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  • Tir, ou tri sélectif (c'est pareil)

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    « L’affaire » Orélien en cacherait-elle une autre ? Yannick Haenel serait ainsi coutumier du plagiat, mais il passerait entre les mailles, la tête haute, bardé de prix de surcroît, ce qui dédouane ad vitam (ou presque). Serait-il si protégé par le « mundillo » ? Je me souviens de mon amie Alina Reyes, effondrée d’avoir été pillée, puis retoquée en justice (la double peine), lors d’un précédent scandale (lire le 3e § de la capture d’écran). J’étais alors présent, et je peux dire qu’elle souffrait. Le procédé était identique au plus récent : un tapuscrit traîne chez Gallimard, on le chourre et on le pille... Y aurait-il par ailleurs une justice à deux échelons chez les Goncourt ?.. L.M.

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    (Sources : Facebook, la page de Magazine Littéraire. Lequel cite ActuaLitté, qui est fiable).

    https://actualitte.com/article/133618/enquetes/yannick-haenel-comme-un-air-de-deja-lu-dans-la-rentree-litteraire

    Pour aller plus loin, voici le lien avec l'article cité par Jean-Jacques Cazcarra dans les commentaires ci-dessous.

  • L'IA est un monstre qui enfle à vue d'oeil

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    (COMMUNIQUÉ DE L'ACADÉMIE GONCOURT) : CQFD. Et pan sur le bec de qui croyait prendre et se retrouve les doigts dans le pot de confiture. Cela augure cependant bien des surprises et déboires à venir (pour ne parler que de littérature). L'IA est un monstre qui enfle à vue d'oeil, est devenu un pléonasme doublé d'une tautologie. Au secours !

    L'une des leçons à tirer est que de nombreux lecteurs, des critiques pourtant avisés, ont adoré ce livre à l'unisson, soit un produit in-humain puisant cependant dans un gloubi-boulga d'origine humaine. Preuve qu'il y a aussi de quoi s'inquiéter quant à nos supposés goûts pour la chose... littéraire.

    (Quant aux imbéciles inutiles d'une gauche fascisante - ils sont légion, leur meute ne cesse de proliférer, suivant la courbe du nivellement par le bas - compagne de randonnée vers le néant de l'IA -, ayant vociféré au racisme de manière pavlovienne et aveugle lorsque le doute commença de s'installer au sujet du livre de Thélyson Orélien, je suis par avance ravi d'écouter leur silence - sans croire à ce dernier).

    P.S. : Décidément, les éditions Grasset font parler d'elles...

    L.M.

    Ci-dessous, un autre exemple de plagiat par l'auteur incriminé (il y en aurait pléthore).

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  • Rendez-vous à Biaudos

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  • Jean Orizet

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    « La poésie demeure l’expression du langage porté à son plus haut degré d’incandescence » ... « Pourquoi écrire et lire de la poésie ? - Pour vivre mieux et plus haut. », disait Jean Orizet, qui a quitté ce monde avant-hier. Hommage au poète et à l’éditeur, fondateur de la revue Poésie 1 dont nous guettions les anthologies, et qui fusionnera avec la revue Vagabondages, sous la houlette de Marcel Jullian (laquelle publia quelques-uns de mes premiers poèmes, en 1983 et en 1985, extraits de mes premiers recueils). Orizet fonda également en 1975 les éditions du Cherche-Midi, que l’ami Jean Le Gall pilote aujourd’hui de main de maître. L.M.

