Leucophée ou argenté ?

Il trônait sans crainte à deux mètres de moi, aux abords du Musée de la mer et du Rocher de la Vierge, hier à Biarritz. Après l’avoir capturé avec mon téléphone chic, je me suis demandé en observant son aplomb et une légère arrogance au fond de son œil s’il n’allait pas me réclamer un euro pour sa pose impeccable, ce voleur à la volée de sendouiche entre les mains du vulgum pecus. Un doute m’assaille : il s’agit a priori d’un goéland leucophée : pattes jaunes (et pas roses comme chez le goéland argenté), tache rouge du bec débordant sur la partie supérieure (elle ne déborde pas chez l’argenté). Cependant, la caroncule de l’œil devrait être rouge, et pas orangée comme chez l’argenté... D'aucuns diront que je persiste à avoir des interrogations de taré. Je préfère l'expression fou d'oiseaux, y compris de Bassan. L.M.
Commentaires
Bonjour Léon, j'aurais penché vers un goéland argenté pour ma part... Et je ne vois qu'une saine interrogation, rien de "taré". Et quand bien même :
"Heureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière." (Michel Audiard)
Bonjour Sylvain, Je pense quand même qu'il s'agit d'un leucophée, car on ne perçoit pas très bien la caroncule. Et si elle est ainsi (pas rouge vif) c'est, selon toute vraisemblance - je me suis renseigné - qu'il se serait reproduit en mer Baltique. Pourquoi pas !
Quel oiseau majestueux dans tous les cas...
Oui. un sacré voyou quand même, qui s'autorise de plus en plus de liberté car il est intelligent et que, opportuniste, il utilise avec habileté les "ressources humaines" en milieu urbain. Il ne craint plus du tout l'homme et, invasif par ailleurs, parvient à chasser d'autres espèces d'oiseaux afin d'établir ses quartiers plus à son aise. Tout cela est passionnant à observer, comme tout changement de comportement - à l'instar de celui de la palombe (pigeon ramier) par exemple, grand migrateur devenu sédentaire et totalement inféodé aux parcs et jardins, comme une tourterelle turque... Je pourrais écrire des kilomètres sur ces sujets captivants.
Nous avons des goélands qui nichent souvent sur le toit de notre immeuble à Paris, ainsi que sur celui d'en face. Je ne me lasse pas d'écouter leurs vocalises et de les voir voler sur fond de ciel bleu. J'ai également pu observer depuis quelque temps un couple de colombins, oiseau que je ne connaissais pas. Très timide et secret, mais absolument magnifique. Oui, passionnants à observer, ne serait-ce que pour tordre le cou à une réputation injuste.
Vous vivez donc à Paris, où j'ai vécu un quart de siècle, et du temps que je créchais à l'angle de la rue de Rennes et de la rue d'Assas (2002-2006), je me croyais souvent à Douarnenez tant les cris des goélands qui nichaient alentour, au- dessus, étaient prenants, et donc charmants. Etrange, s'agissant du colombin, plutôt farouche à la ville et adepte des falaises, des rochers caverneux, des forêts côtières pas forcément profondes... Serait-il en train de faire ami-ami avec le biset parisien, son lointain cousin dégénéré?..
Oui, dans le 11ème pour être plus précis, à un jet de pierre du Père Lachaise. J'ai été surpris comme vous de les observer dans un milieu urbain. Un vol à peine audible, soyeux avec un adorable petit chuintement...
Beau quartier que celui où vous avez vécu, j'aime me promener du côté de Saint Sulpice et aller fureter à la Procure.
Oui, vous habitez "boboland", chère à mon fils. Belle concentration de bars à vins par là-bas. J'ai préféré vivre à Odéon (rue Grégoire de Tours, 2 ans), dans le Marais (rue de Turenne, 8 ans) et surtout dans le 5è (en bas de la rue Monge, 13 ans). Le Quartier Latin demeure ma querencia parisienne, cependant.
Boboland... L’appellation est lâchée. (Vous ne me voyez pas mais je souris). Oui, le fait est que le quartier, autrefois plus populaire, s'est mué en une caverne un peu trop ambiance Thomas Legrand à mon goût mais bon... J'aime à penser que je fais de la résistance !
L'essentiel est de résister. Aux trottinettes, aux vélos cargos, à l'arrogance de tant d'imbus de suffisance, tant de connards et de connasses qui pilotent ces deux roues en brûlant les feux rouges, forts de leur "supériorité" autoproclamée d'écolos de mes deux... Mais je vous dvine casqué, armé d'une Sten, prêt à libérer le quartier, puis Paris, Paris libéré......... Ou bien slalomant, piéton, au milieu de cette armée grossissante de nazes. (Je sais, j'y vais fort. Mais, bon).
Rires...
Au diable la Sten, j'ai souvent envie d'y aller à la 12.7... Je peste, gueule et comme vous, j'ai l'invective fleurie. Et non, vous n'y allez pas fort du tout, pas assez même. Et heureux de voir que quelques uns pensent de plus en plus comme moi, faisant fi des gens qui nous voient comme des réacs, AOC que je revendique désormais comme un étendard.
"Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là !- Vous êtes mille ?
Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
Le Mensonge ?
[Il frappe de son épée le vide.]
Tiens, tiens ! -Ha ! ha ! les Compromis,
Les Préjugés, les Lâchetés !...
[Il frappe.]
Que je pactise ?
Jamais, jamais ! -Ah ! te voilà, toi, la Sottise !
Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;
N'importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !"
Salutations , cher Léon !
Que c'est bon de relire un extrait de Cyrano en allumant son ordi ! Merci...