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  • Lectures en vrac

    images (3).jpegLe 5ème numéro de la Revue Mauvais Esprit Ravages (publiée par Hugo & Cie) s'attache des plumes célèbres : Tony Gatlif, le génial cinéaste de Vengo, à propos des gitans, Malek Chebel, athropologue algérien spécialiste de l'Islam, Pap Ndiaye, maître de conférences à l'EHESS, ou encore Esther Benbassa, titulaire de la chaire d'histoire du judaïsme à l'Ecole pratique des hautes études, pour un numéro spécial intitulé Sale race. Un bouquet de textes sans concessions, décapants et salutaires pour dénoncer les racismes ordinaires, les haines quotidiennes, les phobies, les expulsions et une odieuse politique qui n'a pas honte d'elle-même. Superbe maquette enrichie d'un jaune fluo façon stabilo des plus efficaces.

    images (1).jpegA propos des Dogon (expo d'importance au Musée du Quai Branly à Paris jusqu'au 24 juillet), deux livres de photos noir & blanc superbes d'Agnès Pataux (éditions Gourcuff Gradenigo, à Montreuil). Le premier, sobrement intitulé Dogon, nous dit les paysages et les visages avec des rides qui semblent partagées, une aridité fière et une beauté droite. C'est un livre de silence. Le second, Coeur blanc, ventre blanc (parole de féticheur qui signifie qu'on est clair et qu'on peut nous faire confiance) évoque les fétiches et les féticheurs du Mali, du Burkina Faso et du Bénin. Ces objets de divination et de pouvoir sont des oeuvres d'art. Leur puissance, leur charge symbolique semble se lire dans les clichés d'une photographe indéniablement habitée par un sujet méconnu et fascinant.

    images (2).jpegA la rencontre des plus beaux villages de France, d'Alexandre Marion et Thibault Prugne (éd. Eyrolles) présente 155 portraits au trait de villages et de leurs villageois. Car il s'agit d'un gros (320 pages) carnet de voyage avec très peu de textes. Tous les villages répertoriés par l'association des plus beaux villages de notre pays y figurent. Au total, 600 aquarelles, croquis et esquisses qui ont su éviter le piège de l'illustration passéiste, régionaliste et sympa comme un reportage avé l'assent d'une petite télé locale.

     

    vv_book_10.jpgLandes, de terre et d'eaux, proposé par les jeunes éditions dacquoises Passiflore, fiance un texte bref du romancier de terroir à succès Alain Dubos, qui court de page en page pour illustrer des illustrations à l'aquarelle pleine page et sur papier kraft (Landes oblige!), de Philippe Valliez. Une promenade sensible et poétique à travers la nature landaise, entre océan et barthes, forêt de pins et fleuve d'amour, fermes à colombages et objets domestiques, animaux sauvages et symboles forts.

    1280763421.jpgPlantes interdites, une histoire des plantes politiquement incorrectes, de Jean-Michel Groult (éd. Ulmer) est un magnifique album à l'illustration judicieuse et à la maquette originale. Un herbier, de vieilles affiches de cinéma, des documents d'époque, des réclames, des photos étonnantes épaulent avec talent un texte très documenté sur les sujets suivants : les plantes chamaniques (coca, pavot, khat, champignons...), les plantes abortives des faiseuses d'ange (armoise, genévrier sabine...), l'absinthe, la fée verte (à l'histoire trouble -mais enfin réhabilitée!), les plantes invasives (venues d'ailleurs) comme l'envahisseuse mongole, la griffe-de-sorcière ou la renouée du Japon. Et enfin les interdits agricoles : amarante, tabac, vigne, OGM et autre stévia (dont on fait un édulcorant).


    images.jpegEnfin, l'édition 2011 du fameux Guide des Gourmands, d'Elisabeth de Meurville et son équipe (Gourmands & Co) est encore plus riche que l'an passé : plus de 2000 adresses en France et en Europe des meilleurs fournisseurs de tous les beaux et bons produits alimentaires (solides et liquides) imaginables. Annuaire incomparable classé par famille de produits, mais enrichi d'un index géographique, bottin du bon goût, bréviaire du gourmet et du gourmand, ce guide de 480 pages denses, aux commentaires fiables, baptisé carnet d'adresses des chefs et des vrais amateurs, attribue cette année 118 coqs d'or aux meilleurs parmi les meilleurs. Au fil du temps, ce bouquin devient le compagnon de toute personne soucieuse de manger bon. Et ça commence à faire du monde!

