Vivifiant

Plage de la Petite Chambre d’Amour, hier après-midi. Premier bain de mer. Vivifiant. L’expression m’évoque Paul Morand. Le clapot apaisant d’un océan méditerranéen – une fois n’est pas coutume – ajoute à la sensation d’être au bord des lèvres de la mer tyrrhénienne, laquelle me manque. Y remédier rapidement. Le sable est désert ou peu s’en faut. Quelques rares chercheurs d’yeux de Sainte-Lucie, ce ravissant petit coquillage rond réputé porter bonheur, avancent plus lentement que des escargots, tête baissée, caressant le gravier d’un pied nu dans un mouvement d’essuie-glace, mains dans le dos, seuls à la lisière du monde. Quatre pétasses à la peau immaculée et aux faux-cils démesurés, serrées comme des sardines sur leurs serviettes étalées au milieu de nulle part, écoutent un rap assourdissant aux paroles violentes. Je me déplace quinze mètres plus loin. Il convient de renoncer à affronter une telle outrance ; tant d'incivilité banalisée. Je perçois mieux le murmure océanique. La drague rouge Hondarra clape devant. Une vedette de la Marine croise au large. La chaleur tape. 30°C. Un vent salutaire caresse ma peau. Les goélands affalent sur la plage à la manière des pigeons de ville dans une flaque de soleil. Sérénité. Je lis un livre pour la sélection du prix Paul-Jean Toulet. Du sable se glisse entre les pages. Je les secoue. L.M.