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  • J'irai cracher sur...

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    J'ai piqué sur un blog littéraire recommandable (oui! il faut lire et relire Olivier Larronde!),

    le blog de Boulon

    (http://profdefrancais.hautetfort.com/),

    cette singulière illustration.

    Il n'y a pas de seau métier, dirait ma grand-mère...

  • Deux hommes à la mer

    Gallimard ressort en Folio le très beau "Un homme à la mer", de mon ami Olivier Frébourg. Cela me réjouit. Curieusement, le même éditeur annonce un recueil de poésie, dans la collection blanche, d'Emmanuel Merle (connais pas), intitulé... "Un homme à la mer". Les deux pour le même mois d'avril. Mais que fait la police?

  • Donner, recevoir

    "La pensée dominante assure que ce qui circule entre les hommes se définit essentiellement par l'échange marchand. Or le lien social n'est pas seulement fait de calculs et d'intérêts réciproques. Le don fait appel à une multitude de passions variables selon le contexte : honneur, prestige, image de soi... Fondamentalement, le don est ce qui fait que le lien est véritablement social ou humain". Le Seuil publie en avril "Ce qui circule entre nous", un essai de Jacques T. Godbout sur "donner, recevoir, rendre"... Il me tarde de voir ce que ce livre a dans le ventre.

  • Mort d'un écrivain rare

    J'ai connu Pierre Moinot. L'Académicien français, auteur de l'inoubliable, du magnifique "Guetteur d'ombre" (folio, Prix Fémina 1979), entre autres bijoux, était un homme exceptionnel. J'ai eu la chance de travailler avec lui, à son domicile parisien de la rue du Cherche-Midi, à mon recueil de nouvelles "Les Bonheurs de l'aube", avant de le faire avec  mon éditeur Olivier Frébourg. Pierre était l'un de mes souteneurs en littérature, avec Jean-Jacques Brochier (disparu l'année dernière). Il avait beaucoup oeuvré pour que j'obtienne le Prix Jacques-Lacroix de l'Académie française en 1993, pour mon premier roman "Chasses furtives", et lorsque Michel Déon en fit la préface pour sa réédition en 1995, Moinot me chuchota qu'il aurait été heureux de la rédiger, lui aussi... Je m'étais juré de lui demander une postface pour sa nouvelle édition prochaine (chez Privat en septembre) : trop tard. Pierre est mort le 6 mars dernier. Il était devenu aveugle et mes dernières lettres, adressées il y a deux ans -il voyait encore-, je les avais composées en corps 18, à l'ordinateur... Nous avons écrit un livre ensemble, et j'en suis encore plus fier aujourd'hui : "Chasses à coeur ouvert", avec Xavier Patier et Philippe Verro aussi (éd. du Gerfaut). Quatre textes de réflexion, pour dire que le chasseur a le pouvoir de donner la mort, mais aussi celui de ne pas la donner... Gallimard, l'éditeur de Pierre Moinot, annonce pour le mois d'avril, la parution de "La Saint-Jean d'été. Il y est question d'un gamin du marais poitevin "qui découvre le pouvoir de l'imaginaire, croit aux merveilles, espère des découvertes et ressent intensément son appartenance à la nature et à son histoire. Avec le grand âge, rien n'a changé". Pierre Moinot avait 86 ans.

  • Moi, chochote?..

    Comme souvent, je clique sur "Nouveaux blogs mis à jour" pour voir ce que les autres expriment sur leur blog. Là, il y a 2 minutes, j'ai cliqué sur http://lesitedemamere.hautetfort.com/ et je me suis posé la question : es-tu devenu ringard, léon, au point d'être un chouia choqué par un tel propos? Ou bien n'as-tu pas compris qu'il s'agissait du second degré, d'un qui joue avec Oedipe sans aucun complexe? Bref, il y a parfois, dans la blogosphère, d'étranges expressions. Mais passons...