  • Sur Le Palais de Désérable et Le Marquis de Calon Ségur

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    Comme beaucoup d’amateurs plus ou moins éclairés, et lorsqu’on a beaucoup dégusté pour des gazettes, beaucoup écrit sur le motif, y compris quelques livres, j’ai été intrigué par la publication annoncée il y a quelques mois du « Palais » de François-Henri Désérable (Gallimard). Reçu dans la boîte aux lettres au cœur de l’été caniculaire, la lecture assoiffée des premières pages m’enchanta. J’allais m’installer en ronronnant dans le fauteuil du plaisir du texte assorti d’une histoire insensée de trafic, d’un passage en revue de grands domaines bourguignons, de l’improbable ascension d’un jeune indien, Arun Kumar, parmi les plus grands nez/palais de la planète vin, lorsque je commençai à réaliser que l’auteur de ces 400 pages était peut-être un faiseur à la manière de Maxence Fermine s'inspirant, avec l’excellent « Neige », de l’incomparable « Soie » d’Alessandro Baricco – ce, avec l’air de ne pas y avoir touché. Et si Désérable ne s’était pas « contenté » de faire du Patrick Süskind (« Le Parfum ») déguisé, comme il s’était déjà glissé sous la peau de Romain Gary, Nicolas Bouvier ou encore Che Guevara dans ses précédents romans ? L’auteur, ancien joueur professionnel de hockey sur glace, a volontiers confié qu’il n’y connaissait absolument rien au vin il y a quelques années et qu’il s’y était mis à fond, pour ainsi dire. Son livre « à la manière de » déborde d’ailleurs de termes techniques, de jargon professionnel jusqu’à l’écœurement et cela sent le faisandé : nous avons affaire à quelqu’un qui semble manifestement incapable de se fiancer par amour, sinon par connivencia avec le sang de la vigne, soit quelqu’un qui ne sait pas boire pense-t-on, voire déguster correctement, mais seulement se griser d’un environnement découvert comme à la lampe de poche dans un tunnel mystérieux de l’enfance, et se payer de mots rares pour le commun des mortels, saupoudrant les pages de ce que l’on nomme le name-dropping (vite lassant, comme toujours), servant cette avalanche à la queue leu leu, ce qui signe l’aveu du gamin épaté et pressé de partager sa découverte. L’amateur ne se laisse pas prendre. Loin d’être ému, intrigué, interpellé, voire ébaubi par ce qu’il connaît de longue date, il sourit par ailleurs en découvrant des astuces à deux zlotys - ainsi celle de faire de Robert Parker, un dénommé Michael Waterman (on reste dans les stylos à plume), dégustateur dont l’autorité mondiale a longtemps régné sur certains marchés en faisant trembler le mundillo des grands crus (bordelais, essentiellement, d’ailleurs). Nous croisons néanmoins des vignerons de respect bien réels comme Laurent Ponsot ou Sylvain Pataille. Cependant, F.-H. D. écrit bien, le bougre (les dégustations à l’hypothétique Clos des Toucans sont rondement enlevées), et c’est pourquoi nous avons tourné les pages en dépit d’une certaine méfiance. La littérature passe d’abord par le phrasé, le style, le mot qui sonne juste, la musique d’un long passage, le talent d’un auteur à vous emporter dans le courant de son imaginaire, jusqu’au plaisir de faire la planche sur une histoire invraisemblable par endroits – mais qu’importe, comme Lord Byron la faisait sur le Grand Canal à Venise. Cela s’appelle aussi l’étrange sensation agréable d’être berné. Voire hypnotisé. Et là, je pense au python Kaa dans « Le Livre de la jungle » revisité par le dessin animé signé Walt Disney. En résumé, il manque à ce livre ambitieux et à la louable intention une marque d’authenticité. Ce Palais-là fait penser à un « vrai faux Dali », à une toile de l’« école de... ». Les buveurs d’étiquettes – ils sont légion, n’y verront que du feu. « Les cons, crois-moi, ça court les rues », écrit Désérable page 221. Les lecteurs de 4e de couverture itou, lesquels sont capables de parler d’un livre qu’ils n’ont pas lu avec l’aplomb d’un énarque à la voix de stentor, dans les dîners en ville comme on dit. À une époque déjà lointaine (années 80-90), lorsque je dégustais chaque jour que Bacchus fait pour raison professionnelle (si la presse est une réelle profession), nous nous élevions contre l’utilisation abusive du bois neuf pour doper les vins blancs bordelais. C’était une mode, on appelait ces breuvages de la tisane de chêne de Tronçais. Mais ça plaisait. Puis ça ne plut plus. Surtout parce que la promesse de ces vins de laboratoire faisait long feu : dans le petit cercle, on appelait ça à voix basse et entre nous, des « vins putes ». Des promesses, mais rien derrière (c’est comme les vins « poil aux pattes », le jargon interne ayant recours à des raccourcis expressifs). En irait-il de même avec certains livres... Désérable est incontestablement talentueux, et il signe un roman intelligent, au fond. Je confesse malgré tout ne pas avoir trouvé la force d’achever « Le Palais » (ce n’est pas bien, ça, je sais, je sais), comme si le vin du texte s’était naturellement éventé avec le temps de la lecture que tant de pages exigent, ajouté à une lassitude flirtant avec le bâillement. Aussi, en tel cas (et cela arrive souvent), on verse sans regret le verre dans l’évier et la bouteille à sa suite dans un lent glouglou caractéristique. Je pense finalement préférer le pastiche, le vrai, car il avance à visage découvert et signe un talent singulier. Un exemple me vient aussitôt, « Virginie Q. » de Marguerite Duraille (alias Patrick Rambaud) qui déglingua Duras en nous faisant éclater de rire à chaque page. Il est grand temps à présent de voir ce que ce Saint-Estèphe (photo ci-dessous) a dans le ventre – je n’ai plus aucun Bourgogne en cave actuellement (et c'est la silhouette d'une bouteille de Bordeaux qui figure sur le bandeau de couverture du bouquin), car il s’agit du second vin de l’emblématique Calon Ségur, troisième grand cru classé de son appellation médocaine. Le Marquis de Calon Ségur 2022 (58% de Merlot, 38 de Cabernet-Sauvignon, 2 de Cabernet Franc et 2 de Petit Verdot), issu d’une sélection parcellaire, élevé dix-sept mois « sous bois » (avec 30% de fûts neufs) ne trahit pas son ainé. On y retrouve le soyeux des tanins, l’élégance, la finesse, le côté gourmand et solaire du grand vin au célèbre cœur qui orne son étiquette. C’est concentré, structuré mais aussi espiègle au nez, déjà. J’y ai juste trempé mes lèvres et me suis aussitôt retenu, car une txuleta de bœuf galicien maturée comme il faut, achetée chez Zaporeak (Danxaria) lui sera proposée tout à l’heure. Et nous boirons bien, en excellente compagnie, ce qui naitra de cette alliance somme toute classique mais capable de bien des surprises, un peu comme à chaque corrida. L.M.

