mardi, 10 octobre 2006

En feuilletant Georges Henein

Cerné, au même titre, par l'existence et par son éclipse. Cerné comme un visage qui usera désormais de sa fatigue comme d'un argument littéraire à l'égard de la vie.

 

Bel horizon de lave refroidie, aux oiseaux stables, aux pas enchâssés dans l'immobilité suprême, dans le triomphe du manque d'avenir.

 

Faire un de ces chemins humains qui se comblent d'eux-mêmes, qui vont, de mousse en repli, jusqu'à l'orgueilleux et ultime effacement.

 

L'éventail du brouillard vient à peine de s'ouvrir. C'est le moment où tout peut se feindre, sans que rien puisse se nommer.

 

Comment écouter quoi quand le qui n'est plus là, quand l'absence n'est personne?

 

L'insistance de la vie se fait soudain légère. Un cerf-volant passe les cimes.

 

Ce qui n'a pas été dit, ce qui a été soigneusement placé hors-circuit, ne se résorbe pas pour autant. Et ce qui ne se résorbe pas finit par constituer non pas du silence, mais un double du langage. Un langage retiré avant l'heure et qui s'alcoolise tranquillement dans sa cachette.


...Le délicat pourrissement des confidences refusées...

 

Une fleur de silence cueillie sur le chemin des ténèbres intérieures.

 

L'aube n'en finit plus de se lever dans un pays où il n'est jamais midi.

 

La disposition amoureuse n'est pas une exigence de la vie, mais une forme de respiration, un principe d'ampleur.

 

Il y a sur une certaine table

un objet qui sourit à travers tous les sommeils du monde

c'est un visage (...) jamais oublié

un visage qui berce

l'infinissable neige du souvenir... 

 

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