Une tendre avalanche

Il est des avalanches dont nous souhaitons notre ensevelissement, à l’instar d’une image qui me hante depuis trop d’années : « Il entrait en moi comme l’eau dans la bouche du noyé quand la résistance de la vie est passée et qu’il ne reste que la volupté de mourir » (Pierre Drieu la Rochelle, « Rêveuse bourgeoisie », page 517 dans l’édition folio). Une avalanche ne prévient pas. C’est heureux. Et à la fois malheureux. Chaussé de skis sur une pente raide de neige tollée, c’est bien plus inquiétant que devant un lot de pages délivrées, étalées sur un canapé. Ces mois d’octobre, et de novembre naissant me submergent de poésie en provenance du numéro 5 de la rue Gaston Gallimard. Il y a un peu de tout. Je souligne une production anormalement copieuse. Qui s’en plaindra. Jean-Pierre Siméon est-il à la manœuvre. Ces mots, cette photo sont là juste pour dire que je reviendrai sur ces ouvrages après les avoir tous correctement lus. Mais je pressens d’ores et déjà mes préférences... L.M.