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  • Guides de nature

    Je sais pas vous mais moi... J'adore les guides naturalistes de terrain. J'ai constamment mon Peterson (Le Guide des oiseaux d'Europe, de Mountfort, Hollom, Peterson et alii) dans ma voiture, avec les jumelles, ou bien (un autre exemplaire) à la maison, près de la main. Et ce depuis trente ans et des poussières. Les guides Delachaux & Niestlé sont mes petites bibles. Mais il n'y a pas qu'eux...

    Le printemps explose. Le week-end dernier, dans l'Aube, en Champagne, les fleurs ont surgi, grandi un peu partout, d'un seul coup. En l'espace de deux jours, leur présence avait accru le paysage, son âme, jusqu'à envahir notre regard matinal, par la fenêtre. Nous avons ramassé beaucoup de muguet en sous-bois et les coqs faisans se tancaient à qui mieux mieux, dès avant l'aube. Les chevreuils se montraient en lisière, les palombes continuaient de parader, le coucou appelait, les premières tourterelles des bois, de retour d'Afrique, roucoulaient à l'ombre des forêts, les chataigniers, les cerisiers étaient blancs de fleurs, les boutons d'or prenaient le pas, ou le ton, sur l'herbe dans les clairières et les hirondelles silencieuses virevoltaient sous les toits. Dans ces cas-là, il est bon d'avoir un guide sur soi pour lever un doute : hirondelle de cheminée ou de fenêtre? Tourterelle des bois ou Turque? Brocard ou chevrette? Tilleul ou acacia? Ail des ours ou chèvrefeuille...

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    Oiseaux, Arbres, Fleurs, Mammifères : voici 4 guides enrichis de nombreuses photos, publiés par les éditions Ulmer, à glisser dans le sac à dos ou dans la portière de la voiture, avant de partir en randonnée en forêt, au marais, sur la côte, en plaine, en famille ou en solitaire. Ils sont pratiques, souples, solides, d'une lecture rapide et facilitée par une cartographie précise, des textes courts et des dessins de traces, pour les animaux. Identifier un labbe parasite, un rhinolophe euryale, un chêne pédonculé et une gentiane inconnue des services de police devient un jeu de feuilletage.

    1295369734-pt.jpg1290771649-pt.jpgPlus intéréssants encore sont, chez le même éditeur, Plantes sauvages comestibles, qui propose en plus des fiches, 100 recettes pour accomoder 35 plantes, comme la benoîte, le coquelicot, l'ortie, la pain de coucou ou encore le pissenlit. Enfin, Reconnaître les chants d'oiseaux, augmenté d'un CD, permet aux enfants de se familiariser avec les chants et les cris des passereaux, limicoles, gallinacés et autres oiseaux d'eau relativement familiers ou rapaces courants. Six guides de saison.

     

    Guides Ulmer, de 9,90€ à 12,90€, sauf le livre sur les plantes comestibles : 14,95€.

     

  • Le poids du papillon

     

    A12935.jpgC'est le nouveau livre d'Erri De Luca et il est mince comme la silhouette d'un braconnier dessiné par Dubout. S'y trouvent deux nouvelles, une longue (une soixantaine de pages) qui donne son titre au livre et un autre très courte, Visite à un arbre, sans grand intérêt. Le poids du papillon est une sorte de conte merveilleux pour grands enfants épris de nature sauvage, de justice, de combat intérieur avec ce qui reste de nature animale au fond de notre nature humaine. Un braconnier qui a déjà pris plusieurs centaines de chamois dans les Alpes italiennes (Dolomites), convoite le roi d'entre eux, le chamois mythique, magnifique, âpre au combat contre les siens, énorme, réputé imprenable. La lutte avec l'homme armé s'engage dans ces montagnes, un matin de novembre. Il y a beaucoup de silence, de solitude, de retrait, d'énergie concentrée. Je ne dirai rien de plus, ni du symbole des dettes, qui se paient à la fin, une fois pour toutes. Ni de la force de l'aile d'un papillon blanc sur une carabine, sur le poids du ciel ou sur celui de la vie. Ni du poids de l'aile d'un papillon sur les années sauvages de deux êtres enlacés et glacés dans la mort, qui ne se pèse pas, qui s'évalue à l'aune de la poésie. Car la langue de De Luca, infiniment subtile, se découvre, lorsqu'elle possède comme ici la délicatesse d'un haïku. En lisant cette nouvelle, j'ai pensé aussi à ce précieux extrait du poème La prière, de Giuseppe Ungaretti (traduit par Philippe Jaccottet) : 

     

    La vie lui est d'un poids énorme

    Comme aile d'abeille morte

    A la fourmi qui la traîne.

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    Gallimard, 9,50€

  • Rouges de terrasse

    Le Mas des Bressades 2010 est un Costières de Nîmes rouge de caractère, composé de syrah et de grenache à 55/45. Il donne un nez franc davantage herbé (on sent la garrigue) que fruité et une bouche friande et fraîche, claire et suave. Il supporte les plats épicés et s’accommode d’une salade. 6€.

    Le Domaine de la Patience, Cuvée Sébastien 2009 est un autre Costières de Nîmes rouge  (j’aime décidément cette appellation) élégamment marqué par la syrah (85%). Il présente une robe noire assez austère, son nez est sauvage, épicé, et de fruits confits que l’on retrouve en bouche. 11€ est le prix du flacon idoine pour une côte de bœuf, un carpaccio bien mariné et épicé, ou bien une tablette de chocolat noir. Un vin profond, vivant et charmeur comme les Costières savent en produire. On adore.

    Du côté de Crozes-Hermitage, David Reynaud 2009, du Domaine Les Bruyères est un rouge 100% syrah conduit en biodynamie. La robe est foncée, le nez est marqué par les fruits rouges et la bouche est sensuelle, avec cette touche de violette sur le cassis, la vanille et le poivre gris. Mais il ne nous emballe pas. De même cet autre Crozes-Hermitage 2009, pourtant signé de Laurent Combier. Un 100% syrah réglissé avec une dominante de fruits noirs bien mûrs, voire confiturés en bouche, mais qui ne laissent pas la trace habituelle, faite d’une belle longueur, d’une ampleur, d’une mâche, d’un équilibre épices-fruits noirs parfait… Ou alors ce sont nos papilles qui sont tournées vers l’été et qui ne pensent plus aux appellations qui réclament une daube, un bourguignon, une brochette de grives, un pâté d’alouettes… 9,80€ le Reynaud et 11€ le Combier. Si le thermomètre chute, débouchez ces syrah slim avant de lancer la plancha.

    Altos ibéricos 2008 est un tempranillo 100% pourvu d’un caractère de toro bravo. Ce Rioja Alavesa (la meilleure zone –une enclave basque- de cette grande et magnifique appellation espagnole) de la famille Torrès, passe un an en fûts et roupille six mois en bouteille avant de sortir du toril. Ce vin-là a été mis en bouteille en août 2010. Sa robe est de sang noir, comme la peau d'une grosse cerise très mûre. Son nez est intense, qui vous jette une compote de fruits aux narines et sa bouche se calme, avec suavité, mais sans vous lâcher. La longueur est celle d’une passe de muleta qui enroule le toro dans une chorégraphie centrée, avec ce qu’il faut d’épicé pour tenir en haleine votre vis-à-vis ès dégustation jusqu’à la prise de ces notes, précisément. Parfait avec un jamon ibérico, un queso  manchego, une perdrix rouge s’il vous en reste une dans le congélo.