     

  • Maman

    01069851022.GIFMaman chérie. C'est le titre d'un élégant folio sous emboîtage de velours rose (9,90€) qui célèbre toutes les mères. L'anthologie littéraire est composée d'extraits de textes célèbres tous parus chez Gallimard, et qui vont bien au-delà du célébrissime Livre de ma mère d'Albert Cohen (dont trois pages ouvrent néanmoins le volume) et de La Promesse de l'aube de Romain Gary. On y lit ou relit avec un immense plaisir des pages de Camus (Le premier homme), Sartre (Les mots), Duras (Un barrage contre le Pacifique), Modiano (Un pedigree), mais également du Bobin (La part manquante), du Ben Jelloun (Sur ma mère), du Perec (W ou le souvenir d'enfance), et des choses éparses parfois splendides, souvent touchantes : Annie Ernaux, Jules Renard, Jules Vallès, Sempé/Goscinny, Steinbeck, Céline, Erri De Luca, Charles Juliet -les extraits de ces deux derniers sont à encadrer, Musset, Proust (le célèbre passage de Du Côté de chez Swann ou le petit Marcel évoque "la puberté du chagrin et l'émancipation des larmes" et même du Jean-Louis Ezine. Gary est émouvant lorsqu'il déclare que, "avec l'amour maternel, la vie nous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais". Son fils Alexandre Diego Gary (dans S. ou l'espérance de vie) est bouleversant lorsqu'il avoue avoir été tenté de tuer l'entourage de sa mère, "tant j'avais besoin qu'elle me porte son attention, à moi et à personne d'autre". Car le livre, divisé en plusieurs parties, classe les textes en fonction de la douceur d'une mère (les souvenirs d'enfance), de l'ingtratitude inattendue : "ma mère, c'est la cinquantaine épanouie dans l'égoïsme" (Morand), et enfin des mères disparues. Car la perte de la mère engendre des romans depuis l'aube de l'humanité. Ce travail de deuil par l'écriture est devenu un genre littéraire, pourrait-on dire. Inutile de préciser que c'est un petit cadeau à glisser dans la poche d'un môme qui ne saura pas quoi offir à sa mère, le dimanche 29...

     

     

     

  • Flacons

    images (2).jpegBu Le Désordre (rouge, 2009) le Saint-Chinian d'Anthony Tortul, Domaine La Sorga, au Baratin, célèbre bistro du 20ème à Paris, tenu par Raquel et Pinuche, et c'est excellent! Gourmand, complètement sur le fruit, ce vin absolument naturel est un grand bonheur de flaveurs franches.

    Goûté 4 rosés de Vacqueyras, l'une de mes appellations préférées en rouge : magnifique Monardière (2010) de Martine et Christian Vache. Robe pâle, nez fruité (agrumes, pêche), bouche délicate. C'est un vin issu d'un assemblage de rosé de saignée et de rosé de pressurage direct, élevé six mois en cuves sur lies fines. Les Ondines (2009) situé sur le beau plateau des garrigues de Sarrians, face aux Dentelles de Montmirail chères à Char, est soutenu à l'oeil, avec un léger perlant à l'ouverture. Frais en bouche, c'est un rosé vineux comme on les aime, avec une longueur persistante. Seigneur de Fontimple, produit par la très performante cave coop Vignerons de caractère, engagée à fond dans l'agriculture raisonnée et le développement durable, est un 2010 franc et puissant, charnu, désaltérant cependant, et délicatement épicé. Le Couroulou, (courlis : l'oiseau, en Provençal) de Guy Ricard, malgré une bouteille légèrement bouchonnée, laisse apparaître, avec cette cuvée Rosette 2010, de jolies notes de framboise, cassis, myrtille, cerise, et une longueur en bouche remarquable.