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  • En N&B

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    Vu deux films en noir & blanc cet après-midi et en ce début de soirée, car un vent fort m’empêcha de retourner en moto à la plage de La Petite Chambre d’Amour (Anglet). Soit un étrange, riche, inventif « Le Combat dans l’île » (1962), d’Alain Cavalier (réalisation et scenario), supervisé par Louis Malle, dialogues de Jean-Paul Rappeneau – excusez du peu, avec Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant, ainsi que Henri Serre, Diane Lepvrier et Pierre Asso. Et « Sainte Jeanne » d’Otto Preminger (1957) avec Jean Seberg révélée – c’est son premier grand rôle, elle est alors âgée de 18 ans. Et débute avec maestria.

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    Le casting était de 18 000 jeunes femmes, pas moins. Elle l’emporta. Sa coupe de cheveux à la garçonne aussi, qui la poursuivra chez Godard d’abord... puis chez Gary. L’intrigue du Cavalier est tortueuse mais limpide grâce à une réalisation d’une fluidité de torrent de montagne. Le méchant est un militant de l’OAS, devine-t-on, armé d’un bazooka qui rappelle des événements précis. Amoureux froid d’une divinité, Romy, son épouse, il préfère l’action terroriste, puis l’honneur, le panache – jusqu’à défier en duel son meilleur ami et meilleur traitre, car celui-ci lui « vole » sa femme tandis qu’il fuit à Buenos-Aires pour sauver sa peau et régler un compte au P.38. Quoi de plus naturel. Qui va à la chasse... Romy a vingt-quatre ans et une beauté qui n’a d’égale que l’assurance de son jeu d’actrice ferme, tendre, puissant. Trintignant est impérial, comme il le fut si souvent. L’histoire, l’intrigue dit-on commodément, mêle le vaudeville au drame, la douleur à la fidélité, l’abnégation au jusqueboutisme absurde. Jean Seberg en Jeanne d’Arc, mystique jusqu’au bout de ses regards infiniment touchants, signe, grâce à sa présence, le meilleur film – il y en eut tant sur le motif – au sujet d’un mythe ayant la peau dure... jusqu’au redouté bûcher des critiques, lequel fut dithyrambique à l’égard de Preminger et de sa divine découverte, Jean Seberg.

