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Les manies du débitant de cigares

30707b1f96985b0e0a1afeb580d94c6b.jpegLe débitant de tabac a peur que le client lui abîme sa marchandise et il a raison. Le problème est que, par ses réflexes, il lui arrive de la détériorer, ou au moins de détériorer les termes de l’échange avec son client.
Oublions d’emblée ceux qui n’autorisent pas que l’on choisisse nous même –fut-ce des yeux et en désignant du doigt le cigare désiré-, et avec lesquels la discussion est impossible. Ils tournent en général le dos au client en choisissant pour lui le ou les cigares demandés (le client ne peut rien voir), referment prestement l’armoire humidifiée et annoncent avec détermination le prix en caisse sans laisser le temps au client de respirer. Là, moi, je dis tout de suite « adieu et merci ».
Il en va des havanes dans les civettes comme des Pléiades en librairie et des boîtes de crabe dans les supérettes : les secondes sont hors de portée, ou bien cachées derrière le caissier ; les premiers s’appellent « pas touche ! Lequel voulez-vous?». Normal, après tout. Mais notre ami, que nous souhaitons à chaque fois complice d’un certain amour du cigare, le débitant éclairé, avec lequel il est toujours agréable d’échanger quelques mots d’aficionados, tâte trop souvent lui-même le cigare en le pressant entre le pouce et l’index, ramollissant exagérément ses modules comme des camemberts ipso facto « bien faits », comme si je ne sais quel moelleux (ou craquant), suffisait à distinguer le bon cigare du moins bon. Parce que le choix, effectué à la place du client, se limite généralement à ce geste un rien brutal, réducteur et bien souvent inutile.
Deuxième grief : l’impatience. Il est préférable de savoir ce que l’on veut avant d’entrer dans la civette ou dans l’humidificateur géant, puis d’acheter fissa, car l’impatience du débitant –surtout si personne ne le seconde en caisse pendant le temps que dure le choix des cigares-, grève quelque peu le plaisir de balader ses yeux sur les boîtes ouvertes, tout en stressant le client que nous sommes.
Enfin, il y a le débitant qui s’offusque immédiatement lorsque nous refusons le cigare choisi par lui seul, ou bien celui que nous reposons (lorsque nous avons obtenu licence de toucher au module), pour des raisons de convenance personnelle.
Le client est roi ? Il commence à le devenir lorsqu’il annonce qu’il entend acheter une boîte et pas quelques cigares à l’unité. Encore que : il arrive que nous nous heurtions à l’opposition ferme de se faire ouvrir une, voire plusieurs boîtes, comme cela se fait ordinairement dans les aéroports ou bien à l’étranger.
Dommage.  L.M.


Commentaires

  • Il me faut confesser en préambule ( genre déambulateur) mes lacunes en matière de cigare. Même si je me souviens-je me rapelle, avoir eu entre les mains des articles ( passés à l'époque par un pote amateur de fumette en majesté. Le terme est sûrement mal choisi, je suis un néophypte) écrits dans " cigare magazine" je crois que ça s'appelait ainsi mais là je suis moins sur, articles ainsi donc écrits par André Hardelllet. Voilà, ton billet plutôt drôle ( il y a en vous, cher monsieur, un côté moraliste, à prendre au sens noble et littéral du terme ( la Bruyère quoi)) m'a juste permis de me relire en pensée ( tu prêtes un bouquin à un pote et hop, s'il est bon tu peux être sur de le retrouver deux ans plus tard à paresser siamoisement sur quelque étagère moisie et le gazier te fais le coup " oh mais fait absolument lire ça! mais tu me le rends vite hein sans déc." bon deux mois et une invit plus tard je ferai à nouveau main basse sur mon bien non mais) ce livre où l'Hardellet s'épanchait sur la vie merdeuse, comme ça, le cigare au bord des lèvres...

  • Ah oui! Fonce! Je ne connais pas ce texte d'André Hardellet (j'ignorais qu'il aimait le cigare).

  • Ah, la quête de la civette idéale... !!!

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