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« La poésie, c’est ce rien qui peut tout »

Capture d’écran 2020-03-17 à 17.06.09.pngEn ces temps de guerre contre un ennemi invisible, et tandis que le mot confinement est sur toutes nos lèvres masquées, le Printemps des Poètes* a lui aussi réduit sa voilure. Au lieu de renoncer ou de faire l’apprentissage de la résignation, nous sommes encouragés en haut-lieu à lire. Alors pourquoi pas de la poésie, laquelle ne doit pas prendre un ris. La phrase de Christian Bobin placée en titre de cette note est un étendard. Sophie Nauleau, la directrice artistique du Printemps des Poètes, nous avait donné il y a deux ans « La Poésie à l’épreuve de soi », dédié à l’Ardeur, et qui fut commenté ici même. Voici, afin d’épouser le thème du Printemps de cette année, le Courage (après la Beauté, l'an passé), « Espère en ton courage » (les deux chez Actes Sud). Référence directe aux vers de Corneille, « Espère en ton courage, espère en ma promesse ; / Et possédant déjà le coeur de ta maîtresse, / Pour vaincre un point d'honneur qui combat contre toi, / Laisse faire le temps, ta vaillance et ton  roi. » (Le Cid), la lumière de cette parole intrépide doit pouvoir foudroyer le noir, nous dit d’emblée l’auteure. Et cite Paul Valet, dont elle préface « La parole qui me porte » (Poésie/Gallimard), « Avec ce qui me reste de courage,Capture d’écran 2020-03-17 à 17.14.26.pngCapture d’écran 2020-03-17 à 17.15.11.png défoncer toute la Nuit », ou encore « Une rigueur sauvage / M'envahit quand j'écris », du même poète dont Cioran évoquait le « lyrisme frénétique ». Résonnent également les mots de Rilke extraits de ses « Lettres à un jeune poète », « Au fond, le seul courage qui nous soit demandé est de faire face à l’étrange, au merveilleux, à l’inexplicable que nous rencontrons ». Marceline Desbordes-Valmore écrivit « Le malheur me rend le courage ». Le mince ouvrage de Nauleau devient une sorte d’anthologie du courage en poésie où l’on trouve à la fois Hugo et André Velter – dont parait le beau recueil « La vie en dansant » (suivi de « Au cabaret de l’éphémère », et de « Avec un peu plus de ciel », Poésie/Gallimard) -, Mahmoud Darwich et Bartabas, Michaux et le délicat Zeno Bianu. Citons le splendide Adonis, pour finir, « Apprendre le courage d'une luciole / qui porte le feu / sur des ailes si petites. » L.M.

* 22è édition, depuis le 7 et jusqu'au 23 mars.


Alliances

Capture d’écran 2020-03-17 à 17.38.32.pngQue déguster avec ces vers? Le Champagne de Vignerons (de Jean-Marc) Charpentier, à Charly-sur-Marne, cuvée Meunier Terre d'Argile Extra Brut, 3,5g/l (3 546 flacons à peine), issu d'une vieille vigne (1965) du domaine de 24 ha. Fin, élégant, précis, en conversion bio. Vinification parcellaire. Du cousu main que ce meunier 100% à l'attaque franche (coing, tilleul, abricot), charnu et crémeux, pulpeux et pâtissier en bouche. Finale puissante. 39€

 

 

 

 

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