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  • Tu joues dimanche...

    Extrait, de circonstance, de l'article Rugby de mon livre Le Sud-Ouest vu par Léon Mazzella (Hugo & Cie, novembre 2009) :

    images.jpg« Rugby, école de vie », lancent tous les clubs. Et c’est vrai. Le rugby forme, instruit le môme aux valeurs du don et de la fraternité, ainsi qu’à l’esprit de groupe, celui qui néglige le « moi je », si courant dans la vie quotidienne. Même si le rugby change, se professionnalise, il ne perd pas le fond de son âme. Il est certes révolu le temps où il ne rapportait que des poignées de mains et quelques confits de canard. Mais l’Ovalie demeure ce méridien de Greenwich insaisissable, dont le centre et partout et la circonférence nulle part. Le rugby est un pays de confins qui fiance les caractères, dissout les milieux et embrasse les classes. C’est un sport à part qui ne manque d’ailleurs jamais de classe. C’est le pays de l’amitié et du partage, de la fête et de la belle santé, des rires francs et des regards vrais.

    Une histoire drôle et émouvante en résume la philosophie : Manech et Beñat sont de vieux amis qui ont grandi ensemble. L’un est devenu l’instituteur du village, l’autre son curé. Le rugby les a soudés très jeunes. Ils ont partagé cette passion dévorante jusqu’au bout. Aujourd’hui, Manech est atteint d’une maladie incurable. Il demande, pas dupe, à son vieil ami d’interroger Dieu pour savoir si on joue au rugby de l’autre côté… Le curé interroge le bon Dieu toute la nuit suivante et revient voir son ami mourant le lendemain matin, porteur de deux nouvelles. Une bonne et une mauvaise. Manech ! La bonne d’abord : on joue au rugby de l’autre côté ! s’exclame-t-il. Le mourant sourit, béat, heureux, rassuré. Et maintenant la mauvaise, poursuit le curé : Tu joues dimanche…

  • La beauté

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    Buste d'Eve

    Détail de l'Agneau mystique,

    triptyque de Jan Van Eyck (vers 1430).

    Cathédrale St Bavon à Gand.

     

    merci au blog :  http://nicephore.hautetfort.com/ de m'avoir donné l'idée de cette note

  • Je ne pourrai pas passer te voir, Léon

    marilyn_monroe_7.jpgUn message de Marilyn, ce matin, au dos de cette photo, m'annonce qu'elle ne pourra pas passer me voir à la librairie bordelaise Mollat, cet après-midi, afin que je lui dédicace mon dernier bouquin.images.jpg

    Megan Fox, tombée en panne sur l'A10 (photo prise avec son téléphone, car je ne voulais pas la croire), sera absente elle aussi  -je le regrette sincèrement, a-t-elle ajouté sur son message...

    Comme il s'agit des deux seuls mots d'excuse qui me soient parvenus, je m'attends à une affluence record...


  • Jacques Durruty

    384a4f4e71_2.jpgIl n'était pas connu hors de ses frontières parce que celles-ci n'existaient pas. Mais à Bayonne tout le monde le connaissait. Jacques Durruty  vient de se barrer. Il a fini par capituler face à un crabe qui avait  établi ses quartiers dans son cerveau. Une saloperie déjà connue de nos services, puisqu'un semblable crustacé emportât mon père il y a trois ans, à quatre jours près. Jacques avait le regard droit comme une ligne de chemin de fer en perspective cavalière dans la forêt landaise, lorsque celle-ci ouvre le temps et creuse l’espace. Sauf que Jacques ne divisait rien et unissait tout ce qui lui semblait agréable et agrégable : les gens, les genres,  les émotions, les vins avec les plats, les mots avec les sentiments, l'entre-temps avec la fumée d'un havane. Jacques le généreux, dont le bouc mousquetaire était constamment prolongé d’un corpulent puro, n'aimât jamais du bout des lèvres. Il a aimé  d'une passion calme, d'une sincérité profonde et d'une conviction aguerrie, sa femme Sissi, l’Amitié, Bayonne, le rugby, Séville, les toros de verdad, le piment de la vie. Il détestait les tristes au sens large, les francs comme des ânes qui reculent, la pluie, les arènes vides et les civettes fermées. Jacques avait le verbe rare, car il observait comme un paysan. Il aimait soupeser et ne se hâtait jamais de conclure. Quand quelque chose le faisait chier, il disait ça me fait chier. Non, mais -réfléchissez un instant-, cela devient rare. Et lorsqu'il appréciait un truc, il le faisait vraiment savoir. J’ai toujours vu les rides de ses yeux exprimer un sourire dispersé en pattes d'oie, qui ne disait jamais je me force. Ces lignes éclairaient son visage d’un halo de bonté, mais pas à la manière de Robert de Niro dans un rôle de composition. Jacques ne jouait pas, il aimait. Nous avions confiance. Ce soir, je fume un  Gigante, le double corona de Ramon Allones. Pour lui.

     

  • l'ève future

    Portrait-Sepia-1-4315.jpgCesare Pavese :

    La mort viendra et elle aura tes yeux.

     

    Henri Calet :

    Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.

     

    Paul-Jean Toulet :

    Vénus hait le soleil. Sous le couvert éclose,

    Jadis à son coeur noir m'enivrait une rose.

     

    Toulet, encore :

    Mourir non plus n'est ombre vaine.

    La nuit, quand tu as peur,

    N'écoute pas battre ton coeur :

    C'est une étrange peine.


    Peinture de Berdugo (voir son site sur : blogs amis)

  • l'amoureuse ensucrée

    son visage est enfoui

    dans les présages de l'aube

     

    là où vont boire les lynx

     

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    © L.M. Femmes de soie.