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  • Puisque Proust déclenche...

    ...En voici une, cueillie dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs :

    Quand on aime, l'amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l'arrête, le force à revenir vers son point de départ, et c'est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l'autre et qui nous charme plus qu'à l'aller, parce que nous ne reconnaissons pas qu'elle vient de nous.

    ...Alors qu'en réalité -ou plutôt dans une scène décrite avec humour par Roger Nimier, dans son roman Les Epées : "je" dîne en tête-à-tête avec elle (et l'amour que je lui porte), lorsque soudain, je sens quelque chose... je me crois aimé, je vérifie... et ce n'est que le pied de la table qui touche ma chaussure.

    Mais bon. (Tant de mains pour transformer le monde et si peu de regards pour le contempler. Julien Gracq).

  • Hommage à Cesar Rincon

    « Le petit homme », comme le surnommait Bala (Pierre Albaladejo) au cours de cette soirée qu’il anima avec Zocato, était venu, avec son sourire, la bonté de son regard, l’humilité de ses silences, sa femme ; son père. Vêtu d’un beau costume sans lumières, Cesar Rincon était à Paris, avant-hier soir, pour une soirée privée (et surprise) donnée et concoctée en son honneur.

    L’honneur de l’immense maestro colombien qui a fait ses adieux à la tauromachie.
    Aujourd’hui ganadero dans son pays, dans une finca perchée à plus de 2400 mètres d’altitude, Rincon demeure le torero qui a le plus respecté le toro, qui n’a jamais refusé d’en toréer un seul au prétexte qu’il l’aurait (commodément) jugé intoréable.
    Rincon nous a donné l’occasion de voir, presque à chacune de ses corridas, comment il évaluait un toro, gommait ses défauts, voire ôtait sa mansedumbre et en révélait sa noblesse ou son fond de caste. Torero de respect, il aura profondément marqué les années 90.
    Une belle poignée d’aficionados, réunis autour de Jean-François Mengelle, venus principalement de Bayonne et Dax, pour rejoindre l’aficion parisienne (du Sud-Ouest), avait décidé d’organiser cette belle fête au théâtre Edouard VII.
    ¡Suerte Cesar !


  • Principessa

    J'imagine un peu ce que serait ma journée, si maman, qui était au lycée à Oran, dans la même classe qu'un jeune duduche dégingandé, disait-elle, nommé Yves Saint-Laurent, avait préféré cet homme à mon père!..

    Plus sérieusement, et pour répondre aux pieds en éventail d'une Angélique rechargée par son week-end, voici, non pas une réflexion philosophique, mais une phrase de Proust, extraite du Côté de Guermantes. Pour la beauté :

    "...mes regards se sentirent croisés par l'incandescence volontaire et les feux des yeux de la princesse, laquelle les avait fait entrer à son insu en conflagration rien qu'en les bougeant pour chercher à voir à qui sa cousine venait de dire bonjour, et celle-ci, qui m'avait reconnu, fit pleuvoir sur moi l'averse étincelante et céleste de son sourire".