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    Je venais de voir « Symphonie pour un massacre » (1963), en N&B aussi, un Jacques Deray au petit point avec un jeune Jean Rochefort à contre-emploi dirions-nous à présent, et un Charles Vanel peut-être trop bonhomme. Ainsi que Michèle Mercier, José Giovanni, Michel Auclair et Claude Dauphin. Du haut-vol pour un thriller subtil à base de valises de biftons, de trahisons, de mensonges comacs, de trafic d’influence. Un excellent polar truffé de coups de feu qui date mais ne vieillit pas. Je m’apprête à voir à présent « Darling chérie » de John Schlesinger, conçu (en 1965) comme une ode à la magnifique Julie Christie. Encore une pellicule en N&B. Avec Dirk Bogarde et José Luis de Villalonga. Ce devrait être plus reposant. L.M.

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  • Inquiétude

    Il y a une poignée d’années, alors que je donnais mon cours de Presse écrite à mes étudiants de l’Institut européen de journalisme, à Paris, je fis une référence comme très souvent à un grand reporter archi connu, ce devait être Jean Lacouture ou Jean-Claude Guillebaud. Sentant que mon propos ne trouvait aucune résonnance, je m’enquis de savoir si ma trentaine de futurs journalistes connaissait l’homme dont j’évoquais les grands reportages. Je dus préciser l’époque, la date de naissance, le sujet des papiers. L’un d’eux me répondit : « On ne peut pas le connaître puisqu’on n’était pas nés ». Je faillis m’évanouir. Je répondais d’ailleurs aussitôt que je n’étais pas contemporain de Vercingétorix, mais que je savais qui il était, et que je pouvais résumer ses hauts faits d’armes. Cette réflexion giflée (philosophique, si l’on y réfléchit) m’a longtemps hanté. J’eus l’impression d’avoir touché du doigt le comble de l’inculture à l’aise avec son ignorance, l’arrogance de la bêtise à front de boeuf qui s'étale sans ambages, ce point de basculement où la honte de ne pas savoir n’existe plus (elle était pourtant présente quelques années plus tôt, lorsque, pris en défaut, mes étudiants venaient me voir à la fin de mes cours pour me demander une bibliographie ciblée afin qu’ils rattrapent leur manque de connaissances). Je savais, dès lors, qu’il y avait désormais plus grave que le Sida et le Covid (mais quand même pas que le terrorisme islamiste). Je désignais le nivellement par le bas, mon vieil ennemi, ajouterait Cyrano. Cela m’abasourdit tant que je me posai des questions quant à ma pugnacité à enseigner mes divers cours : Presse écrite, Culture générale, Journalisme en art de vivre, Histoire des médias. Je devins peu à peu démissionnaire à mon corps défendant, face à l’aplomb ignare qui me faisait front avec une certaine violence, de surcroît. Aujourd’hui, j’entends qu’une dinde fate au Q.I. d’huitre tiède et aux ambitions politiques démesurées (donc sans honte ni complexe, ni une once de pudeur, dépourvue d’amour propre et de savoir être) a prononcé la même parole à propos de ce que le canari que je n’ai pas, lui-même, aurait pu répondre intelligemment : De Gaulle, Pompidou, Giscard,  Mitterrand, c’est qui, connais pas ou à peine. « Je n’étais pas née ». On en est là. Pas loin d’un Delogu et sa monumentale connerie. Soit à regretter les années passées, la classe de certains représentants de la Nation, leur savoir, leur à propos, leurs traits d'esprit, leur culture générale ; leur talent. C’est affligeant, et bien pire. Inquiétant. « La marée montante de la bêtise » (Albert Camus) n’a pas fini de nous submerger. Opposons sans ambages notre savoir. Au moins pour tenter de dissoudre les trissotins, qui sont légion. L.M.  

