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  • Ciao Willy

    willy.jpgUn géant s'en va.

    Willy Ronis avait 99 ans et, selon ma soeur Pascale, qui le connaissait bien, une pêche à tout casser, là, encore...

     

  • Y rentrer, dedans

    Vous-je-sais-pas-mais-moi, le dernier roman de Laurent Mauvignier, dont j'attendais beaucoup (Des hommes, Minuit), me désole. Je n'arrive pas à y entrer-dedans, comme on entend dire souvent, à propos des romans. De rentrée ou non, d'ailleurs. Je préfère me jeter dans la bio de Flaubert que Pierre-Marc de Biasi (qui doit en être à son septième ou huitième livre sur l'auteur) publie chez Grasset (Une manière spéciale de vivre). Ca foisonne dès les premières pages, ça trucule, ça (se) bouscule, ça me parle. Davantage que le Duras, toujours, compil. d'articles de Dominique Noguez mini-15-11.jpgconcoctée par Laure Adler pour Actes Sud, qui me coud les lèvres. Me cause bien plus Etre heureux avec Spinoza, de Balthasar Thomass (Eyrolles), car c'est un paquet d'érudition jouissive qui ne se la joue jamais : j'adore! Il y a un côté vin naturel, façon Anticonstitutionnellement, cuvée de grenache blanc des Sabots d'Hélène, un vin de pays signé Alban Michel (ça ne s'invente pas), avec du gras, du trouble, voire de l'opaque à l'oeil (il ne manque que les poissons rouges, dirait l'ami Christian Authier) et une belle longueur fruitée en bouche (le nez est pauvre, nothombien : un parfum de fruit surmûri)... Cette manière humble et sûre, de décortiquer L'Ethique, de Spinoza, est infiniment séduisante. Je souligne presque à chaque paragraphe! Comme je me régale du grenache blanc précité à chaque gorgée. CQFB (ce qu'il faut boire) -Et Lire (des fois)...

  • LE t-shirt

    tee-shirt-despelette-housewives-L-1.jpeg.jpgDevant un si brillant humour (basque), respect...

  • Le chenin dans "Le Monde"

    Dans M, le mensuel offert avec Le Monde, qui paraît aujourd'hui à Paris et demain en province, paraît ma chronique vins, anglée cépages, consacrée au chenin...


    LE CHENIN BLANC, AU FIL DE LA LOIRE

    Les vins du Nouveau monde sont en majorité de monocépage et ceux d’assemblage sont l’apanage de l’Europe. Mais la tendance mondialiste est aux premiers. De nombreux vignerons Français, Espagnols, Italiens se sont mis à produire des vins issus à 100% d’un seul cépage. Le consommateur ne s’en plaint pas, qui trouve là une simplification à ses choix et une meilleure lisibilité gustative : goûter un monocépage, puis d’autres, permet de mieux identifier les raisins, donc les vins entre eux et de mieux « comprendre » les vins d’assemblage et leurs pourcentages complexes de cépages. Le connaisseur et l’alchimiste de la vigne voient dans cette approche monolithique d’un produit magique, une uniformisation du goût et la disparition progressive du travail minutieux du vigneron, qui élabore des vins comme un tableau à partir d’une palette variée. Mais à y regarder de près, nous découvrons que de nombreux vins français sont des vins de monocépage par nature, et pas des moindres. Parmi les meilleurs du monde, La Romanée Conti est un pinot noir et Petrus, un merlot à 95% !

    En Loire, région viticole de premier plan, la plupart des vins sont ainsi issus d'un cépage unique : melon de Bourgogne (autre nom du muscadet) en Pays Nantais, chenin, cabernet et gamay en Anjou, Saumur et Touraine. C’est aussi le cas du sauvignon (blanc) et du pinot noir (rouge), rois en Touraine et dans le Centre, même si l’éventail est riche de cépages marginaux comme les grolleau, pinot meunier, pineau d’Aunis (ou chenin noir), gamay de Chaudeney en rouges, et saint-Pierre, romorantin, arbois, auvergnat gris, folle blanche (ou gros plant), tressalier et malvoisie (plus connue sous le nom de pinot gris) –pour les blancs.

