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  • Eaux

     
    Le départ du ferry du soir, île de Paros, Grèce,  juillet 2007. ac0622ada8b52494a4a55b7db24e8334.jpg
     
    Le verre de retsina du soir, à l'heure du ferry, île de Paros, juillet 20071b32ccae4463a8a7ab8587def355e58c.jpg
    Plage normande au tracteur, non loin de Sainte-Marguerite, printemps 2007 
     
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    Le coin-coin du bigmac, Normandie, printemps 2007
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  • la mante

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    Que faisait cette mante religieuse sur le perron de la terrasse, à Bayonne, le 2 novembre dernier, à l'heure du café? Elle resta ainsi statufiée, s'eut voulu mimétique pour accentuer sa défense. Je pus donc la photographier comme on photographie une énigme. Un fantôme hiératique sorti d'une pièce de Shakespeare revu par Peter Brook. Un boxeur préhistorique ignorant qu'il personnifie l'élégance, aux yeux amis.

  • Mon goût de sud-ouest

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    C’est une question de nature. Et de culture. Une affaire viscérale, accrochée, comme le coquillage au rocher.
    Là où l’esprit souffle avec les vents, le souci de bien réussir ses jours et ses nuits fleurit et fait des petits. Le Grand Sud Ouest qui va de l’Atlantique à la Méditerranée en s’adossant aux Pyrénées et en ne remontant pas au-delà du raisonnable, souffle partout. Ca rentre dans chaque pore et ça sourit sur chaque lèvre. Et c’est communicatif, comme le fou-rire. Ici, on aime la vie et elle nous le rend bien. D’aucuns appellent cela « l’art de vivre ». Réducteur. Ici, chaque femme, chaque homme est un artiste de cette alchimie. Qui procède de ce que l’on reçoit. Cela vient de l’air, du temps, du paysage, de tout ce que les cinq sens prennent et gardent parce que c’est bon. C’est aussi une propension naturelle à se sentir en accord avec les couleurs, les produits, les sons, les saveurs, les lumières, la générosité, le sens de la fête, le rire, l’accueil. La beauté surtout. Le culte du bien-être ne demande aucun effort par ici. Ce n’est pas une gymnastique
    mais plutôt une respiration. Une marque de fabrique. Chaque matin qui se lève est une promesse de bonheur et de distance raisonnablement tenue avec les spectres empoisonnants de l’existence... Quand je suis sur place, ma légitime ambition est de prendre ces pays à bras le corps et la tronche. D’embrasser tout ce qui fait le sel de la vie, au sud de la Loire, laquelle coule de source. C’est quoi, ce sel de la vie? –C’est la nature, les paysages, les arts, l’histoire, l’architecture et les sports, la littérature comme les passions de chacun, de la star locale à l’inconnu célèbre. C’est autant la gastronomie que le surf et la palombe, les granges à retaper, la vigne à tailler et les quais à aménager, c’est un peintre taurin, la poésie d’une rue le dimanche, un festival, une foire, un marché, un portrait, une recette, une vue de l’esprit, un bouquet de talents… C’est le regard vrai surtout, car cette terre est faite des femmes et des hommes qui l’habitent. De l’intérieur. L.M.
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    Photos : ©Marine Mazzella. 

  • je t'aime

    Le lui dire

    b67aa65d37b8e95d2a2b1de8ad5ad479.jpeg Ne pas tout dire, mais suggérer. La littérature, dont c’est l’obsession originelle, n’a jamais fait autre chose pour exprimer l’amour. Dire et redire je t’aime de façon toujours différente est l’une de ses marottes. La déclaration d’amour en devient un genre. La poésie en témoigne, qui ne se trouve pas que dans le poème, mais occupe aussi le terrain de la prose. Il y a dans chaque déclaration d’amour un souci de fulgurance, de foudre, d’impact. « L’annonce faite à », doit frapper, car elle a l’ambition de ferrer, et de durer.
    Ambiguïté de l’amour : le mot latin « amor » décrit à la fois le désir charnel et l’aspiration spirituelle ; et révèle ainsi la source même de ce qui nous bouleverse.
    Omniprésence de l’amour :  même les textes sacrés en sont empreints. Le Coran infuse sa sensualité dans la poésie amoureuse, la Bible célèbre le désir érotique dans le Cantique des cantiques.
    Absolu de l’amour : le chant courtois des troubadours, le chant profond de la « copla » andalouse, cherchent obstinément l’amour pur.
    Plus généralement, la littérature internationale, intemporelle,  ne recréée qu’une seule et même chose : l’aveu qui cloue, qu’il exige une ou 800 pages d’approche !
    Parce qu’il y a mille et mille façons de le lui dire, l’imaginaire de l’écrivain trouve, depuis l’invention de l’écriture, un inépuisable sujet dont la beauté parfaite est toujours à venir.
    Toute déclaration, tout « dit d’amour », suggère l’éternité, sinon ce n’est pas un serment d’amour. L.M.

