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  • Poétiquement

    images (6).jpeg26 mars : sixième anniversaire de ce blog.

    Il n'y a pas que des auteurs de polars talentueux, dans le Grand Nord. Il y a aussi des romanciers et des romancières remarquables, comme Katarina Mazetti (je suis particulièrement heureux de son succès pour son petit éditeur Landais, Gaïa, auquel elle reste fidèle). Et il y a les poètes. Grands, ces poètes Norvégiens, Suédois, Islandais et Lapons. Le Nobel attirubé à Tomas Tranströmer a ouvert des portes de lecture. Ainsi, la précieuse collection Poésie/Gallimard publie-t-elle une petite anthologie au titre merveilleux : Il pleut des étoiles dans notre lit. Cinq poètes du Grand Nord : Inger Christensen, Pentti Holappa, Tomas Tranströmer (dont on retrouve l'essence de Baltiques, son oeuvre quasi complète, déjà évoquée dans ces pages), Jan Erik Vold et Sigurdur Palsson. Concoctée par André Velter (par ailleurs poète lui-même et directeur de la collection), elle élargit notre champ poétique. Ici, la nature tient une place forte et l'hiver y est une saison aussi belle que le printemps dans les haïkus Japonais. On en redemande. En revanche, Marin à terre, images (1).jpegdu grand Rafael Alberti, qui paraît également dans cette collection, déçoit un peu; à la manière d'un fonds de tiroir. Certes, la voix est là, mais jamais puissante, comme elle peut l'être dans par exemple, D'Espagne et d'ailleurs (Le Temps des cerises). Un recueil agréable toutefois. Folioplus/Classiques a la bonne idée de publier une anthologie sur le thème de l'émotion -le plus souvent amoureuse. Poèmes pour images (2).jpegémouvoir réunit des classiques de la poésie lyrique, de Christine de Pisan à Michel Houellebecq, en passant par Louise Labé, Ronsard, Du Bellay, Théophile de Viau, Marceline Debordes-Valmore, Baudelaire, Lautréamont, Mallarmé, Segalen... Et, plus près de nous, de Cendrars à Césaire en passant par Supervielle, Senghor, Char, Beckett, Jaccottet ou encore Artaud et Tzara;  qui nous dit avec délicatesse, les larmes dans la littérature, et le paysage romantique comme chef-lieu des émotions. images (3).jpegL'ensemble est beau et bon comme un bouquet de pivoines que l'on s'apprête à offrir, ou bien un verre de sancerre bien frais que l'on saisit, à une terrasse ensoleillée dans les cordages d'un poème -justement. Du côté de La Table ronde, voici un cadeau comme on les aime énormément : l'intégrale des haïkus de Bashô, le maître incontesté du genre. En bilingue et dans une présentation en bichromie subtile et élégante. Un livre de garde, comme on le dit des grandsimages (4).jpegimages (5).jpeg bordeaux, intitulé Bashö. Seigneur ermite. Il y a aussi le nouveau recueil de Jean-Claude Pirotte, Ajoie, toujours aussi tendre et enjoué à la fois, amical et un rien mélancolique, auquel le titre d'un nouveau recueil de Valérie Rouzeau, Vrouz, semble faire écho, avec ce jeu de mots très contemporain, comme le sont ses poèmes à dire, si ceux de Pirotte sont souvent à boire...

  • De quelques vins d'hiver

    grand-moulin-volga.jpgVolga, un vin de chien. Déjà, le nom frappe. Le visuel de l’étiquette emboîte la patte. Pop, voyons-boire : il s’agit d’un vin de pays (des Corbières) sans pompons ni chichis, élaboré par Jean-Noël Bousquet, qui ne manque pas d’humour. Volga, mascotte de son domaine, le château Grand Moulin (déjà évoqué dans ses pages), se voit donc honoré. Le vin est agréable (50% syrah, 30% carignan, 20% grenache : classique), il passe un an en cuve. Nous avons goûté ce 2010 avec plaisir. Pour 4,50€, on ne peut pas lui demander d’aller chercher la lune, mais Volga a un certain chien, une belle clarté aux mirettes, des fruits rouges frais en truffe et un brin de longueur en gueule aussi. « Apporte !.. »

     