    Prenons l’exemple du chenin blanc, appelé aussi pineau de la Loire, cépage principal en Anjou-Saumur et en Touraine car, sec, il escorte à merveille une volaille rare et raffinée comme la Géline de Touraine.

    Originaire du Val de Loire, le chenin, apparu au IXème siècle à l’Abbaye de Glanfeuil et s’appelait plant d'Anjou. Rabelais popularisa son nom actuel à partir du XVIème siècle*. Cépage tardif, il excelle sur les terroirs ligériens, s'adapte à merveille aux différents microclimats et permet l’élaboration de vins blancs secs racés. Ses capacités sont larges : à la fin de vendanges, lorsque le champignon appelé « pourriture noble » en Sauternes, botrytis cinerea, attaque les baies ou qu’intervient naturellement un passerillage, soit un dessèchement des raisins sous l’effet du soleil et du vent, le chenin –qui produit par ailleurs des pétillants, donne naissance aux grands vins mœlleux et liquoreux du Val de Loire : les vouvray (« vin de taffetas », selon Rabelais), bonnezeaux, quarts-de-chaume, coteaux-de-l’aubance, coteaux-du-layon, montlouis…

    Le chenin, pourtant attaché aux sols calcaires (le tuffeau de Touraine), voyage bien et donne des vins avec des bonheurs forcément inégaux, selon les terroirs où il a été implanté. Il se développe moins bien en Argentine qu’en Australie et en Nouvelle-Zélande, vieillit mal en Californie, prospère dans la province du Cap, en Afrique du Sud, où le steen (son nom vernaculaire), sert à tout, y compris à élaborer xérès, portos et cognacs locaux.

    Pourvu d’une bonne acidité qui masque son sucre résiduel, le chenin, plus floral que fruité, assure une fraîcheur salutaire en bouche et possède des arômes de miel, de coing, de fleurs blanches, d’acacia, d’herbe coupée et de paille. Les vins des appellations savennières et la célèbre Coulée de Serrant sont issus exclusivement de chenin blanc. Ces vins d’exception prouvent à eux seuls les grandes qualités d’un cépage singulier qui continue de donner le meilleur de lui-même sur sa terre natale.  ©L.M.

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    *Le cépage se développa à partir de 1445 chez l’abbé de Cormery, à Mont-Chenin, d’où son nom.

    Voici un choix de jeunes vignerons avisés, audacieux, qui jouent la carte de l’agriculture raisonnée en biodynamie avec succès :

    Anjou

    Coteaux du Loir et Jasnières

    Eric Nicolas joue l’expression totale du chenin sur son Domaine de Bellivière (www.belliviere.com), en proposant à la fois des secs racés : Effraie (Coteaux du Loir) et Calligramme (Jasnières), un blanc tendre original : Les Rosiers (Jasnières), un demi-sec, Vieilles Vignes Eparses (Coteaux du Loir), un moelleux puissant : Haut-Rasné (Coteaux du Loir),  et un liquoreux d’exception : Elixir de Tuf (Jasnières).

    Saumur blanc

    Thierry Germain, du Domaine des Roches Neuves (www.rochesneuves.com), célèbre pour ses Saumur-Champigny rouges (Domaine, Terres chaudes, La Marginale), propose un excellent Saumur blanc, Insolite, issu de chenins de plus de 85 ans.

    3323334476_d8165eb0f8.jpg

    Touraine

    Montlouis

    Valérie Mordelet et Jean-Daniel Kloeckle, au Domaine Les Loges de la Folie (www.les-loges-de-la-folie.com) semblent s’amuser en produisant de grands montlouis secs, minéraux et frais : La Nef des Fous, des liquoreux : Sucre d’Ange, des « fines bulles » : Perles Rares. Et aussi Le Chemin des Loges, sec, demi-sec ou moelleux selon les millésimes, ainsi qu’un intéressant vin de table, Jalousie. Un seul rouge : Velvet, dans une région qui n’en produit guère.

