Narassa
Il s'agit d'une sélection parcellaire d'1,6 hectare sur laquelle de vieux cépages du Roussillon s'épanouissent : grenache noir surtout, et gris, carignan, et enfin mourvèdre. Cette parcelle est tournée vers le Pic de Narassa, d'où le nom de la cuvée. Un terroir complexe, lit-on sur l'étiquette, où roches anciennes et roches neuves se combinent : calcoschiste pur sur argile bleue, pour les férus de géologie. Un lieu frais, en somme. Et un rosé soigné, signé Mas Amiel (à Maury), très légèrement perlant à l'ouverture, avec une robe saumonée, un nez pourvu d'un joli acidulé, où percent les fruits du verger à chair blanche et les petits fruits rouges du sous-bois. Bouche citronnée couvrant l'acidulé. Un vin pour la table, qui appelle la caponate et les côtelettes d'agneau à la rescousse (17,60€) Alliances : Un chemin de tables, de Maylis de Kerangal (Seuil), en écoutant Porgy & Bess (Ella & Louis).
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Laurent B. est un formidable rosé du domaine Brusset, à Cairanne (grenache, mourvèdre, syrah) : la force tranquille, la suavité et la délicatesse se sont donné rendez-vous. Rose (nez), cerise, fraise, coing (en bouche), épicé (fin de bouche) : une puissance qui augmente à mesure, comme le moteur d'une Triumph Bonneville. C'est progressif, et empli d'une franche fraîcheur (7€)
à la robe sombre, vineuse, hors-mode. Charnu, friand, gourmand, le cabernet-franc exprime ici sa capacité à se tenir bien à table, pour un repas de charcuterie et de grillades (6,90€).
(mourvèdre et un peu de cinsault) a un côté agrume (pamplemousse encore vert) trop agressif. On y cherche le raisin et les sortilèges qu'un rosé est capable d'exhaler, sous, également, un peu de fruits rouges et un soupçon de litchi (14€)
avec des tapas entre copains : un rosé sans chichis mais avec du corps (4,15€). 
Garcia Marquez, bien sûr, mais pourvu de ce petit côté plus loufoque que surréaliste, qui rend la folie amusante, la mort supportable, la peine gaie, et les larmes indistinctes. C'est un court roman fantasque, et de lin, oui, un livre comme le costume blanc que porte Marcello Mastroianni dans Les Yeux noirs (le film magnifique de Nikita Mikhalkof). Elégant, aérien, délicat. Un livre cousu de grâce. L.M.