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  • Poème retrouvé, mais de qui?..

    En mettant de l'ordre, activité à laquelle je me livre généralement les 33 février des années trixestiles et seulement le matin, je suis tombé comme on dit -mais sans me faire mal aux genoux, sur un poème que j'avais recopié (au Rotring n°1 !) lorsque j'étais encore lycéen à Bayonne. Mais sur quoi l'avais-je pris ? Mystère et boules de gomme. Si quelqu'un reconnaît cette écriture, qu'il me le dise -merci. Le voici, intact, et il s'intitule L'ATTENTE :

    Le soleil insoumis terrorise les vents

    Dont les rafales me divisent -

    Loin de là, les animaux rassemblent

    Dans le sommeil qu'ils apprivoisent

    Longuement, pour durer,

    Les fragments de mes veilles et de mes songes.

     

    Je n'ai pas vécu, ma parole est une ombre

    Qui prolonge une absence de feuille

    L'amour se tait sous les troncs, et la honte

    Prend mon visage pour témoin

    Les odeurs du matin m'enlaidissent

    C'est d'herbe sans saveur,

    De sève durcie

    Que j'essaie d'apaiser ma faim.

     

    L'âme rejoint le corps de la femme visible

    A l'instant du départ, printemps détruit

    Arbres déracinés que le fleuve détourne

    Des tourbillons où la vie coule à pic

    Des rives qui supplient.

     

    A l'écoute des pluies et d'un verger, je tisse

    Des haillons de mendiants, mon attente

    Est celle des pierres prises dans la tourbe

    Immortel, transparent, j'ai mes assises

    Entre le coeur et l'écorce du silence.

  • Je le verrais bien en Prix Médicis

    41X6Wq0VPEL._SL500_AA300_.jpgParmi les curiosités des sélections de ces grands prix littéraires d'automne, il y a le bouquin de Nabe, auto-édité, disponible sur le Net seulement... Mais bon, l'auteur a une réputation nauséabonde et le défendre, comme le fait FOG, me semble étrange... Non, moi je préfère voir figurer le magnifique petit livre de Jean Rodier, en remontant les ruisseaux, publié à L'Escampette, admirable éditeur poitevin animé par Claude Rouquet (livre déjà évoqué sur ce blog, le 16 février dernier), car il y est question de pêche à la mouche et de nature aride de l'Aubrac et du Haut-Gévaudan, d'observations subtiles sur la faune et la flore, les nuages et surtout l'eau, la rivière, que l'auteur sait lire, mais également de silence et d'alouette, de Gracq et de Buffon, de Lucrèce et de Whitman, de cincle plongeur et de circaète Jean-le-Blanc, de solitude heureuse et de truites sauvages comme à l'aube de l'humanité. Et surtout d'une prose somptueuse, précise et jamais emphatique. L'auteur aime pratiquer "la pêche à rôder". Nous aimons, nous, les pêches de Rodier. C'est un non-guide pour se perdre dans le vertige de la littérature, un guide pour ne pas y aller. Un livre littéraire en diable. Donc un bon Médicis, non?.. Nous verrons bien si les jurés sont ou non d'indécrottabes parisiens et s'ils sont capables d'audaces...  Réponse à la mi-journée.