  • Les Femmes en noir du Hadramaout

    Voyageur, dans non n° 1, publie donc ceci. Il manque les dessins de Catherine Delavallade!.. Pour les voir, rendez vous au kiosque à journaux le plus proche.

    Voici un bouquet de fragments extraits du long « Journal du Yémen », écrit sur place par Léon Mazzella au fil des rencontres avec des paysages et des êtres ; au fil des jours. Impressionniste, cette éphéméride sans date procède par touches pointillistes. La forme choisie lui a semblé la plus appropriée à un récit de voyage dans un pays imprégné de délicatesse et de subtilité.

    Toutes les poches en plastique qui volent au vent comme des mesquites dans le désert d’Arizona, sont noires par ici. Encore les femmes ! La couleur !

    Hadramaout (je ne me lasse pas de prononcer ce nom à voix haute : hhadrramoutt’ ), région de Wâdî Do’an, entrée dans le Daw’an vers midi.

    Cet âne bâté d’herbe très verte, avec une femme en noir derrière, assise sur l’extrémité de la croupe pointue de l’animal.

    A Al-Hajarayn: les deux falaises (al-hajjara : le rocher). Déception, à la dégustation. La réputation de meilleur miel du monde (celui du Yémen en général) semble usurpée.Zénith : même à l’ombre, le feu du chalumeau de chems, le soleil, plombe les neurones.

    Un dromadaire dans un pick-up 4x4 : la synthèse du désert.

    Les hommes attendent . Les femmes travaillent ou bien demeurent derrière leur voile et leurs murs, lesquels sont un voile moins sûr.

    Deux jeunes bergères en noir avec le chapeau en osier pointu, le makhl, et le visage caché par de superbes masques noirs et brodés, percés de deux fentes en amande pour leurs beaux yeux noirs. Elles avaient le bras replié, la main en arrière près du visage et un caillou dans la paume. Etait-ce pour nos appareils-photos ? Ou bien pour guider leur troupeau…C’était deux panthères noires à l’œil de lionne ; prêtes à bondir, masquées, dentelées.Je n’ai lu qu’une chose dans leur regard, en un éclair : leur fierté.

    Ces encadrements de fenêtre, en bois, figurent les silhouettes des femmes en noir qui marchent par deux (comme les hirondelles de la maréchaussée, chez nous, dans les dessins désuets de Bellus que publiait « Jours de France » dans les années 70…).

    Il y a, par ici, un paysage qui évoque autant l’Amirauté du « Rivage des Syrtes » de Julien Gracq, que le Fort Bastiano, du « Désert des Tartares », de Dino Buzzati. Les plateaux désertiques sont ponctués de forteresses en ruines. On imagine vite des soldats plongés dans une attente centenaire, professionnelle, une attente héritée, une attente lourde comme le silence, un silence écrasé par un soleil implacable. Un silence lourd comme l’attente lourde comme le silence…

    Les hommes accroupis, assis ou allongés, attendent. Ils sont à l’ombre et leur vie semble rythmée par les rites de la prière, du narguilé, des dominos et des discussions interminables.
    Ils boivent du thé. Mais qu’attendent-ils vraiment ? Attendent-ils seulement ?…

    Certains petits villages sont serrés en bouquet comme des boutons de rose (des sables).

    Mais l’image de la rose des sables est davantage présente dans leur manière de disposer les tuiles en argile (en quinconce) pour les faire sécher.

    Cet après-midi, après un somme dans le funduk du village de Badha où nous passerons la nuit, nous avons traversé une palmeraie sèche comme un coup de trique, mais pourvue d’un antique système d’irrigation qui n’attend que l’eau pour vivre. En sortant de la palmeraie, nous avons visité un village bâti à flanc de montagne (que je baptisais Chabadabada : face à Bâda, en yéménite gascon). Les hommes, lascifs sur le parapet-rue, semblaient peu habitués à voir des étrangers. Impossible de boire du thé : il n’y a aucun bar. Les villageois utilisent le rouge vif pour peindre le pourtour de leurs fenêtres, comme des bouches grandes ouvertes sur une photo de choristes (la bouche) en chœur. D’autres (cadres de fenêtres) sont vert cru. Deux maisons sont blanches et zébrées d’ocre. Les zébrures figurent des palmes. Il paraît que ce sont des maisons de  gens riches ou d’hommes politiques (s’enrichit-on en politique sans devenir zébré ?).

