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mardi, 29 août 2006
Arme blanche
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samedi, 26 août 2006
Besoin de nature
Dans sa "Philosophie légère de la mer" (Les Equateurs), Cécile Guérard (www.cecile-guerard.com), peintre et écrivaine subtile et trop rare (elle avait donné une "Petite philosophie pour temps variables" à La Table ronde, que l'on se prit à offrir, à offrir...),cite ceci, de Karl Gottlob Schelle ("L'Art de se promener") : " La bienveillance, la cordialité, la franchise, s'installent dans le coeur qui s'ouvre à la nature; le genre humain, qui cesse de s'agiter dans l'arène des grandes passions telles que l'envie, l'avidité, l'égoïsme, apparaît, dans le miroir de la nature, dans une lumière plus pure. Un homme qui n'est pas dégénéré se sentira oppressé dès qu'il sera resté quelque temps sans voir la nature".
Et Cécile Guérard de poursuivre : "Aller se promener est une mesure de précaution à prendre avant d'envoyer tout promener. Un principe de sagesse en somme. "Ne pense pas à toi; regarde au loin", recommande Alain au mélancolique."...
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La cicatrice de Marylin
Vu, ce soir, "La Dernière séance" (de photos de Marylin Monroe, deux mois avant sa disparition), au Musée Maillol, à Paris.
Ce qui frappe le regard et le coeur, au-delà de sa plastique presque parfaite (il y a les seins, quand même, qui...), c'est cette cicatrice énorme sur le côté droit de son ventre (dûe à une opération récente de la vésicule). Cette faille, cette fêlure -non dissimulée-, dit toute la tragédie de cette femme mutilée, entr'ouverte...
L'émotion qui se dégage de ces clichés (de Bert Stern), d'un grain magnifique comme une poussière d'étoiles, se mesure à l'aune crépusculaire d'un paquebot qui sombre, et nommé, redevenu, Norma Jean Baker. Retour à l'original. End. Bouleversante icône étrangère à elle-même. Ce n'est même plus Marylin Monroe qui pose donc, mais un mythe mis à nu et déjà mis à mal.
En cela, Bert Stern est dérangeant : voyeur, impudique parfois (quoique le choix serré qui nous est "donné à voir" soit clean), violent toujours, son regard, son boîtier, forment un peloton d'exécution. La chronique d'un naufrage annoncé.
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mercredi, 23 août 2006
quelquefois je me dis
DSCF0615.JPG...que c 'est trop nombriliste,un blog : j'y fourgue mes papiers qui paraissent ici ou là, mes humeurs, mon travail d'écriture en cours, je parle des bouquins qui m'ont plu, tout çà. En échange, rien, presque rien : quelques visiteurs amis, deux ou trois passagers condescendants ou acides, nada mas. Il faut que ça change, mais comment? Alina a fermé le sien. Dois-je persévérer?
photo prise à Paros (Grèce), d'une fenêtre colmatée à la va-comme-je-te-pousse, et qui donne ce résultat graphique inattendu et, à mes yeux, très intéressant.
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mardi, 22 août 2006
Sana'a
C'est dans VSD cette semaine, et les photos superbes de Xavier Lambours qui illustrent mon papier sont sur la page d'ouverture : "l'Oeil de Vsd" du site : www.vsd.fr
voici le texte "entier" (avant coupes pour publicationDSCF0420.2.JPG) :
SANA’Â
Par Léon Mazzella
Kessel : « A cinq jours de marche forcée de la mer Rouge et à trois mille mètres environ d’altitude, s’étale, au sud-ouest de la presqu’île arabique, un cirque vaste et rocailleux qui porte Sanaa, l’antique capitale du Yémen qu’on appelait jadis Arabie Heureuse ». Ainsi commence « Fortune carrée », écrit en 1955. Rien n’a bougé dans la vieille ville depuis la Reine de Saba, il y a plus de deux millénaires. Seuls les muezzins de ses cinquante mosquées ont été remplacés par des haut-parleurs diffusant des appels à la prière musclés et pré-enregistrés. Cela ne suffit pas à casser l’ambiance, sauf lorsque le nom d’Allah explose aux tympans à 3h30 du matin…
Ces maisons-doigts, dressées vers le ciel, figurent des mains habitables, ornées de minutieux ornements, de moucharabiehs et de portes vivement colorées ou d’un bois patiné et hors d’âge.
Au sommet, avant la terrasse, le mafrij y constitue la pièce de réception des amis des hommes. La brique est crue ou cuite, le calcaire jointoyé au mortier et l’argile plâtrée et lissée. Tout fait angle. Jusqu’au profil des hommes. Et tout semble abrupt, sous la douceur. Gants de velours… Comme les thés (du doux comme l’amour jusqu’à l’amer comme la mort). La violence est à peine suggérée, à Sana’a, et elle n’a « que la gueule » : les voitures klaxonnent à tue-tête et souvent sans raison. Automatiquement. Le piéton n’est pas plus prioritaire qu’un chien errant. Mais dès lors que notre pas ralentit, dans la rue, il est courant d’être invité à partager le thé ou à échanger quelques mots : « Hallo ! (pour Hello). Where’you from ? What’s your name ? Are you Muslim ? Why are you not ! »… Evidemment, la tentation est grande –pour rester dans le bain-, de lire « Les Mille et une nuits », le soir à l’hôtel, baptisé pas par hasard « Arabia Felix ». C’est cohérent.
