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jeudi, 01 mai 2008

Aphorismes sous la lune



 

Nous avons évoqué ici même les deux précédents ouvrages de Sylvain Tesson, infatigable marcheur, travel-writer, loup solitaire constamment into the wild, sorte de Walden (de Thoreau), d'homme ayant recours aux forêts (selon Jünger), de Jack London de tous les horizons possibles, un écrivain du grand dehors, héritier de Chatwin, Théroux et Bouvier. Nous avions loué les qualités de son "Petit Traité sur l'immensité du monde" et de son "Eloge de l'énergie vagabonde". Paraissent ses "Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages" avec de délicates illustrations bleu nuit, noir et blanc de Bertrand de Miollis (les trois aux éditions des Equateurs). Ce sont des pensées ultra-courtes, entre le haïku et le mot d'humour, le calembour et le fragment à la Jules Renard (dans son Journal). Toutes ont trait à la vie sauvage, loin des hommes et de ce qu'ils (dé)font de la planète en jouant dangereusement avec elle.

Le livre ouvre avec celle-ci : La mer : un coeur qui bat entre deux côtes. A chaque page, une trouvaille tendre, séduisante : Un paysan ignorant dans un champ cultivé... A quoi rêve un sage endormi dans un champ d'herbes folles?.. Idiot du bocage : sot de haies... Boire du thé fait pisser le temps... (c'est bien vrai!). Ce n'est pas en les coupant qu'on rendra meilleures les mauvaises herbes... Un fruit de la Passion rêvait de rencontrer un buisson ardent... La mer est la descente de lit des fleuves... Le courage n'existe pas : même le soleil se couche... Une régate de femmes voilées sur le trottoir d'une ville d'Islam... La ville : gueule de bois des hommes ivres de nature... Le Marais est un quartier chic où vivent les vanneaux huppés... On  ne rempote pas une jeune fille en fleur... Voyage organisé : oxymore... J'aimais flâner avec elle. Sans "L", je fâne...

Et beaucoup d'autres comme celles-là, glânées au hasard. Lisez Tesson, et faites passer.

-8

J'ai bu de l'alcool pour la dernière fois -du champagne ordinaire, tiède, dans une flûte en plastique, au stand des Presses de la Cité du Salon du Livre de Paris, le 18 mars dernier vers 22 heures. En la voyant disparaître à l'angle d'un stand voisin, j'ai reposé ma flûte en me disant. Plus jamais. Depuis, je n'ai même pas mangé de boeuf bourguignon, ni croqué un chocolat à la liqueur! Résultat annexe mais appréciable : -8 kilos. Une pêche d'enfer. A l'aube, chaque jour, ginseng, gingembre, guarana, vitamine C, café. Puis thé vert à la menthe toute la journée. Thé au jasmin ou gingembre chaud au cours des repas. La faim d'écrire est revenue. Il paraît que mes mots ont gagné en qualité. La tension artérielle est redevenue zen, lorsqu'un con m'agresse dans la rue ou en vélo, je lui souris. Incapable de m'énerver, je siffle en travaillant en musique, chante sous la douche, ai retrouvé une peau de pêche, gagné déjà deux crans à ma ceinture. Pire : s'il pleut, ce sont les  rayons du soleil que je vois tomber. C'était simple, au fond. Si simple.

L'été sera velu

 

1642321011.jpgSon possible retour parmi les Bleus, à l'occasion de la tournée en Australie, en juin prochain, se dessine au silex et au charbon sur les parois de Marcoussis, caverne arverne.

Lièvremont l'a laissé entendre.

Chabal revient, Ileana.

C'est mieux que Jésus!

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