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  • Nu

    http://photosmotstoros.blogspot.com/

    Je recommande ce blog, trouvé par hasard en cherchant des infos sur le grand photographe Sebastiao Salgado, car il allie les mots, les photos et les toros.

    Photo de © Waclaw Wantuch
    http://www.waclawwantuch.comakt-102-103 copieblog ww.jpg

  • zou

    Il y a tant d'humilité forte et revigorante dans "Les Disparus", de Daniel Mendelsohn (J'ai Lu) que j'y passerai bientôt une bonne grande journée, et -pareil!-, tellement de talent dans "Petites épiphanies" de Caio Fernando Abreu (José Corti), mais, mais... Si peu de matière dans le raccoleur "J'aime" de Nane Beauregard (POL), une insipidité si confondante dans "Mon voisin" de Milena Angus (Liana Levi) -qui nous a habitués à mieux (relire "Mal de pierre", Poche), de l'humour tordant, chez la même éditrice, dans "Comment lui dire adieu", de la désinvolte Cécile Slanka, enfin, bon oui, d'accord, encore des choses à tirer des "Contrerimes" de Paul-Jean Toulet (Poésie/Gallimard ou GF), dont Frédéric Beigbeder m'a lu des extraits, chez lui, la semaine dernière (ça fait bien de l'écrire, nan?), et aussi une envie de relire, à haute voix, pour sa musique étrange, le mince et précieux "Archipel et Nord", de Claude Simon (Minuit) que quand même, ce soir, ce sera malgré presque rien, plateau-dvd. Zou.

  • supplément d'alma/d'alba à la Chorégraphie du désir

    http://www.deezer.com/track/rincon-de-los-amargos-solea-T632203

    Ecoutez ça à fond les ballons, les manettes ou à fond ce que vous voulez. Ou ne l'écoutez pas.

    Ce morceau-chair de poule fait écho à la note, ci-dessous pas très loin, intitulée "la chorégraphie du désir".

     

  • Tristes Tropiques

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    L'impression de relire les notes de Lévi-Strauss prises chez les Nambikwara, les Caduveo, les Bororo, les Tupi-Kawahib...

    Avec cette inextinguible amertume de feu, depuis mon retour...

  • La chorégraphie du désir

    C'est un papier que j'ai écrit à la demande d'ENJEUX/Les Echos, pour leur rubrique "Une passion, un écrivain". Cela parait aujourd'hui. En voici les premières lignes (la suite en kiosque).

    On dit du tango que c’est un sentiment qui se danse. Le flamenco, tesson de tragédie en travers d’une gorge éraillée, chante la douleur du monde et de l’amour. Il figure un éclat noir sous lequel on devine le sang et l’eau, le cœur et la sueur, le sein et le suaire. Un cri. Il se creuse pour cambrer la parole. Et le regard. Cette concentration, ce ramassé comme on le dit d’un félin prêt à bondir sur sa proie qu’il tient déjà entre ses yeux.

    Le flamenco offre à la fois chant, musique ou danse purs et ces trois arts entremêlés.
    Être flamenco, comme on naît torero : une façon d’habiter le monde. Les « coplas » (strophes), ces poèmes lapidaires andalous issus de l’âme gitane, incandescente, indomptable, fière, deviennent les paraboles de l’amour dansé : « Ton visage, c’est la Sierra Morena, et tes yeux, les bandits qu’on y rencontre ». Le flamenco est une ombre portée, un poignet cassé, un regard sombre, une cuisse dénudée. Il traduit avec douleur, dents serrées, la langue noueuse du corps à cœur : « Va et que l’on te tire dessus avec la poudre de mes yeux et les balles de mes soupirs ». Il y a un état d’esprit flamenco. Sur scène ou dans la rue, il ou elle danse en raclant le sol du bout des pieds, en chaloupant ses sentiments. Le corps prolonge l’esprit, obéit à un langage, à une gestuelle codés, sous ses allures rebelle, sauvage. Fauve…

    L’Andalousie, berceau du flamenco, aux origines gitanes, mauresques, de la « marisma », les marais de la plaine du Guadalquivir, l’a vu naître dans les quartiers anciens ou portuaires de Séville, Cordoue, Malaga, Sanlucar de Barrameda, El Puerto de Santa Maria. Dans quelques « pueblos blancos » perdus, aussi, entre des oliveraies infinies et un « campo seco » où tentent de paître des taureaux de combat. Villages juchés sur des collines aux courbes douces, sensuelles, qui recèlent des « tablaos » (bars chantants).

    A la faveur du hasard et de la bonne volonté de la Vierge noire de Séville, la Macarena, un soir, un groupe local improvise… un duende peut naître. Le duende est le but absolu du flamenco (inspiration et plaisir total à la fois. Le mot vient de dueño, le maître). Sorte de « saudade » portugaise, sentiment ineffable, transe, il surgit comme la grâce au carrefour des arts conjugués de la danse, de la musique et du chant. À l’improviste, dans la voix d’un « cantaor » entrant soudain en communion avec la danse. Il peut ne toucher qu’une seule personne, ou bien se répandre comme le feu. Dans le dépouillement du « cante puro », le chant pur, plus aucun son n’accompagne le chant. Ce « silence sonore », brisé par la voix, forme une plainte déchirante, un hymne à l’amour, à la mort. Le duende se recherche. Mais il faut le laisser venir, en réalité. Chacun l’attend, bien sûr, chaque soir de spectacle. Tout le monde l’espère (la langue espagnole s’avère formidable : esperar signifie à la fois attendre et espérer). « Tout ce qui a des sons noirs a du duende. Ces sons noirs sont le mystère, les racines (…). Le duende aime le bord de la blessure et s’approche des lieux où les formes se fondent dans un désir qui brûle…», disait Federico Garcia Lorca en citant un ami qui écoutait la musique de Manuel de Falla.

  • Chucho

    DSCF5452.JPGAu fond, en blanc comme toujours, Chucho Valdès.

  • Parrèsia

    Le mot grec parrèsia désigne le franc-parler de l'ami, le dire-vrai du confident, par opposition à la flatterie de l'hypocrite ou du courtisan.

    La parrèsia implique le courage de tout dire, au risque de déplaire, voire de fâcher.

    La parrèsia est aussi rare que la truffe blanche d'Alba dans une quincaillerie ou qu'une passoire en ferblanterie dans une banque de dépôt.

    John Lennon : "la vie c'est ce qui arrive quand on avait prévu autre chose".

    Marguerite Yourcenar : "Quand tous les calculs se révèlent faux, quand les philosophes eux-mêmes n'ont plus rien à nous dire, il est excusable de se tourner vers le babillage fortuit des oiseaux, ou vers le lointain contrepoids des astres". (Mémoires d'Hadrien).