Sana’a, c’est donc avant tout sa vieille ville, dont on n’épuise pas les charmes avant trois ou quatre jours passés à flâner activement. Le matin, le safari des souks : souk des jambiya, souk des épices, souk du qat, souk du cuivre, souk des tissus, souk de la quincaillerie, souk de tout et de rien, est enivrant. Boire un jus de mangue frais, manger la classique salta (ragoût de mouton et de lentilles nappé d’une mousse verte de fenugrec), dans n’importe quelle échoppe équipée d’un chalumeau géant où sautent sans relâche d’immenses woks culottés, s’asseoir au hasard pour boire un thé dans ce pays sans alcool (bien qu’il commence à circuler timidement sous la djellabah), marchander un bijou de vieil argent orné d’ambre ou de corail, acheter de la myrrhe et de l’encens au gramme, permet d’attendre l’heure du qat. Qater l’après-midi est le rite number one des hommes du Yémén. Au point que pendant la guerre civile qui opposa le Nord au Sud, les combats cessaient de 14h à 18h pour cause de pause-qat. Cette herbe stupéfiante est gentiment hallucinogène. Elle constitue l’une des premières richesses du pays, et la signature d’une culture forte. Le Coran l’autorisant, aucun homme ne s’en prive, qui bourre à l’envi sa joue gauche de feuilles, jusqu’à donner à chacun l’air de Sydney Bechet soufflant « Petite fleur ». La pratique quotidienne du qat est une autre forme de prière, au moins une communion sociale. Les hommes mâchent le qat et se laissent aller à leur « fading » nonchalant quotidien. Certaines femmes en consomment aussi. Ce qui ne signifie pas que l’une des conditions féminines les plus dures du monde, soit en train d’effectuer sa révolution.
Il y a, hélas, de la marge.
A Sana’a, nous nous trouvons au cœur de l’Arabie authentique. Ici, peu de casquettes Nike, presque pas de tee-shirts I love NYC. Les enseignes occidentales sont en voie d’apparition accélérée, certes, et surtout la téléphonie mobile, l’Internet et la micro-informatique. Mais l’Arabe est littéraire, les rites deux fois millénaires, et les pays du Maghreb perçus avec le mépris qui convient aux rénégats. Sana’a est une cité originelle.
Si le quartier turc mérite une longue visite, Al Qa, l’ancien quartier juif (il reste très peu de familles Juives au Yémen), mérite plus encore. Avec ses maisons basses à deux étages (humiliation obligeait), ce Mellah grouille de vie comme le reste de la cité, sauf qu’ici, le voyageur a l’impression de déambuler dans un modèle réduit de la vieille ville. Les mini hanouts (échoppes) tiennent de la cabane de gosses, les voitures ne passent pas dans des rues de maquettes, et chaque ruelle est fendue par la proéminence ophidienne d’un tuyau de canalisation poli par les pas, qui brille comme l’argent.
L’eau est un problème crucial à Sana’a : aucune usine de retraitement des eaux usées ne peut encore ralentir l’épuisement dramatique de la nappe phréatique. Une autre nuisance, pour un œil occidental, est celle des sacs en plastique, la plupart de couleur noire. Ils sont distribués au moindre achat et jetés. Ils volètent par dizaines dans les rues, comme des mesquite dans le désert de l’Arizona , et s’accrochent, hors la ville, aux arbres griffus promus sapins de Noël à la faveur du vent.
A la tombée de la nuit, lorsque le soleil rosit les façades brunes, les maqshama, ces nombreux jardins potagers qui aèrent la vieille ville, prennent des teintes d’une exquise douceur. Quelques femmes entourées de poules y jardinent, deux dromadaires sortent d’une sombre pièce transformée en moulin à (huile de) sésame. Des gosses jouent au foot avec une canette de Coke. Les femmes en noir et au regard de braise, colonnes monolithiques dotées d’une fente oculaire, ne laissent rien deviner et tout fantasmer. Elles passent à petite vitesse dans les rues, en évitant soigneusement de gêner le pas des hommes qui se tiennent volontiers par la main en signe d’amitié virile. Elles sont toujours suivies de près par une trace durable : le plus effarant mystère de cette ville, ce sont elles qui le dissimulent...
NB : la nouvelle version de hautetfort propose de créer un blog photo : je viens donc d'ouvrir KallycliclacVasco, avec une première photo prise à Sana'a...
16:25 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mercredi, 09 août 2006
buller
Grèce (Paros, Antiparos, Naxos, Donoussa...); l'île d'Aix à présent (au large de Fouras; 17). Buller dans les îles pourrait devenir mon occupation préférée.
19:45 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note