    Introduction à « Les100 plus belles déclarations d’amour », choisies par Florence Pustienne (fitway). J'ignore d'ailleurs si on peut encore trouver ce petit bouquin.

  • Ca me laisse rêveur

    L’avantage du tantrisme, c’est de cultiver la rétention pour sublimer le plaisir. Ce n’est pas seulement faire en sorte que ça dure le plus longtemps possible (ce qui est déjà une fin en soi), mais de faire de la sexualité un aventure spirituelle. C’est d’une extase amoureuse qu’il s’agit, par d’une technique de performance. Le tantrisme vient de l’Inde ancienne, tantra signifie tissé ensemble : le couple ne connaît pas de dominant. Partie du Bouddhisme tibétain, le tantrisme est fondé sur la maîtrise de soi. L’homme y apprend notamment l’orgasme sans éjaculation. Le but est d’atteindre un nirvana sexuel, en poussant le désir jusqu’aux extrémités. Cet érotisme paroxystique procure aux initiés des plaisirs incroyables, à côté desquels nos orgasmes occidentaux paraissent bien instinctifs. Mais le tantrisme est une doctrine qui va bien au-delà de la sexualité : proche du yoga, il s’agit d’une philosophie complexe, avec ses dieux fondamentaux : Shiva et sa déesse Shakti (qui signifie énergie). Ombre et lumière, création et destruction. L’initiation au tantrisme polit l’ego, pacifie le mental, pour parvenir au maïthuna, le rituel de l’union sexuelle sacrée. Retiens-moi !.. LM



  • El Cid

    il y a des matins marshmallows où je me sens prêt à lire ou à entendre ce genre de choses... 

     

    Un lépreux : Merci Seigneur El Cid.
    Rodrigue : Tu sais donc comment on m’appelle?
    Le lépreux : Il n’y à qu’un seul homme en Espagne qui puisse humilier un Roi et faire boire un lépreux à son outre.

    (…)

    Chimène : Rodrigue, pardonne-moi. Veux-tu m’emmener avec toi ?
    Rodrigue : Mais je  suis un proscrit désormais, et je n’ai nulle part où te conduire.
    Chimène : Mais nous serons ensemble. Nous ne serons pas nulle part.  Je t’aime Rodrigue.  Je t’aime…

  • Haïku, le blog ami

    Nous y prélevons ceci (*) ce matin, comme on cueille une primevère à l'épaule d'un talus. La sensibilité de son auteur semble n'avoir aucune limite. L'enchantement qu'il nous procure, à nous lecteurs, nous rend soudain plus délicats, ralentit nos gestes et nous incite tout à trac à regarder ce que nous ne faisions que voir l'instant d'avant. J'aimerai toujours la littérature pour la magie qu'elle engendre instantanément, sans jamais nous prévenir. 

    (*)

    "Je réfléchis mieux
    La tête
    Entre tes seins"

     

     

     http://aliquante.hautetfort.com/

     

  • Anna Karénine

    d80fb100595a08c2f58489e2ddeb96dc.jpegVronsky et Anna ont désormais une liaison adultérine… Chapitre XX.
    « Anna s’étant donnée à lui par amour avait droit à tout son respect autant et plus que si elle eût été son épouse légitime ; l’estime la plus haute à laquelle une femme pût prétendre, il la professait pour elle et se serait fait couper la main plutôt que d’y attenter par un mot, voire par une simple allusion. Chacun pouvait soupçonner sa liaison, nul devait se permettre d'en parler : autrement il eût contraint les indiscrets à se taire, à respecter l'honneur de la femme qu'il avait déshonorée. Quant à la conduite à tenir  envers le mari, rien n’était plus clair :  du jour où Anna l’avait aimé, lui Vronski, ses droits sur elle lui semblaient imprescriptibles. Le mari n'était plus qu'un personnage inutile et gênant, position peu enviable sans doute mais à laquelle nul ne pouvait rien. Le seul droit qu'il lui restât était de réclamer une satisfaction par les armes, que Vronski était tout prêt à lui accorder,  »
    Ca a vraiment de la gueule…

