Isola romantica

Je retrouve une photo prise sur mon île chérie il y a deux ans, où je retournerai d'ailleurs le mois prochain, Procida, en me disant que les Italiens (du Sud) ne manquent ni d'audace ni de romantisme fastoche. J'adore...
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Je retrouve une photo prise sur mon île chérie il y a deux ans, où je retournerai d'ailleurs le mois prochain, Procida, en me disant que les Italiens (du Sud) ne manquent ni d'audace ni de romantisme fastoche. J'adore...

Nous revenions de La Terrasse, ainsi nommée par tout getariar, car Michel Houellebecq voulait voir la mer - enfin, l'océan. Il était midi trente ce trente mai dernier. Nous étions (le jury presque au complet et son lauréat) attendus à la table du chef talentueux Claude Calvet mon ami, au Getaria pour un somptueux déjeuner conçu à la faveur de la remise du Prix Paul-Jean Toulet 2026 à l'auteur de Combat toujours perdant (entre autres beautés poétiques). J'étais accompagné de l'espiègle Fabrice Gaignault - à la plume subtile (auteur notamment d'un singulier Un livre, au sujet de Primo Levi et de Remorques de Roger Vercel), lequel prit ces deux clichés devant les tamaris torturés de la fameuse terrasse de Guéthary. J'en aime le caractère insolite. L.M.



Comme l’orage gronde à l’instant et qu’une pluie salutaire humecte enfin l’atmosphère, imaginons que les nuages soient de sortie en rangs serrés mercredi soir. Ils nous gâcheraient le pestacle (entre 19h31 et 20h26, à Bayonne). Et toutes ces nunettes achetées pour rien... En ce cas, une seule échappatoire : revoir L’Éclipse, de Michelangelo Antonioni avec Alain Delon et, pour illuminer l’écran, le ciel, éteindre, étreindre tous les cieux, Monica Vitti. L.M.

Visible sur arte.tv

L’ingrate attitude à tenir (bon) de l’auteur assis devant un courant humain qui passe à hauteur respectable devant lui assis tout petit devant une tablette... Il y a une typologie du chaland, au cours d’une séance de signature, où qu’elle ait lieu – salon du livre, librairie... Le plus courant tire aussitôt la gueule en tombant sur le sujet, jette un bref regard (très) gêné sur vous comme si vous étiez un singe inconnu de Buffon et de ses disciples, et se pince le nez en apercevant vos ouvrages empilés comme si vous étiez un représentant en étrons frais fumants d’origine humaine garantie. C’est, allons, 70% du trafic. Il passe vite en général, celui-là, soudain saisi d’un sentiment trouble où s’entremêlent la surprise, une espèce de mal à l’aise mâtiné d’une indifférence feinte : moi-je-n’écris-pas-mais-ce-n’est-pas-pour-autant-que-tu-m’impressionnes, ce qui lui refile aussitôt un coup de turbo : On voit vite son dos, il s’échappe. De toute façon il est en haut, il domine, debout. Intérieurement, l’auteur rigole. Passons. Il y a celui qui se contente d’un « bonjour », c’est très sympathique, courtois, et assorti d’un regard en coin qui trahit une timidité irrémédiable – il hâte le pas, craignant peut-être d’être happé par un filet à provisions géant. Drôle de poisson... Il y a celui qui, désinhibé, feuillette, lis, prend ses quartiers, pose mille questions auxquelles on répond en espérant sourdement qu’il raflera un échantillonnage, même si on s’en fout pas mal, car au fond, cela ne rapporterait que de quoi s’offrir un café sans croissant (si jamais l’éditeur pense à le payer une fois l’an). Il tchatche, raconte sa vie, commence à ennuyer l’assis plume en main assigné à résidence, masque le passage, empêche donc, insiste avec des détails insignifiants sur ses vacances en Bretagne et sur son grand-oncle qui voudrait écrire ses mémoires terribles de guerre dans le djebel algérien. Au bout d’une interminable logorrhée, ce spécimen tourne les talons plus vite qu’un vol d’étourneaux dérangé par une détonation, lors qu’il semblait vaguement intéressé par votre troisième roman, là, sur le bord extérieur droit de la tablette. « Les larmes méprisent leur confident », René Char. Idem pour les malades ayant besoin de s’épancher devant n’importe qui. Il y a celui – souvent celle – qui vous dit d’emblée « j’aime beaucoup ce que vous faites » (façon de parler) : j’ai lu celui-ci, je l’ai d’ailleurs racheté et offert à ma maman, que me conseillez-vous, là ?.. On pense tenir un poisson rare. Or, elle ou il se gargarise d’un échange fluet et l’achève par un, au choix (j’ai tout entendu) : je repasserai, je vais faire des courses avant ; je n’ai pas de monnaie ; j’ai oublié ma carte bleue ; je reviendrai chez ce libraire pour le commander ; etc. Finalement, rester assis, là, est un luxe de sociologue urbain du dimanche qui permet d’observer une frange très marginale de la société, celle que le livre attire encore, un tant soit peu. C’est déjà bien, ce n’est pas rien, c’est trois fois rien, donc beaucoup. L.M. (à suivre, car la typologie est longue).