    Le rosé du château Cavalier (Pierre Castel) en 2010, est un côtes-de-provence à la robe saumonnée très brillante, au nez exotique (fruits) et à la bouche ample et généreuse. Jalade, du fameux domaine de La Clapière (Pays d'Oc, près de Pézenas) est un rosé 2010 plus facile que le précédent, un vin de soif, très aromatique, d'une fraîcheur durable et pourvu d'un nez de fruits rouges soutenu.

     

     

     

     

     

  • DSK, Panurge, Deloire

    Un lynchage dont la presse est responsable : merci confrères!

    Une dictature aveugle de l'humeur, propagée à la vitesse de la lumière : sympa la Toile!

    L'omnipotence du préjugé.

    La propagation de la rumeur en toute impunité -pire : relayée par une opinion qui se moque de n'entendre qu'une version de prétendus faits.

    L'indécence.

    L'oubli fondamental de la circonspection, de l'observation silencieuse, de la patience, de l'écoute, de l'enquête, de la froideur nécessaire aussi. 

    Quid de la présomption d'innocence, aux USA, avec un tel ramdam?

    Le règne d'une pudibonderie nauséabonde.

    L'inintelligence, au fond.

    La bêtise qui s'assume.

    L'aplomb des cons qui jugent, aboient, bêlent.

    Et qui n'ont même pas conscience de la honte qui les fige.

    Nous voilà revenus au temps des tribunaux expéditifs et fantaisistes de l'Inquisition, aux procès en sorcellerie, au tabassages de rue : lynchage, ratonnade. A l'esprit Dupont la joie, le film.

    Au réflexe insensé du groupe animal en migration : gnous, étourneaux.

    Au chien abattu par son maître qui l'accusait de la rage...

    Panurge.

    Sans parler d'un possible complot, ou réglement de compte, en provenance de la droite française ou des ennemis de DSK au FMI -il en a tant.

    (Et si je puis me permettre, en pleine politique-fiction, un voeu totalement subjectif : Vivement que cet homme brillant qui aime les femmes qui l'aiment -et alors?- soit blanchi, que d'odieux coupables soient menottés à leur tour et qu'il ambitionne de présider un jour la France).

    Je recommande l'opinion libre de Christophe Deloire, directeur du CFJ (Centre de formation des journalistes, à Paris) et auteur de Sexus politicus (Albin Michel), que publie Le Monde et lemonde.fr, cet après-midi. Extrait :

    "Se garder de propager les rumeurs, tel est notre devoir. Les laisser se propager sans avoir la curiosité de les vérifier est une erreur. Nous devons avoir la décence commune, comme dans le poème de Rudyard Kipling, Tu seras un homme mon fils, de recevoir d'un même front "deux menteurs", le triomphe et la défaite, et ne pas mentir d'un seul mot. Le rôle des journalistes ne consiste pas plus à accabler Dominique Strauss-Kahn qu'à faire office de témoins de moralité, il consiste à approcher au plus près de la vérité, sans jamais considérer qu'un procès-verbal même avec un tampon officiel, est une parole d'Evangile, sans jamais nous autoriser non plus à ne pas savoir faute d'avoir cherché."

  • Cuisine et littérature

    Il s'agit d'un Salon. Il se tiendra les 4 et 5 juin à La Colle-sur-Loup (près de St-Paul-de-Vence). Histoire de fiancer le temps d'un week-end la gastronomie et ce qu'on écrit sur elle. Cli-clic ci-dessous :

    http://cuisineetlitterature.com/2011/leon-mazzella.html