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  • Camus

    La France moisie, c'est encore la récupération d'Albert Camus par l'instigateur d'une politique on ne peut plus anticamusienne, et qui siège actuellement à l'Elysée. Il serait temps de relancer Combat, le journal de l'auteur de L'Etranger. La France moisie, c'est celle qui affecta une moue dégoûtée de grand bourgeois à la vue d'un pauvre dans son parc, lorsqu'un type du peuple, fils d'une mère analphabète et d'un père mort en 14, né en Algérie, lorsqu'un "petit pied-noir" devient Nobel de littérature à 44 ans. Aussitôt, la bien-pensance lui tourna le dos, ne souhaita pas l'admettre parmi les siens. Elle le déclara faible romancier à la prose facile (le Nouveau roman était alors dictatorial) et, plus douloureux encore, "philosophe pour classes terminales" -l'expression est de feu mon ami Jean-Jacques Brochier. (Sartre régnait alors sur la pensée hexagonale). Jean-Yves Guérin, qui signe un Dictionnaire Camus chez Laffont, a ce mot juste et assassin à propos de l'essayiste : "Camus est à BHL ce qu'Edith Piaf est à Vanessa Paradis" (piqué dans l'Obs paru hier). La belle revanche du fou de foot et de théâtre, c'est d'être plus connu et davantage lu dans le monde entier, que n'importe quel écrivain français depuis l'invention de la plume, ou presque (il faudrait vérifier pour Dumas et Hugo). Et, au risque de me contredire, si ce paramètre ne vaut rien à mes yeux lorsqu'il s'agit d'un Paolo Coelho, d'un Dan Brown, ou d'un Marc Lévy, il me semble posséder une teneur autre, pour Camus.

  • la mano negra

    Le 11 juin 1986, Diego Maradona marque avec la main. On appelle cela la main de Dieu. C'est Maradona.
    Pour Thierry Henry, c'est la main de qui ?..

    (puisque l'actualité de ce matin n'est qu'une chanson d'un geste)

     

    Eric Raoult dans Le Monde daté de samedi, épinglé par Le Nouvel Obs : Réaffirmant que les propos de Marie NDiaye qualifiant de "monstrueuse" la France de Nicolas Sarkozy sont "inadmissibles", Eric Raoult ajoute: "Même Yannick Noah et Lilian Thuram n'en ont pas fait autant qu'elle".
    "Yannick Noah et Lilian Thuram ? Sa critique initiale ne portait donc pas exclusivement sur la liberté de parole des écrivains? (...) Serait-ce donc la couleur de leur peau qui inspirerait ce 'rappel à l'ordre', pas vraiment 'républicain'?", se demande Bertrand Delanoë...

     

     



  • Bu

    La cuvée Clos Victoire (rouge) de Calissanne, en Coteaux d'Aix-en-Provence 2006 est un miracle de fraîcheur et de puissance contenues, et comme maintenues sous le boisseau de saveurs grasses (luisantes), subtiles et complexes, un peu comme ces belles charpentes rassurantes et les tomettes de couleur chaude au sol. Nez floral et herbacé, bouche ample et droite. Belle profondeur. Idéal sur une pâte molle affinée longtemps, et sur une viande rouge servie bleue mais chaude (pavé épais ou magret). Les rosés de cette zone (Lançon de Provence) sont archi connus et plutôt (régulièrement) bons. Les rouges d'exception y sont rares. En voici un. 60% syrah, 40% cabernet-sauvignon de plus de 30 ans, malolactique, macération longue, passage en fûts 14 mois durant, bichonnés par un certain Jean Bonnet. Splendide.

    On me signale à l'instant une cuvée Léon le cochon, signée Matthieu Dumarcher, vigneron bio à La Baume de Transit, dans la Drôme, soit un côtes-du-rhône, semble-t-il très recommandable. Je le vérifierai bientôt, pour vous en dire un mot.

    Mais avant, je veux souligner la rectitude, au nez comme en bouche (dont la longueur est à la manière d'un final d'une ouverture de Beethoven), d'un margaux en pleine renaissance. Nathalie Perrodo est aux commandes, à la suite de son défunt père. Il s'agit d'un troisième Grand Cru classé, encépagé à 65% de cabernet-sauvignon, 30% de merlot et 5% de petit-verdot, en moyenne.  18 mois en barrique, dont 60% sont neuves, le tout constituant une règle souple  (donc trangressable, sinon à quoi servirait une règle, ressemblant en cela à toute Loi?), obéissant aux éléments, lesquels, comme femme, varient. Cela mérite une convergence de spots sur Marquis d'Alesme Becker 2007. Retenez bien ce code. Composez-le chez votre caviste. S'il ne l'a pas, commandez. Puis donnez-moi des nouvelles du petit, que vous aurez choisi gros, soit en magnum : c'est toujours préférable, et là, indéniable. Sachez que le jeune homme (le vin est signé Philippe de Laguarigue, qui oeuvra à Lynch-Bages et  Montrose) excelle déjà sur le rouget barbet comme sur les champignons de sous-bois (cèpes, mousserons, trompettes, girolles) et de sous-sol (truffe noire), ou encore sur le gibier bien sanguin, à plumes et à poil. Ce margaux-là a donc été relooké de l'intérieur : allez-y boire. (Je me souviens du tremolo dans la voix de mon père lorsqu'il en débouchait un, dans les années 70, déjà... Il avait la même emphase lorsqu'il remontait un Labégorce ou un Labégorce Zédé, autres propriétés de Margaux du giron Perrodo). Scoop : Zédé va disparaître en fusionnant... A suivre : pas tout d'un coup, Ho!