Photos : Signature ce matin à la librairie L'esprit du large, rue Port de Castet à Bayonne, tenue par Cécile et Cyrielle, que je remercie chaleureusement pour leur accueil délicieux.

Pause clic-clac au cours d’une marche le long du littoral angloy et biarrot : chaque spot de surf étant envahi plus de dix heures par jour par des douzaines de pingouins qui se piquent des vagues, ma planche fait la poussière. J’ai renoncé à me mettre à l’eau, n’ayant plus de plaisir à m’y frayer un chemin de volupté jonché de tensions et dénué de courtoisie. Heureusement, la ville d’Anglet a eu la riche idée il y a des années de transformer ses passages (jadis) cloutés en remplaçant les bandes blanches ou jaunes par des silhouettes de planches de surf. Ainsi, lorsqu’il n’y a pas de véhicules en vue, je m’offre furtivement l’illusion de surfer peinard. L.M.

Reçu ce matin « Le Palais », nouveau roman de François-Henri Désérable, à paraître le 20 août. Un livre épais, 400 pages, où il est question d’un dégustateur de vins d’exception nommé Arun Kumar, sorte de Jean-Baptiste Grenouille, héros du « Parfum » de Patrick Süskind, souvenez-vous, mais du palais, pas du nez cette fois, quoique Arun semble cumuler l’excellence des sens ; d’où ma forte curiosité. Je l’entame et, à la page 23, je tombe sur cette phrase (annotée au crayon sur la photo ci-dessous) qui m’a fait éclater de rire. Je sais qu’elle ne plaira pas à tout le monde, mais elle me donne vraiment envie de poursuivre la lecture... (à suivre, donc). L.M.

Sud Ouest annonce ce matin ma prochaine séance de signature, à Bayonne samedi prochain. Je remercie le journal.


Il trônait sans crainte à deux mètres de moi, aux abords du Musée de la mer et du Rocher de la Vierge, hier à Biarritz. Après l’avoir capturé avec mon téléphone chic, je me suis demandé en observant son aplomb et une légère arrogance au fond de son œil s’il n’allait pas me réclamer un euro pour sa pose impeccable, ce voleur à la volée de sendouiche entre les mains du vulgum pecus. Un doute m’assaille : il s’agit a priori d’un goéland leucophée : pattes jaunes (et pas roses comme chez le goéland argenté), tache rouge du bec débordant sur la partie supérieure (elle ne déborde pas chez l’argenté). Cependant, la caroncule de l’œil devrait être rouge, et pas orangée comme chez l’argenté... D'aucuns diront que je persiste à avoir des interrogations de taré. Je préfère l'expression fou d'oiseaux, y compris de Bassan. L.M.