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je me calfeutre

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Le calfeutrage est une prison volontaire d’une grande douceur. On se love, on tourne en rond comme un chien au-dessus de sa couche, et pour un peu nous gratterions instinctivement, comme lui (et de manière totalement absurde, mais l’instinct n’est-ce pas…) jusqu’au carrelage, afin d’y trouver la chaleur imaginée sous la terre froide en sa surface. « Je me calfeutre », dit Cyrano. J’aime ce « feeuutre ». Le sentez-vous seulement? Il dit tout de ce que nous prenons alors soin de dissimuler avec circonspection : nos pieds d’abord, notre cou, nos extrémités, sauf le nez, quoique. Sous le plaid, la couverture, la couette, l’ensemble couvrant, le toit de la tente, même si celui-ci nous prive de la voute céleste et étoilée. J’ai vu des kayaks transparents à Mayotte. Quelle divine invention! Existe t-il des tentes translucides, comme à l’hôtel merveilleux « Aire de Bardenas », en Navarre, soit en plein désert, qui puissent nous offrir la possibilité de faire l’amour tout en regardant Orion ou la Grande Ourse – ce qui n’empêche aucune jouissance, bien au contraire. Aujourd’hui, 8 janvier, il ne fait pas chaud, et un tel euphémisme est toujours « le moins que l’on puisse dire ». Ou écrire. J’ai pourtant une furieuse envie d’enfiler une combi intégrale, de prendre une planche et d’aller, de courir, surfer. Glassy. Un mètre, un mètre cinquante, La Chambre d’Amour, ma chambre d’amour, des vagues accortes, avec des tubes ronds comme la nuit opportune, un vent d’Est, un ciel bleu pur et dur, un horizon sans promesses, pour une fois. « Que faire ? », dirait Lénine. « Foncer », répond Macron. Et vlam ! Mon époque me désespère, « la marée montante de la bêtise » (Camus) me rattrape. Faute de cieux, je choisis de lire Onfray pour tenter d’oublier tout ce bastringue. Nous surferons un autre jour. L.M.

 

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