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  • Saint-Jean-de-Lumière

    1332271787.JPGLumière douce, mer calme, horizon bleu, montagne espagnole bien visible, fort de Socoa posé -notaire balzacien, Rhune découpée, plage déserte, ouaté de l'air, chalutier bleu au loin, silences...
    J'aime la baie de Saint-Jean-de-Luz, aujourd'hui. Clarté dense d'un après-midi d'avril. Lueurs du couchant. Nuées d'étoiles dans le cadre de la fenêtre de l'hôtel. J'écris, bercé par les vagues, néglige les heures, nimbé de sérénité, de souvenirs enchanteurs.

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    Rue Tourasse, j'ai rencontré Charly. Il n'y a pas de hasard : je pensais à lui en arrivant à Biarritz-Parme, m'en voulait de ne pouvoir lui rendre visite au cours de ces trois jours. Sa santé lui joue un tour de con, le diminue, mais épargne sourire, oeil malicieux, dignité. Je revois mon père, un an et demi après, dans des vêtements devenus grands, la nuque maigre. C'est son meilleur ami. J'ai embrassé Charly. En retournant au Grand-Hôtel, la baie de Saint-Jean m'apparut davantage rassemblée autour d'une lumière éclatante. Bouton de rose. Poing.

    Lutter avec la lumière. Luchar con la luz.

    Photos ©L.M. 

  • Dynamique ginseng

    C'est la période qui veut çà de moi... Voici un conseil non littéraire en passant, mais qui favorise l'aptitude au travail, la fringale d'écrire, la bonne humeur : le matin, 800 mg de ginseng (en gélules), 1g de vitamine C, deux oranges pressées et ce que vous voulez (moi, c'est café, toasts grillés et à peine beurrés, yaourt nature). Puis, buvez 1,5 l. d'eau dans la matinée, ainsi qu'une infusion drainante (fucus + feuille de frêne + maté vert + piloselle + romarin). Délicieux! Alternez avec du thé vert (une théière). Déjeuner poisson (au gingembre frais) + fibres (légumes : coeurs de laitue, pousses d'épinards, artichaut, tomates), herbes ciselées (coriandre, basilic, romarin, cerfeuil, estragon, ciboulette) et très fruité (pommes, poires, fraises, ananas, agrumes, avocats) + à nouveau 800 mg de ginseng. 1,5 à 2 l. d'eau l'après-midi, + une théière de thé vert, une autre infusion drainante. Le soir, léger (radis à croquer comme çà, poulet grillé sans matière grasse, pâtes en quantité raisonnable, fromages frais : mozzarella, ricotta, chaource, cabécous; fruits). Une heure minimum de vélo dans la journée pour des rendez-vous divers. i.tunes gavé de musique cool pour travailler devant l'ordinateur. Au lit (si la soirée est cocoon, bouse à mort), devant un dvd ou un bouquin, avant ou après l'amour (plutôt avant), une dernière infusion drainante ou une citronnelle. Résultat : je fonds plus vite que la banquise, je ne vois pas d'ours blancs quitter le navire de mon corps (les toxines, elles, se barrent vitesse V) et j'ai une pêche morale et physique d'enfer. Buongiorno a tutti!

  • J'en fume trop, je sais...

    Tous les cigares finissent en fumée.
    Proverbe Brésilien

    Le cigare est le complément indispensable de toute vie oisive et élégante.
    George Sand

    Je bois beaucoup, je dors peu et je fume cigare sur cigare ! Voilà pourquoi je suis deux cents pour cent en forme.
    Winston Churchill

    A woman is only a woman, but a good cigar is a smoke.
    Rudyard Kipling

    Entre une femme et un cigare, toujours je choisirai le cigare.
    Groucho Marx

    Un bon cigare d’outre-mer ferme la porte aux vulgarités de ce monde.
    Franz Liszt

    Un bon havane est une des meilleures choses que je connaisse.
    Somerset Maugham

    Le cigare est le meilleur moyen de mettre à mort le temps.

    Alfred de Musset

    Stéphane Mallarmé, répondant au questionnaire de Proust, répondit : Votre rêve de bonheur ? –Rêver. Votre plus grand malheur ? –Ne pas allumer de cigare.

    Petite parenthèse perso (une fois n'est pas coutume. Je serai pardonné?) : cette littérature ne m'empêche pas d'en fumer jusqu'à trois chaque après-midi, tout en écrivant. C'est vraiment trop. Et un budget intenable, de surcroît. En revanche, comme je ne bois plus une seule goutte d'alcool depuis le 13 mars (je refuse même le boeuf bourguignon et le chocolat à la liqueur), j'ai perdu 6 kilos en 18 jours.Yep! 

  • Christine Fabréga…

    « On-dira-ce-qu’on-voudra », Monica Bellucci n’est pas crédible en tenancière d’un cabaret chelou et en amante d’un taulard qui s’est fait la Belle. Christine Fabréga, blonde platinée, en amante –toute de pudeur et de manteau de léopard vêtue-, d’un Lino Ventura splendide de vérité, est davantage réelle. Alain Corneau aurait mieux fait de nous blanchir une « Série noire », de nous éclairer un « Nocturne indien » ou de bâtir une annexe au « Fort Saganne », au lieu de refaire « Le Deuxième souffle ». Après Melville, comment oser ? (D’ailleurs, dites-moi à quoi sert de faire un remake ? Pourquoi recopier -mal, toujours, la feuille du voisin ! Je ne pige pas le principe). Et lorsqu’il s’agit d’un des plus grands (Melville) c’est du suicide. Auteuil y est marchalisé (36, Quai des Orfèvres, MR73…) et seul Dutronc s’en sort, à la faveur de son look de momie desséchée, entre Iggy Pop, Laurent Terzieff et un stock-fish chez l’épicier portugais. Dans l’original, la première scène avec Paul Meurisse est une tranche d’anthologie à faire passer aux copains à l’envi, comme la scène de la cuisine dans « Les Tontons flingueurs »; dans un autre genre : du Jouvet, du Von Stroheim. Du très grand cinéma frôlant le théâtre à la Vilar –lequel préfigure celui de Brook.
    Bref, Fabréga… Les années Fabréga. Les costards-catcheur de Ventura, les feuilles de chou et les sourcils-brousse de méchant rugbyman de Michel Constantin. Sa moue de Spanghero boudeur parce qu’il n’a pas dégommé tous les malfrats qui lui sont tombés dessus. Le timbre métallico-chuintant de la voix de Raymond Pellegrin. La gueule de petite frappe mal rasée de Denis Manuel, mélange d'Aznavour, de Reggiani et de Mouloudji en jeunes premiers. Le crâne infini de Marcel Bozuffi en boxeur maquereau chic. Bref, Melville, quoi (avec José Giovanni en appui). Les silences de ses films. La qualité du noir & blanc... Ca m’a donné envie de me resservir un « Samouraï » et un « Doulos », té !