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  • Théophile de Viau

    Le sonnet ci-dessous date de 1621. Cherchez, au fond, la ride...

     

    Je songeais que Phyllis des enfers revenue,

    Belle comme elle était à la clarté du jour,

    Voulait que son fantôme encore fit l'amour 

    Et comme Ixion j'embrassasse une nue.

     

    Son ombre dans mon lit se glissa toute nue

    Et me dit : cher Tircis, me voici de retour, 

    Je n'ai fait qu'embellir en ce triste séjour

    Où depuis ton départ le sort m'a retenue.

     

    Je viens pour rebaiser le plus beau des Amants, 

    Je viens pour remourir dans tes embrassements.

    Alors quand cette idole eut abusé ma flamme,

     

    Elle me dit : Adieu, je m'en vais chez les morts,

    Comme tu t'es vanté d'avoir foutu* mon corps,

    Tu te pourras vanter d'avoir foutu mon âme. 

     

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    *baisé, dans une autre traduction

  • A la fin, l'homme se resserre comme un bouton de rose

    medium_DSCN6051.JPGC'est l'après-midi. Un soleil magnifique et d'une douceur incroyable pour novembre inonde la chambre. Par la fenêtre grande ouverte, j'aperçois la montagne Basque. Ses yeux ne peuvent plus la voir. Nous sommes seuls tous les deux. Je caresse doucement sa main et son bras droits velus depuis de longues minutes de grand calme, tout en parcourant les titres du journal ouvert sur la couette. Soudain, il me demande si je pense qu'il en a encore pour trois ou quatre jours à vivre, ou bien un peu plus. Je luismedium_DSCN5989.JPG fais promettre un peu bêtement, avec une voix que je me reproche d'avoir à cet instant (façon infirmière : dans la dénégation punchy -pris au dépourvu, je ne trouve rien d'autre), de fêter Noël en famille, ici même, dans sa chambre! Son regard de vérité fait écho à un terrible silence. Pour faire diversion, je lui demande s’il veut écouter de la musique, car depuis que ma fille a eu la bonne idée d’installer une chaîne hi-fi près de son lit, Verdi, Puccini et Tino Rossi l’apaisent et le font même chantonner faiblement. Tu préfères écouter quoi ? Verdi ou Tino ? Il répond : la meilleure des musiques, en faisant le geste de porter un verre à sa bouche, pouce dressé comme un autostoppeur… Je suis stupéfait. Je vérifie : Tu veux quoi ? Il me dit : Du tariquet glacé. Cela fait quelque temps qu’il accompagne  sa douzaine d’huîtres quotidienne d’un verre de ce vin blanc sec du Gers. Décidé à ne rien lui refuser, je monte la bouteille et un verre. Il me demande de trinquer avec lui... Tchin-tchin. Il siffle medium_DSCN6050.3.JPGdeux verres, lui qui n'a jamais bu ni fumé. La meilleure des musiques… Désir de femme enceinte, d’aquoiboniste en partance, d’hédoniste encore et toujours du côté de la vie, jusqu’à la lie. L'hallali. La la lère...
    Grand corps malade retourne lentement vers l’enfance. Avec la mémoire comme un gruyère, les petits pots donnés à la cuiller. Mais une dernière énergie d'Enfer.
     
     
    Photos : Sans Litre, composition de verres © Marine Mazzella.

  • L'aube est (aussi) un genre littéraire

    "L'aube : genre et forme littéraire du moyen âge, est une poésie lyrique qui a pour thème la séparation de deux êtres qui s'aiment au point du jour . Accompagnée d'une mélodie savante, elle comporte 3 grands thèmes : séparation des amants à l'aube; chant des oiseaux et lever du soleil, intervention du guetteur qui interdit à tout importun de s'approcher et prévient les amants qu'avec l'aube vient la séparation." (wikipedia.org, portail Littérature / Poésie).