En relisant Esteban
Claude Esteban, poète essentiel.
Ta langue, tes seins, ton sexe. Je te retrouve en deçà des feuilles, sous le pollen. Je me glisse dans l'écartement des pétales. Je te surprends, toute neuve d'avoir gémi. Tu trembles, tu me retiens, tu me déracines. Je bois le sel qui se répand de chaque lèvre. Je m'enfuis.
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Je m'éloigne de l'aube. Je
rejoins
ce puits d'ombre qui dure sous les étoiles.
Rien n'a bougé. Les phrases
du désir
habitent la mémoire.
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Extraits de : Le jour à peine écrit (Gallimard).