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  • Joaquín Sorolla à Toulouse

    Capture d’écran 2026-09-08 à 22.09.00.pngAu cœur du somptueux Hôtel d’Assézat à Toulouse, l’exposition Joaquín Sorolla (1863-1923) est un enchantement. Il était temps que je m’y rende. Décrochage le 11. Ces œuvres du peintre de la lumière, « Jamais un pinceau n’a contenu autant de soleil », déclara Henri Rochefort en 1906 (c’est tellement vrai), extraites du musée madrilène inauguré en 1932 (provisoirement fermé) qui porte le nom de cet artiste de génie qui disait simplement « Quand est-ce que je peins ? - Toujours. Au moment même où je vous regarde et parle avec vous, je suis en train de peindre », nous donnent l’occasion de rêver des temps bénis, de ces personnages insouciants et libres, jeunes et bien nés, sur la grande plage de Biarritz, où il séjourna, ou sur les côtes espagnoles, pour n’évoquer que ces toiles à la tonalité marine. Les portraits abondent également. Et toujours, au sein de chaque toile, le souci de cette espèce de blancheur du soleil, d’illumination éclatante sans jamais être surexposée qui attendrit les visages, fixe les attitudes simples du quotidien, suspendent un regard, expriment une moue, soulignent l’expression forte d’une danseuse flamenca ou la mélancolie d’un enfant, ou  encore l’attendrissement d’une mère pour son nouveau-né. Ce fut un moment de bonheur, ce matin...

    RAMONES

    IMG_0456.jpegAssorti d'un déjeuner d'une exacte simplicité dans l'exécution juste de produits de haut-vol : d'excellents oeufs-mayo augmentés de miso (il faut toujours prendre les oeufs mayo lorsqu'ils figurent sur une carte), d'une joue de cochon catalan sur os, maïs grand roux en une sorte de polenta, couronnés d'une généreuse poignée de girolles poêlées, puis de figues rôties sur une litière crémeuse et granuleuse, avec deux verres de Gramenon, en blanc puis en rouge - ce en très charmante compagnie littéraire, poétique, hédoniste, complice, à l'enseigne de Ramones, au 22, rue de la Concorde. Détail qui me fait chavirer : c'est un post-it rose collé sur la porte en verre, avec écrit dessus au bic bleu Ramones qui désigne l'adresse. J'adore (pardon pour la photo qui est un chef-d'oeuvre de reflets). Le talentueux Biarrot Mikael Lecumberry est au piano et son double féminin connaît sa carte de vins nature - exceptionnelle - sur le bout des bouchons. On en redemande. L.M.

    Photos chipées avec mon téléphone :

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  • Il suffit, les suffisants !

    Hier matin, aux Arènes, après la novillada, vers treize heures, acceptant un verre au bar du Cercle Taurin Bayonnais, je tombe sur une connaissance avec laquelle j'ai travaillé jadis, qui m'aborde avec du miel flagorneur dans la bouche, ce que j'abhorre, assorti de malaxage de mon bras à tout bout de phrase, ce que je déteste. Je ne la reconnus pas tout de suite cette connaissance, car je ne l'ai pas vue depuis plus de vingt ans. Il a vieilli, le bougre, me dis-je, mais moi aussi. Aussitôt, sa logorrhée narcissique démarra sans demander la permission et largua son torrent de boue autosatisfaite comme un Canadair de l'eau au-dessus d'une forêt en flammes. Je ne suis pas en feu, mais calme. Je me dis alors, tout en acquiesçant poliment au propos inepte et soporifique, armé d'un sourire feint qui souhaite que l'interlocuteur démasque mon évident désintérêt et ma patience (j'ai été trop bien élevé), je me dis donc: ce mec est inguérissable et justiciable d'une cure quelque part... Il y a vingt ans, j'écrivais un texte ici même après l'avoir croisé au marché. Je viens de m'en souvenir. Je l'ai retrouvé ce texte. Je le reproduis ci-dessous. Rien n'a changé, tout augmente dans le mauvais sens. Misère...
     