    L’appel à la prière jaillit régulièrement des haut-parleurs disposés aux quatre-vingt-dix coins des villages.

    Nous buvons un thé aux clous de girofle et à la cardamome préparé par nos guides. Une graine de cardamome est pressée entre deux doigts avant d’être mêlée au thé qui s’agite déjà dans l’eau bouillante. Quelques clous de girofle se trouvent dans le sachet qui contient la cardamome : ils la parfument ainsi, à peine. Sinon, nous nous croirions tous chez le dentiste…Le galop d’un dromadaire possède une grâce qu’aucun cheval ne peut dispenser, en raison du port de son cou (plus que de sa tête) et aussi pour la longueur et la finesse de ses pattes. Au galop dans un mirage de chaleur, ils ressemblent aux éléphants de Dali dont les pattes s’allongent comme des échasses étirées par un confiseur spécialiste du berlingot de foire.

    Départ de Bâda pour la côte Sud, dans le Golfe d’Aden. Destination : Bîr’Alî.Pause-thé dans un village, Haoreiba, sur une route montagneuse.Le regard d’une petite fille à côté de son père qui joue aux dominos avec trois autres hommes. La beauté de cet homme maigre, au cheveu lisse et brillant, indien, aux yeux maquillés de khôl, placide et silencieux. Il observe ses amis jouer, accroupi comme jamais je ne pourrais m’accroupir, à une distance respectable de la table sommaire de jeu.

    Le poissonnier qui débite du thon frais. Un autre qui vend de petits squales séchés et noirs de mouches.
    Beaucoup de femmes en noir, très jeunes, au regard toujours aussi fascinant. Et toujours ce mystère de leur corps dissimulé qui excite l’imagination, et qui possède une charge érotique bien supérieure à celle du corps d’une femme entièrement nue.

    Cette partie du Hadramaout est selon Modjahed, peuplée en majorité d’homosexuels. Nous n’en voyons aucun : soit ils sont tous morts (ils auront été lynchés ou sabrés en place publique), soit ils se cachent bien ; et on les comprend.

    Et tout à coup, en haut de cette route de montagne, surgit le désert. Nous sommes arrivés au faîte de ces énigmatiques falaises d’argile qui nous entouraient depuis deux jours et dont nous devinions le relief plat comme la main. Aussitôt, la sensation du désert nous a envahis. A la première courbe, la vue est vertigineuse, sur les palmeraies et les villages des vallées que nous venons de traverser.

    Ces canyons évoquent irrésistiblement les attaques d’Apaches de notre mémoire cinéphile.

    L’étrange vie de ces Arabes du désert, qui ne sont pas nomades, mais dont on se demande de quoi ils vivent, dans ces hameaux construits au milieu du néant (à première vue). Enigmatique. Lunaire, même.

    La robe noire des femmes du Hadramaout, c’est leur prison portative.

    Retour sur l’image des ongles. L’angle. L’ongle.Un bloc de maisons étroites et hautes (impossible –normal- d’écrire immeuble) sur un rocher, dessine une main aux doigts joints dont les terrasses, parfois blanchies, seraient les ongles.

    Le Yémen est composé de maisons-doigts dressés, de villages-mains

    LM

  • Voyageur...

    C'est un nouveau magazine de voyages, top luxe, raffiné, qui est paru samedi en kiosque. "Voyageur". Dans ce n°1, j'ai publié un carnet de voyage au Yémen, illustré de dessins de mon amie Catherine Delavallade, ainsi qu'un reportage sur la fleur de jasmin en Tunisie. Feuilletez, c'est classieux, d'un beau format et la maquette est élégante.