Printemps des Poètes

Tir groupé chez Gallimard pour le « Printemps des Poètes » - et encore je n’ai pas toute la production maison de ces dernières semaines. « Vita Nova », les poèmes inspirés de la Divine comédie par Louise Glück, disparue en 2023 après avoir été sacrée en 2020 par le prix Nobel, sont bien plus denses, plus consistants que « L’Iris sauvage » et autres recueils parus plus tôt et déjà évoqués ici. Un premier essai est consacré à cette poétesse dont l’œuvre s’inspira de la mythologie gréco-romaine et de la Bible. « Le chant suspendu » est signé d’une universitaire spécialiste de littérature américaine, Marie Olivier. Les autres recueils lus sont ceux de Benoît Reiss qui figure une promenade dans Londres en 49 courts poèmes, « Vers les jardins de Kew ». Ceux, spirituels comme une fable orientale très zen de Xavier Bordes, « Sur le sentier des Cinq Montagnes ». Il y a également les poèmes très parlés, évoquant le quotidien, Paris, la maladie, Strasbourg... de Jean-Pierre Lemaire, « Le Livre de verre ». Soit un éventail large de l’expression poétique contemporaine publiée à l’enseigne de la nrf. Plus puissante est l’œuvre complète d’une Iranienne n’ayant pas connu le régime des mollahs, Forough Farrokhzâd (1935-1967) qui rappelle les grandes heures de la poésie persane classique. Je pense immédiatement à Omar Khayyam (1048-1131). Poèmes d’amour, poèmes sensuels, poésie de l’attente, du plaisir, de la déception amoureuse, de l'éloge de la femme, ces 400 pages qui paraissent en format de poche sont une vraie découverte et un enchantement. L.M.