    30 novembre 2006. LES SUFFISANTS
    J’en ai assez de croiser des gens satisfaits d’eux-mêmes, qui s’autoproclament exceptionnels, se félicitent tous seuls, s’envoient constamment des fleurs, s’écoutent parler, et ne sont jamais à l’écoute de l’Autre. Ils passent le plus clair de leur temps à cirer leur ego et à gérer leur misérable carrière personnelle. Ceux-là sont tellement sûrs de leur (maigre) savoir, de leur opinion (hâtive) sur tout et de leurs certitudes, qu’ils ne s’aperçoivent jamais combien ils sont pitoyables et agaçants. Ils effectuent un voyage immobile dans le paraître, qui va du miroir de leur salle de bains au déballage de leur absence de doute, à qui veut bien les entendre. Les écouter est au-dessus de mes forces. Ce ne sont même pas des sophistes, car pour l’être, il faut un certain talent –condamnable certes-, mais un talent quand même. Untel me sert une psychologie à deux anciens francs, en poseur, avec le ton emprunté d’un consultant, déclarant ce qui est bon pour moi. Un autre affirme à longueur de phrases, ignore la confrontation et la remise en cause, et s’imagine toucher au sublime en reproduisant du ringard. Celle-ci veut m’attirer dans le champ de ses convictions, au mépris de ma liberté de jugement. Celui-là prétend connaître tout de moi et s’invente une mission réparatrice à mes côtés, quand je ne souhaite que solitude et recueillement au bord de la mer. Ce manque de tact m’effare. L’autosuffisance et son cortège de négligence, d’irrévérence, m’afflige. J’ai le sentiment de ne croiser que des êtres boursouflés de narcissisme, des bouffeurs de ma liberté. Au secours Socrate, qui savait seulement qu’il ne savait rien ! Devenu avare du temps que je souhaite consacrer aux autres, je décide de ne plus prêter attention à ceux qui m’enquiquinent avec leur jargon, leurs leçons, leur être bouffi d’égoïsme et leur vide ; en somme. Je préfère la compagnie d’un mauvais livre à une rencontre qui sonne creux, et préfère aux deux, un paysage que j'observe tranquillement. Fuir, esquiver, me cacher des raseurs, ces parasites qui ne vivent qu’aux dépens de ceux qui leur servent de chambre de résonance. Je n’ai pas cette vocation, ni celle de perdre mon temps. La vie enseigne chaque matin qui se lève, qu’elle sera de toute façon trop courte pour pouvoir croiser tous ceux qui valent la peine parce qu’ils nous correspondent. Alors la paix ! Que ces gens, vilipendés ici, passent à côté de ce qui me paraît être une vie plus vraie –ou moins futile-, ne me gêne guère. Mais quand ils se transforment en pompes aspirantes posées en travers de mon chemin, ils constituent un délit d’entrave à ma liberté. Et je vois rouge, n’étant pas toujours à l’aise pour contourner l’obstacle quand il m’impose son indélicatesse, ni suffisamment leste pour sauter d’un seul bond par-dessus...
    Ces rencontres involontaires me font penser à Henri Calet, le délicat auteur des Grandes Largeurs et de Peau d’ours, ce journal intime qui s’achève, la veille de la mort de son auteur, par ces mots : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes ». Calet écrivit, en observant des célébrités à son corps défendant : « En quelle école enseigne-t-on ces manières de dédain ? Comment acquiert-on cet inimitable regard vide ? »…
    Voilà. Ce trente novembre bleu et (enfin) froid, comme j’aime les journées de novembre sur la Côte basque, m’a fait buter sur deux raseurs, en ville. Par bonheur, je suis parvenu à m’en défaire et à rejoindre la plage de la Chambre d’Amour, ma querencia entre toutes les querencias, où je parviens toujours à me laver du gris de la vie, sans le recours à un crawl dans les vagues, mais en contemplant ces filles de l’horizon qui meurent si bellement, le ventre creusé par un modeste vent d’Est. L.M.
     
