Nicolas Grimaldi

Et voilà. Je suis tombé vers six heures ce matin sur l’avis de décès dans Sud Ouest. Le philosophe, l’ancien grand professeur (émérite) à la Sorbonne Nicolas Grimaldi s’est éteint à l’âge de 92 ans le 13 février, il y a donc une semaine. Cela faisait des mois que j’envisageais de lui rendre visite (avant qu’il ne soit trop tard) au fort de Socoa, dans le sémaphore où il vivait – le veinard - depuis longtemps et dont il avait fait l’acquisition en 1968. J’avais demandé ses coordonnées à Grasset, l’un de ses éditeurs, mais il ne les possédait plus. Je me retenais d’aller rôder comme un paparazzi. Il me fallait un rendez-vous. Une amie dont j’avais éveillé la curiosité en lui parlant de ce philosophe important, dont je suivais le cours à Bordeaux en 1977-78 sur « le désir et le temps » – titre de l’un de ses ouvrages majeurs, se proposait de m’accompagner. Nous aurions demandé un droit de visite. Lecteur de ses livres, gardant un souvenir charmé de son enseignement, je pensais intensément à ce bonhomme quelque peu oublié, spécialiste de Descartes, de Proust, de Socrate, de l’attente, de l’imaginaire, de la solitude, de l’amour, de la joie... Son œuvre lui survivra bien sûr, à condition qu’elle soit entretenue. J’aime particulièrement revenir à certains de ses livres : « Bref traité du désenchantement », « Socrate le sorcier », « Métamorphoses de l’amour », « L’effervescence du vide », les entretiens avec Anne-Claire Désesquelles : « À la lisière du réel », « Les songes de la raison », et enfin « Essai sur la jalousie, l’enfer proustien ». Je joins ci-dessous quelques citations prélevées je ne sais plus où et qui introduisent à sa pensée. L.M.
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J'ai déjà évoqué ce philosophe ici même aux dates suivantes : 3 janvier 2012, 16 juin 2011, 24 mars 2012.