    Vacqueyras : l’une de mes AOC préférées (en plus, je suis D&C - Domaine de la Curniere VACQ - BT - 2009.jpgTradition 2010.jpgmembre de leur confrérie depuis 1991 ou 92, mais je ne devrais pas le dire… Encore que l’on jure, lors de n’importe quelle intronisation, de devenir l’ambassadeur du produit qui vous accueille). Alors, après tout...
    Les trois derniers flacons dégustés m’ont plu pour leur homogénéité, leur constance dans le velouté, le soyeux viril (oxymore assumé) qui dissimule au nez –mais pas longtemps : au premier verre seulement-, une puissance qui s’exprime joliment en bouche, avec des arômes classiques de fruits rouges et noirs bien mûrs, voire confits. Un rien d’épicé et un boisé délicat enveloppent le tout et c’est, comme chaque fois un voyage sensoriel. 
    Vacqueyras, c’est du sûr, pour qui aime les vins du Sud (-Est de la France). Ainsi du Domaine de la Curnière 2009 (-de 6€, vendu en grande 

    Les grands cypres.jpgdistribution comme les deux autres), des Grands Cyprès 2010 de Gabriel Meffre, travaillé en agriculture raisonnée (8€), et du domaine de la Brunerie, Tradition 2010 (8,80€) -lequel a notre préférence.

     

    Le château des Pins, Côtes-du-Roussillon 2008, de la Cave Dom Brial Dom Brial-Château les Pins 2008.jpg(grenache, syrah, mourvèdre), primé ici et là (mais  étant parfois membre de jurys de dégustation, je n’attache guère d’importance aux médailles –celles-ci comme toutes les autres), est un superbe rouge à la robe profonde et au nez épicé, de fruits rouges mûrs, avec un côté cuir assez sauvage, qui en fait un vin de gibier. Il est puissant mais sait se calmer si nous l’ouvrons vingt minutes avant (10,30€).

     

    Un autre Côtes-du-Roussillon remarquable se nomme singla-matine.jpgSingla, cuvée La Matine. Goûté en 2009, ce vin de négoce conduit en agriculture biologique (signé Le Comptoir Familial des Vins, de Laurence et Laurent de Besombes Singla) possède une finesse remarquable qui pourrait être prise pour de la légèreté, à l’attaque en bouche, eu égard à l’appellation. Or il n’en est rien, avec ses 80% de syrah et 20% de grenache noir, sa belle longueur corpulente mais soyeuse, ce flacon est un régal sur des grillades d'agneau ou de canard (6,50€).

     

    Du côté des Crémants, en voici un de Bordeaux (bouteille sombre), issu de cabernet-franc, élégant, Icone-RVB-300-DPI-JPEG[1].jpg
    images (1).jpegdélicieusement fruité (fruits jaunes et blancs du verger), mais toujours sec. Un bel effervescent d’apéritif (à 14,50€) qui fait la nique à pas mal de champagnes bruts de base que je ne nommerai pas. Il est signé Jaillance, comme cet autre effervescent, une Clairette de Die cette fois, issue de muscat, donc un blanc pétillant et doux qui se marie avec le chocolat comme les carrés noirs de Valhrôna par exemple. Nez de tilleul, de verveine et de litchi. Bouche légèrement mentholée. Un effervescent de dessert par définition (14,50€). Les deux cuvées se nomment Icône.

     

    Enfin, nous avons re-goûté le rosé du Domaine La Rouillère (voir ici même, à la date du 7 août dernier, mon reportage paru dans L’Express, spécial Saint-Tropez), à l’occasion de la présentation des vins du images.jpegdomaine au restaurant Les Tablettes, de Jean-Louis Nomicos (Paris 16). Je confirme : la Grande Réserve rosé 2011 de La Rouillère (en magnum, je images.jpegprécise), avec sa belle robe pâle, son nez de pêche et de petits fruits rouges, sa pointe à la fois mentholée et poivrée, est un rosé de caractère qui tranche avec la production locale de la Presqu’île dont il est issu. D’ailleurs, cela « fonctionna » bien avec le dessert, composé de poires confites et brioches croustillantes, sorbet citron vanille. À noter la belle tenue du Grande Réserve blanc du même domaine sur un millefeuille de foie gras et de champignons de Paris crus, ainsi que sur un œuf poché au potimarron, émulsion de parmesan et truffe noire; un ensemble d’une onctuosité confondante.