    Coteaux du Layon

    Christine et Joël Ménard, au Domaine des Sablonnettes (http://lessablonnettes.free.fr), outre leurs rouges (Les Copains d’abord, et Les Copines aussi), produisent de précieux liquoreux d’un bon rapport qualité/prix, issus de vieilles vignes : Fleur Erable, Noblesse, Les Erables, Le Champ du Cygne, Bohême, Le Vilain Petit Canard.


    © L.M.

  • Le vin se dévergonde dans VSD

    Dans VSD paru ce matin, mon papier intitulé LE VIN SE DÉVERGONDE, pour parler un peu de ces vins naturels qui ne se prennent pas la tête, qui ont un packaging rigolo et qui sont sacrément bons!

    Leurs étiquettes décoiffent : graphiques, chics, drôles avant tout, elles signent de surcroît de bons vins.

    Fini les étiquettes guindées avec croquis de château, police à l’anglaise, commentaires ronflants et passe-partout sur la contre étiquette. Aujourd’hui, la tendance est à l’humour, au graphisme, au jeu de mots, voire à la gaudriole, à la libre création (en respectant les paramètres obligatoires devant figurer sur l’étiquette). C’est la rupture radicale avec des codes devenus ringards. Ce vent de créativité dépoussière un monde strict qui s’enlisait dans un packaging qui ne disait pas le plaisir, mais plutôt le solennel, le sacré. Or, le vin (consommé avec modération) doit rester un plaisir, sans prise de tête. L’apparition de cette valse d’originalité ne signe pas la consécration du buveur d’étiquettes. Au contraire. La plupart des vins new look sont de bons plans. Certains sont déjà des stars respectées. Chante coucou, d’Elian da Ros, en Côtes du Marmandais, par exemple, ou Claude Courtois, à Soings, en Sologne, avec Les Cailloux du Paradis. Ou encore La Pie colette, un côtes de Duras signé Catherine et Jean-Marie Le Bihan. Et la somptueuse gamme du Domaine Gramenon, de Michèle Aubery-Laurent à Montbrison, dans la Drôme : Poignée de raisin, La Mémé, La Sagesse, Fin septembre, La Sierra du Sud...

    3322493247_5edbd17a1d.jpgLa palme du vin le plus dévergondé (et bon à la fois) revient à Pascal Simonutti, du Domaine du Pré Noir, en appellation Touraine Mesland : On s'en bat les couilles! Vin de bagnole (ou) Boire tue. (un seul vin, mais deux étiquettes au choix).

    Parmi les noms de vins les plus originaux qu’il nous a été donné d’apprécier, citons, pêle-mêle : Dessine-moi un mâcon, Entre chiens et loups, Pour un peu de tendresse, La Glacière à Ferdinand, Grain de peau, Délit d’initiés (fronton) et Délice d’initié, Sang chaud, Le Blanc de Marie, Renard des Côtes, 20 de table, Le Rouge qui tâche (et) Le Blanc qui tente, Le coup de pied à la lune, French wine is not dead,Vent d'Anges (et) L'Ange et l'Hic ; et enfin les excellents Eloge de la Paresse et Eternel antidépresseur, de la cave coopérative de Castelmaure, en Corbières (les « coopé » s’y mettent aussi).

    Ces vins ont tous en commun d’être élaborés par de jeunes vigneron(ne)s très pros : si leur packaging est rigolo, leur travail est sérieux. Ils se rencontrent surtout dans les Côtes du Rhône, le Languedoc-Roussillon, la Loire et l’Alsace.

    Leur production signe le retour des (vrais) vins, au goût de raisin : vins de copains, vins de soif, 3322499815_da3f4b9493.jpgvins canailles, ce sont avant tout des vins naturels. La plupart sont élevés en biodynamie et ne sont donc non filtrés et non soufrés. Ces nouveaux vignerons se fichent des règles drastiques de l’Institut national des appellations d’origine (Inao), qui décide des cépages (et des volumes) selon les régions, préférant « jouer » avec les assemblages et se passer d’une Appellation d’origine contrôlée (AOC). Ils sont ainsi, parfois (dé)classés en « vin de pays » ou en « vin de table ». Cela est vécu comme un gage de liberté, qui n’obère pas un succès grandissant : par chance, la confiance du consommateur ne se limite plus à un mot prestigieux (bordeaux, par exemple), inscrit sur une étiquette, mais davantage au discours relais de leur caviste ou au bouche à oreille. Et via les bistrots à vins et autres brasseries qui les proposent avec enthousiasme. ©L.M.


