jeudi, 21 février 2008
Ah, les anciens!..
Si tu veux m’en croire, lecteur, ne hâte pas le plaisir de Vénus ; sache le retarder, le faire venir peu à peu, doucement. Quand tu auras trouvé l’endroit sensible, l’organe féminin de la jouissance, pas de sotte pudeur : caresse-le, tu verras dans ses yueux brillants une tremblante lueur, flaque de soleil à la surface des eaux… Viendront alors les plaintes et un tendre murmure, de doux gémissements –et ces mots excitants qui fouaillent le désir…
Ne va pas, voguant à pleines voiles, la laisser en arrière ! Evite, aussi, qu’elle ne te précède : qu’un même élan pousse vos navires vers le port. Quand, vaincus tous deux en même temps, l‘homme et la femme retombent ensemble, c’est là le comble du plaisir !
Ovide, L’art d’aimer.
19:55 Publié dans Tu es plus belle que le ciel et la mer | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ovide














Commentaires
Cela lui a valu l'exil... La volonté d'Auguste était plutôt le retour aux bonnes moeurs. La perte des valeurs étant considérée comme cause des multiples guerres civiles qui avaient abouti au bout d'un siècle à la chute de la République. A trop caresser, Ovide s'était fait mordre...
Ecrit par : TiBo | jeudi, 21 février 2008
Il faut comme deux bons soldats aller d’un même pas, charger tout ensemble le désir en baïonnette ! Et tomber tout autant sous les coups des caresses amis…
la tombal, l'Art de mourir.
Ecrit par : pierrot la tombal | jeudi, 21 février 2008
La verdeur d'Ovide perdure qui nous enseigne, puissante saillie entre les siècles, qu'en amour, une fois n'est pas coutume, le précoce a souvent un entrain de retard...
Ecrit par : benoit | vendredi, 22 février 2008
Ecrire un commentaire