne-Marie Lesgourgues, qui sont aussi et encore mes fidèles amis (Maman m'avait rapporté ce tee-shirt marqué du plus beau mot qui soit), je porte une casquette de marin car mon père tenait à ce que j'aille au lycée la tête ainsi couverte, et vêtu d'un caban bleu marine, d'un pull marin avec boutonnière sur l'épaule gauche, et d'un pantalon "pan" disions-nous, avec boutonnière en pont sur trois côtés (je ne me souviens pas des chaussures, mais ce n'était pas des bottes bleues), je porte au cou un sifflet de chioulayre pour faire venir les alouettes, lequel ne m'a jamais quitté, et j'actionne l'imposant chadburn de cuivre et de verre (qui trône toujours chez moi, et qui, sauvé de la casse, provient d'un des bateaux de l'armement familial), la photo fut prise par mon ami Peyo Durandeux, qui aurait eu 66 ans ce 17 novembre (nous avions dix jours de différence) si une rupture d'anévrisme ne l'avait pas soustrait à nous le 1er janvier 1999, lors qu'il dansait, à Saint-Leu (La Réunion) dans les bras de sa femme Odile. J'aime ce cliché saisi avec mon Polaroid blanc, un peu construit, mais il lui est pardonné, car nous avions quinze ans, ce devait donc se passer en 1973. E la nave va...

Commentaires

  • Belle photo. Très vivante. Quel regard! Mais 15 ans? Paraît bien plus jeune.

  • Il était marin, mais il était aussi nomade, alors que la plupart des marins mènent, si l'on ose dire, une vie sédentaire. Ils ont l'esprit d'un tour casanier, et leur maison ne les quitte jamais _ c'est le navire; il en va de même pour leur pays_ la mer. Rien qui ressemble plus à un navire qu'un autre navire, et la mer est toujours la même. Dans l'immuabilité de ce qui les entoure, les rivages étrangers, l'immensité changeante de la vie, tout cela défile lentement, derrière le voile tendu non point par le sentiment de mystère, mais par une ignorance teintée de mépris; car il n'est rien de mystérieux pour un marin, hormis la mer elle-même, qui est la maîtresse de son existence, aussi impénétrable que la Destinée. Quand au reste, après ses heures de travail, le hasard d'une flânerie ou d'une bordée à terre suffit à déployer à ses yeux le secret de tout un continent, et il estime en général que le secret ne vaut pas d'être connu. Les histoires de marins ont une simplicité directe, dont tout le sens tient dans la coque d'une noix ouverte.

    (Au cœur des ténèbres, Joseph Conrad)

  • Quatorze, peut-être...

  • Merci pour ce bel extrait d'un grand livre...

  • Jean de La Ville de Mirmont (L'horizon chimérique), en écho :

    "Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;
    Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
    Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
    Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.

    La mer vous a rendus à votre destinée,
    Au delà du rivage où s’arrêtent nos pas.
    Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;
    Il vous faut des lointains que je ne connais pas.

    Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
    Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d’effroi,
    Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
    Car j’ai de grands départs inassouvis en moi."

  • Précieuse découverte. Merci Léon.

  • Immense poète que j'évoque régulièrement dans ces pages.

  • Je viens de parcourir quelques lignes sur sa vie. Quel parcours... Une bonne occasion de passer chez mon libraire, merci encore Léon.

  • Un parcours fulgurant et si bref (mort au front en novembre 14. Il avait 28 ans. Tant de jeunes écrivains prometteurs sont tombés aux premiers mois de la Grande Guerre : Alain-Fournier, Charles Péguy...

  • http://leonmazzella.hautetfort.com/archive/2017/09/26/relire-ellul-bien-sur-mais-egalement-le-city-of-benares-5983527.html

  • Oui, tant de talents fauchés... Merci infiniment pour le lien, je m'y précipite, et de me rappeler de lire (enfin) Péguy.

    Salutations.

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