dimanche, 30 mars 2008
ELLE
« Elle est étrange cette soif de se confesser, de demander pardon à quelqu’un par l’intermédiaire d’un livre…
Je ne dis pas seulement cela pour m’excuser. Les indiscrétions criardes de certains écrivains dans leurs livres sont peut-être un hommage à la femme qu’ils ont aimée et que souvent sans le vouloir ils ont fait souffrir. Comment mieux demander pardon, comment rendre un plus bel hommage à l’objet de leur amour, comment le faire de manière plus éclatante et plus sincère qu’en écrivant ?...
Peut-être qu’à l’origine de mon livre, il y a le besoin de demander pardon à Ileana. Noces au paradis : il me semble que ce titre en dit assez… J’espérais qu’au moins ce livre racontant notre histoire, s’il tombait un jour sous ses yeux, la persuaderait de revenir…
Je l’attends. Parfois je m’imagine, vieux, seul au milieu de mes livres, penché sur la même table, tel qu’Ileana m’a vu tant de fois, des nuits d’affilée. Et j’imagine alors que quelqu’un frappe à la porte, que je vais ouvrir distraitement et que je la trouve sur le seuil. J’y pense constamment… »
Mircea Eliade, Noces au paradis, (L'Imaginaire/Gallimard)
14:43 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : eliade














Commentaires
Pourquoi en rouge? Tu saignes...?
Ecrit par : pierrot la tombal | dimanche, 30 mars 2008
Non. J'ai de solides guillemets en guise de points de suture et des aiguilles d'apostrophes pour recoudre serré les plaies. Point de suspension. De l'apesanteur, du fading dirait Barthes, post-opératoire. E la nave va cosi.
Ecrit par : Léon | dimanche, 30 mars 2008
Quel beau chirurgien de haut bord!
Ecrit par : pierrot la tombal | dimanche, 30 mars 2008
Merci Pierrot, mais mouaiff... Je navigue à l'estime et aux instruments. Avec avis de tempête, j'abaisse la voilure et cherche la crique.
Ecrit par : Léon | dimanche, 30 mars 2008
On est bien tous les mêmes capitaines...
Ecrit par : pierrot la tombal | dimanche, 30 mars 2008
rien d'étonnant à ce que s'arrondissent ainsi donc nos fortunes carrées, aussi à force qu'on nous mène en bateau...
Ecrit par : benoit | dimanche, 30 mars 2008
Et Kessel qui n'a jamais pêché en hommes troubles lève l'ancre!
Ecrit par : Léon | dimanche, 30 mars 2008
Lève l'ancre et tes vers à la marine toi qui sait l'encre vive, la seule avec laquelle peut s'écrire la règle de l'homme...
Ps: chez Zulma, de douces et drôlissimes fantaisies et historiettes ( à dormir sans vous comme disait Jacques Sternberg) " Oeufs de Pâques au poivre vert" par Dominique Noguez...le Garnier, est quant à lui parfait...si je puis me permettre telle intrusion dans votre Eliade mood.
Ecrit par : benoit | dimanche, 30 mars 2008
J'étais après tempête, les voiles ébouriffées, mes cales plus qu'humides...Le ventre et le coeur vides, je jetais mon ancre dans celle de ses yeux.
Francis la tombal
Ecrit par : pierrot la tombal | dimanche, 30 mars 2008
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