    Je laisse le mot de la fin à Jean-Paul Belmondo et cette réplique célèbre extraite du film Un Singe en hiver, d'après le roman d'Antoine Blondin :

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  • La novillada sent le café

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    On les appelle novilladas puisque le novillero - futur torero, ou matador de toros, affronte des novillos, de jeunes toros (lourds, ce matin : de 465 à 480 kg, avec un trapio imposant et des cornes astifinas au berceau large). Jacques Durand, lorsqu'il couvrait la tauromachie pour Libé, écrivit un jour que les corridas du matin sentent le café et celles de l'après-midi le cigare. Ou plutôt sentaient le cigare, car plus personne n'ose désormais allumer un habano, de peur de s'attirer les foudres des ses voisins de gradins. Tout fout l'camp, je ne vous le fais pas chuchoter. Il convient, c'est la règle, d'arriver toujours en avance, histoire de prendre le pouls de l'ensemble, des abords, de la masse qui déambule, monter jusqu'au bar du Cercle taurin Bayonnais où l'on serre quelques mains et trinque avec una copita de Fino, pousser jusqu'au  patio de caballos. Il faut aller renifler l'atmosphère, la tension même qui se lit sur les visages des acteurs qui feignent de ne pas adorer d'être pris en photo. Il s'agit, rappelons-le, d'un boulot où l'on ne sait jamais si on rentrera à la maison ou au camion les pieds en avant en raison d'un funeste accident du travail. Alors à 10h45 ce matin, j'ai pris quelques clichés pour la énième fois, histoire de. J'aime particulièrement le regard du curé devant sa petite chapelle. Sa présence est tout aussi indispensable que celle du chirurgien taurin... Il fit une chaleur à crever. Le premier toro mit les gradins très dégarnis en joie, puis cela n'alla pas a mas, comme espéré chaque fois. Pour un peu, je baillais au sixième cornu du beau fer du Camino de Santiago. Le Catalan Mario Vilau exécuta une faena légèrement tremendista, mais sûre, précise, au registre varié qui ne sentait pas l'école et sa récitation, en commençant fort avec (photo) une larga afarolada de rodillas a puerta gayola. Victor, qui le suivit, et dont le toreo ne manque pas d'élégance, fut mal servi, et il déçut de toute façon, mais son second, le cinquième (no hay quinto malo) avait du gaz, bien qu'armé d'un défaut dangereux à la Miura, puisqu'il coupait ses charges déjà courtes en tournant la tête vers les jambes. Chaque pensionnaire de cet élevage tira la langue après la pique, sauf le sixième, et ce n'est pas une histoire de canicule, mais de manque de noblesse. Felix San Roman, si grand qu'on le verrait davantage sur un terrain de basket, est trop raide - on a envie de lui mettre un pschitt de W40 dans chacune de ses articulations. Résultats moyens. Piques mal ciblées dans l'ensemble, banderilleros cobardes ou myopes, qui plantèrent n'importe où, loin ou bas, ou encore de côté, lorsqu'ils parvinrent à le faire. Reste qu'une novillada est une splendide épreuve de vérité et une école d'humilité, même si ça envoie de l'esbroufe et de l'adrénaline à force de cris, de coups de nuque exigeants l'aplauso à tout rompre, de desplantes arrogants parfois. Nous pardonnons, évidemment. Parc que ces gamins à la silhouette d'anchois se jouent la vie pour se faire un prénom, ils ont laissé la peur à l'hôtel, leur mère n'est forcément pas assise en barrera ou sur un lointain tabloncillo à l'ombre, mais ils sentent encore le lait... L.M.IMG_0282.jpeg

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  • Rappeneau, Cyrano...

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    Jean-Paul Rappeneau est mort ce matin et j'ai par conséquent revu ce soir (pour la énième fois, mais puissé-je le revoir encore cent fois) Cyrano. Au-delà de la scène fétiche du Non, merci ! que j'apprends en dilettante par coeur pour un jour la prononcer devant un parterre restreint d'amis, il y a la définition du baiser (la tirade du nez est devenue trop convenue chez Rostand, à l'instar du Boléro chez Ravel), dont voici un extrait que chacun ne peut qu'affectionner les yeux fermés.

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    se respirer le coeur...