samedi, 20 juin 2009
Ecrire, c'est exister contre
Elisabeth Barillé, dans son Petit éloge du sensible (folio) : "Savourer ses sensations suppose d'en rester un tant soit peu détaché. C'est l'art des oenologues : ils posent dans leur bouche un passage de vin à déguster, en tournant attentivement les pages, en brassent les saveurs. Quand ils le recrachent, leur coup de langue est aussi un coup du cerveau se détachant de ce qu'il vient de savourer en le jugeant. En gros, tout est affaire de diététique (de dieu, d'été, d'éthique). La finesse du sensible dépend d'une diététique de la conscience. D'elle, Roland Barthes disait qu'elle était, au sens banal du terme, un plaisir."
Plus loin : "S'il suffisait de se lâcher pour écrire, tout le monde écrirait. Se lâcher, c'est à la portée de tous, alors qu'écrire, c'est faire preuve de contrôle, juger ses pensées, peser ses mots. Inventer un langage, son langage. Poser sa voix. Ce n'est pas si simple..."
Enfin : "Ecrire, c'est résister sans cesse. Ecrire, c'est exister contre."
11:46 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : e.barillé














Commentaires
écrire disent-ils
Ecrit par : Leo Nemo | samedi, 20 juin 2009
Écrire. C'est quelquefois de l'oxygène...Sans les bouteilles...
Ou alors mieux! C'est les remplir, pour pouvoir survivre...
Ecrit par : pierrot la tombal | dimanche, 21 juin 2009
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