La force interne du style

Gustave Flaubert, lettre à Louise Colet, 16 janvier 1852 :
« Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l'air, un livre qui n'aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se
peut. Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière; plus l'expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c'est beau. Je crois que l'avenir de l'Art est dans ces voies. »
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En bonus, la fin de cette même lettre, pour la force interne de l'amour que l'homme-plume portait à Louise...

Commentaires
Il est dommage que Gustave Flaubert ait brûlé toutes les lettres de Louise Colet. La publication des lettres de cette emmerdeuse notoire, plus vieille de 11 ans par rapport à son énième amant, aurait permis de jauger « la force interne de l’amour ». La relation Flaubert-Colet finira d’ailleurs très mal.
L'étendue de votre culture littéraire est stupéfiante, cher Jean-Jacques Cazcarra. Merci pour ce nouvel éclairage. (Je persiste à aimer cette correspondance, davantage peut-être que certains livres célèbres de Flaubert).
La dernière lettre de Gustave Flaubert envoyée à Louise Colet le 6 mars 1855 : « Madame, J’ai appris que vous vous étiez donné la peine de venir, hier, dans la soirée,, trois fois chez moi. Je n’y étais pas; et, dans la crainte des avanies qu’une telle persistance de votre part pourrait vous attirer de la mienne, le savoir-vivre m’engage à vous prévenir : que je n’y serai plus jamais. J’ai l’honneur de vous saluer. »