  • Lire en train

    Reportage aller/retour à Cahors sur la truffe noire (Tuber melanosporum) selon Pébeyre, pour Maisons Sud-Ouest. L’occasion, à bord des Corail Teoz qui s’arrêtent partout en Corrèze, de lire, lire…
    Malgré ma ténacité, ma pugnacité, mon entêtement à vouloir savoir pourquoi des Michon placent Si je t’oublie Jérusalem - Les palmiers sauvages, et Absalon ! Absalon ! de Faulkner (les deux dans L’Imaginaire/Gallimard) au-dessus de tout, je me suis cogné les opus du zozo du Deep South. Alors il y a des débuts de chapitres à photocopier et à afficher dans ses chiottes, devant soi assis (tellement c'est beau : je me suis surpris à relire certaines pages à haute voix entre Vierzon et Limoges. C'est dire!). C’est net. Mais il y a aussi, surtout, je trouve, des passages longs comme un jour sans vin et qui relèvent de la littérature Dupont d’Isigny : ça colle aux dents. Voire de cette prose fétide qui renifle le tirage à la ligne, ce creux qui est là pour remplir, comme si le gonze était payé au signe près, par Life. J’ai baillé. Donc ça ne fait pas deux livres. Ni un. Ni nada.
    Jubilatoire est Une gourmandise (folio), de « la » Barbéry  (Muriel) dont le si élégant hérisson, qui flirte avec les 700 000 ex., cloue le bec à tous les jurés de tous les prix de l’hexagone, avec la toute puissance -et il vous emmerde tous- du bouche à oreille. Aux orties le marketing, l'astrologie littéraire et les pronos à la con. On rigole (*).  Ce subtil, audacieux, judicieux et superbe éloge du goût , de la Madeleine version sardine grillée (couillue, quoi), du style, volontiers grand mais toujours retenu, fin, racé, des sensations brutes que le vrai gourmand ressent, en font un grand petit livre. Là, voilà.
    Adieu, de Balzac (Le Livre de Poche à 1,50€), confirme mon pressentiment de découvreur du gonze Honoré : ce bonhomme fait ample comme personne et même quand il fait bref, il fait dense et renvoie les câbles d’Albert Londres,  les grands reportages de Kessel ou de Boudard dans leur 22. Indépassable Comédie humaine… Ce « réalisme » à l’état pur, sa force de description de la guerre sur la Bérésina (la déroute de la campagne napoléonienne contre des Russes affamés, tourne au tragique comique épique et cru), ces personnages : deux amis chasseurs qui errent à la manière des personnages hiératiques du Septième sceau -le film de Bergman-, une femme folle, sont immenses tant ils sont vrais, pathétiques, poignants, touchants. Et çà tient dans moins de 80 pages ! Du grand art.
    En revanche, cet Empereur d’occident (Verdier Poche) que Pierre Michon lui-même (son auteur) n’aime pas beaucoup (il le dit dans Le roi vient quand il veut) est faible, asthmatique, un rien ampoulé, limite amphigourique. Il est poussif et pas crédible un seul instant. Allez va ! Relisez tous sa Grande Beune ce soir et tout ira bien demain.

    Ciao bonsoir, happy bloggers!

    (*) Un mot sur la rafle-coup de cul Gallimard : quand on y pense ! : après Les Bienveillantes, Harry Potter 7 et L’élégance du Hérisson, vla qu’ils squattent les 2 grands prix : Pennac avec la Blanche et Leroy avec le Mercure de France, filiale à 100%… (j’excepte Alexakis/Stock de l’Académie)
    ¡A ver ahora lo que sigue y sale, joder !.. Porque mañana es otro dia, no?!..