Holder se lâche
Le nouveau recueil de nouvelles d'Eric Holder, Embrasez-moi (le dilettante) est très cul, mais avec tellement de littérature que c'est un délice priapique. Sept nouvelles d'enfilades par surprise, avec des "oh!", les voies et détours de la f(r)iction, un talent fou pour dire la chose et surtout son approche, forcent l'admiration. Car le sujet (littéraire), qui est vieux comme l'écriture ou presque, est périlleux, pour ne pas dire casse-gueule. Holder s'en sort avec maestria, précision, une armada inouïe de métaphores succulentes et une tendresse qui éloigne chaque glissement de toute vulgarité, même s'il saupoudre ses phrases d'une touche de grivoiserie bienvenue. Ses nouvelles sont de petits chefs-d'oeuvre de littérature érotique. On en redemande, après la pause pratique.