The barefoot contessa
Revoir La Comtesse aux pieds nus et rêver d'Ava. Un grand Manckiewicz. Très grand. Subtil dans ses dialogues, fin dans ses plans, délicat dans ses travellings, jamais appuyé sur les plans rapprochés. Magnifique.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
Revoir La Comtesse aux pieds nus et rêver d'Ava. Un grand Manckiewicz. Très grand. Subtil dans ses dialogues, fin dans ses plans, délicat dans ses travellings, jamais appuyé sur les plans rapprochés. Magnifique.
Nous avons évoqué ici même les deux précédents ouvrages de Sylvain Tesson, infatigable marcheur, travel-writer, loup solitaire constamment into the wild, sorte de Walden (de Thoreau), d'homme ayant recours aux forêts (selon Jünger), de Jack London de tous les horizons possibles, un écrivain du grand dehors, héritier de Chatwin, Théroux et Bouvier. Nous avions loué les qualités de son "Petit Traité sur l'immensité du monde" et de son "Eloge de l'énergie vagabonde". Paraissent ses "Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages" avec de délicates illustrations bleu nuit, noir et blanc de Bertrand de Miollis (les trois aux éditions des Equateurs). Ce sont des pensées ultra-courtes, entre le haïku et le mot d'humour, le calembour et le fragment à la Jules Renard (dans son Journal). Toutes ont trait à la vie sauvage, loin des hommes et de ce qu'ils (dé)font de la planète en jouant dangereusement avec elle.
Le livre ouvre avec celle-ci : La mer : un coeur qui bat entre deux côtes. A chaque page, une trouvaille tendre, séduisante : Un paysan ignorant dans un champ cultivé... A quoi rêve un sage endormi dans un champ d'herbes folles?.. Idiot du bocage : sot de haies... Boire du thé fait pisser le temps... (c'est bien vrai!). Ce n'est pas en les coupant qu'on rendra meilleures les mauvaises herbes... Un fruit de la Passion rêvait de rencontrer un buisson ardent... La mer est la descente de lit des fleuves... Le courage n'existe pas : même le soleil se couche... Une régate de femmes voilées sur le trottoir d'une ville d'Islam... La ville : gueule de bois des hommes ivres de nature... Le Marais est un quartier chic où vivent les vanneaux huppés... On ne rempote pas une jeune fille en fleur... Voyage organisé : oxymore... J'aimais flâner avec elle. Sans "L", je fâne...
Et beaucoup d'autres comme celles-là, glânées au hasard. Lisez Tesson, et faites passer.
Son possible retour parmi les Bleus, à l'occasion de la tournée en Australie, en juin prochain, se dessine au silex et au charbon sur les parois de Marcoussis, caverne arverne.
Lièvremont l'a laissé entendre.
Chabal revient, Ileana.
C'est mieux que Jésus!
C'était l'enclos des chiens-loups utilisés pour monter la garde, pour la chasse, et principalement pour les chasses des hommes (...) Un jour arriva un convoi dans lequel se trouvaient des petits enfants. Le commandant du camp ordonna de les déshabiller et de les pousser dans l'enclos. Les enfants furent dévorés aussitôt, apparemment, car nous n'entendîmes pas de cris. Et cela devint une habitude. (pages 90-91)
Nous avons l'habitude d'entourer les grandes catastrophes de mots afin de nous en protéger. Les premiers mots de ma main furent des appels désespérés pour trouver le silence qui m'avait entouré pendant la guerre et pour le faire revenir vers moi. Avec le même sens que celui des aveugles, j'ai compris que dans ce silence était cachée mon âme et que, si je parvenais à le ressusciter, peut-être que la parole juste me reviendrait. (page 127)
Lisez Histoire d'une vie, d'Aharon Appelfeld (L'Olivier), livre essentiel.
André Gorz écrivit également cette dédicace à Dorine, son amour, sur un de ses livres (Le traître) :
A Toi dite Kay
Parce qu'en étant
Toi tu m'as donné
Tout, y compris
Je.
Une si forte déclaration rend jaloux.
De ne l'avoir pas trouvée soi-même.
D'en n'avoir pas fait don...