  • moutons

    pascal-quignard.jpgC'est incroyable le nombre de personnes qui n'ont acheté que deux livres, cette rentrée : le Ndiaye et le Mauvignier, plus, éventuellement, un ou deux autres, comme le Quignard  (photo) ou le Zafon (d'ailleurs j'en fais partie). Plus fou est le nombre de ceux qui lisent le Beigbeder : j'en vois partout dans les transports en commun, et ça me rend jaloux !

  • canard-vin-négrette

    photos-humour-vaches-chevaux-9_oir.jpgFormidable, la négrette 100% dans un flacon de fronton* 2008 du château de Bouissel!

    Mention spéciale à Thibault de Plaisance 2006, château Plaisance, en Fronton (70% négrette, 25% syrah, 5% cabernet sauvignon).

    Et encore mieux : la demoiselle, les coeurs et l'aiguillette sur l'os, de canard (et son escauton de maïs), d'Alain Dutournier au Trou gascon, pour escorter Délit d'Initiés, un autre fronton (château Laurou, 2008), 100% négrette lui aussi : puissance et rondeur, finesse et corpulence, élégance et rusticité. J'adore (la photo illustre d'une certaine façon, l'effet que cela peut faire, en bouche).

    *lou vignoble toulousain!

  • Despreciado

    Outre la corrida attendue de Victorino Martin, dimanche prochain à Dax, il se murmure que le numéro 41, du fer Victoriano del Rio, et qui ne répond pas au nom qui lui a pourtant été donné, de Despreciado, serait extrêmement vif, leste et large du berceau.

    Si l’on s’intéresse davantage à lui qu'aux cinq autres toros du même lot, c’est qu’en matière de tauromachie, la famille, ça compte : DSC00809_2.JPGc’est la vache qui fait les toros et son sang -donc ses qualités et ses défauts-, circule également dans les veines de ses petits.

    Or, Despreciado* est le frère de Desgarbado, le fameux toro qui fut gracié sur le sable de Dax l'année dernière.

    Et, par les temps qui courent, l'indulto (la grâce du toro pour son excpetionnelle bravoure) est devenu un mythe accessible : ici et là, on brade, en ôtant toute la magie du Graal et tout le mystère du duende dans le même bain.

    A suivre…

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    *A noter qu'il y avait déjà un Despreciado l'an dernier, jour de l'indulto, qui fut sifflé à l'arrastre.

    Photo : A porta gayola, arènes de Puerto de Santa Maria (LM)

  • Septembre à Bayonne

    200909052000_zoom.jpg

    Corridas : El Juli -seul contre six toros de trois élevages différents-, magistral, mûr, un brin esbrouffeur, samedi, mais porteur d'un toreo de verdad. Le lendemain, des figuras (Castella, Ponce) mais pas de toros pour donner le change : ennui. Oublions le fer Valdefresno, s'il vous plaît. Heureusement, il y avait la douceur de septembre sur la Côte basque, les chipirons devant l'Océan au Port-Vieux, le superbe repas d'après match, de Gorka à Xakuta (l'Aviron avait atomisé Bourgoin à Jean-Dauger, entre 15h et 17h. Du Derby : ça compte pas, ou peu. IMG_1825.JPGOn recausera samedi à Anoeta contre le BO). Les chipirons, encore, de Txotx, une certaine movida souple, entre nosotros, dans l'air, dans les rues, dans les regards, qui n'a cours qu'ici, juste après la rentrée. Un truc à part, que Nîmes et même Séville envient. Enfin, je veux le croire.IMG_1818.jpg

     

    El Juli, Bayonne, samedi. Photo © La Dépêche.

    L'Adour, dimanche matin.

    Et cette étrange affiche, sur les quais en bord de Nive...