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  • Les Oblongues de Richard Escot

    C'est une plume. Grand reporter à L'Equipe Magazine, Richard Escot nous donne -après tant de livres consacrés au rugby- un magnifique recueil de cairns, ces tas de pierres qui balisent un sentier de randonnée en montagne. Titre : Les Oblongues (Atlantica). Le rugby est leur sujet, l'amitié leur credo, le rebonds leur relance, la digression leur effet de style, l'envoûtement leur signature générale. Dénominateur commun : l'esprit, l'état d'âme d'un sport tellement au-delà du sport (on ne le dira jamais assez) et la fraternité des hommes qui vivent pour donner, sur les stades, un surcroît d'existence, de sens, de sel, à leur vie. Car il arrive que l'on naisse (surtout sous la Loire mais pas que, pas que!), avec un coeur ovale qui palpite plus fort le samedi à l'entraino et le dimanche sur la pelouse. Il arrive aussi que l'on vive rugby, que l'on pense rugby, que l'on ovalise sa vie, que l'on fasse de ses jours et de ses nuits une ode oblongue schtroumpfée au XV (ou au XIII, voire au VII). Cela s'appelle l'état d'esprit. Etre rugby. Comme on est peintre ou pianiste. Escot est né chantre, reporter-écrivain du rugby. Ses histoires, un beau pack sous la couverture de son dernier opus, sont un superbe hommage, sensible, généreux, talentueux; une déclaration d'amour. Allez-y et revenez en parler ici, té! B(l)anco!

  • Michelet en 17 volumes

    L'entreprise revient aux éditions des Equateurs : publier la monumentale Histoire de France de Jules Michelet (1798-1874), parue dès les années 1833 (la présente édition est issue de l'incontestable "édition Gabriel Monod", publiée à cette époque à l'enseigne de la Librairie Ernest Flammarion). Monumentale entreprise d'édition! Courageuse, salutaire, formidable. C'est bon, c'est merveilleux, de (re)lire -de découvrir, pour ce qui me concerne, le savoir, doublé du style de Michelet, son souffle, "son" Histoire des Français. Cela débute avec La Gaule, Les Invasions, Charlemagne, et s'achèvera (en librairie, à la fin de l'année probablement), avec Louis XV et Louis XVI. Michelet, c'est une encyclopédie, un ton, un rythme, une patte, des idées ditillées aussi!.. Un écrivain, un vrai, dans la marmite à neurones d'un historien hors-norme. Cette édition, en semi-poche, de 17 volumes (15€ l'unité, c'est cadeau),  parait à un rythme soutenu. J'en ai cinq devant moi. Un ou deux autres ont du déjà les suivre. C'est un événement. Editorial, intellectuel, national. Deux universitaires, Paule Petitier et Paul Viallaneix, en ont assuré la maîtrise et l'orchestration, l'enrichissement et l'édition générale. L'idée de génie revient à l'éditeur, Olivier Frébourg, lequel dirige ses Equateurs. Il s'agit véritablement d'un chef-d'oeuvre (à l'origine, d'un travail titanesque, mais vraisemblablement jouissif pour son auteur, lequel y consacra quarante années de sa vie). Cette Histoire de nous-mêmes, donne à redécouvrir notre pays, ses habitants, ses acteurs, depuis les Celtes et les Ibères jusqu'à la décaptitation du Roi Soleil...  Cerise sur le gâteau : cela se lit comme un (bon) roman d'aventures.

  • Pasta della casa Mazzella

    252656249.JPGBon, tu possèdes la petite machine à faire les pâtes que l'ont rouve chez Ikéa pour pas un rond -et sans doute ailleurs. Tu as de la farine, norme 55. Tu as des oeufs frais fermiers dont le jaune t'évoque un coucher de soleil sur l'Etang Noir, à Soustons (photo ci-dessus, prise à Athènes. Tu vas pas me faire un gorgonzola pour çà!). Vas-y, alors! Tu verses la farine dans un saladier, deux fois plus de jaunes que de blancs et tu pétris. Cinq bonnes minutes, bien, en pensant à ce con qui te doit un oeil et qui ne répond plus à tes courriers recommandés. Puis tu laisses reposer, lorsqu'elle est devenue ferme et élastique, quasi k.o., une heure au frigo. Là, tu prends le temps : un havane, musique baroque, tu lis tes mails, tu musardes sur le Net en feuilletant un bouquin... Damned! Aimé Césaire, (bon, 94 ans, d'accord), est mort. Donc tu dédies ton plat de pâtes de ce soir au poète de la Négritude. Tu n'auras qu'à dire que cela s'appelle Moi, laminaire, ou Cadastre, ou bien Cahier d'un retour au pays natal. Il le mérite amplement. La pasta aura l'accent martiniquais. C'est peut-être aussi cela, la world food, la fusion truc... Bon, bien sûr tu auras ajouté pas mal de trucs à côté/dedans, à la fin : courgettes en dés, pignons, ricotta, San Daniele, ail, tomates cerises, des herbes en veux-tu en voilà... Les proportions? Bé... Au pif, té! Genre... Un demi paquet de farine pour douze jaunes et six blancs d'oeufs. A quatre, ça devrait le faire. Tes deux mains et Roule!..

     

    "ainsi

           toute nostalgie

                                 à l'abîme

                                               roule."

    Aimé Césaire, Abîme, in Moi, laminaire... (Points/Poésie).