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Avec Rimbaud, il suffit d'un vers...

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... pour être emporté. Exemple, ce matin, je relis le poème Ophélie, qui possède les accents du Dormeur du val, et ce vers, le trentième, me cloue : Tu te fondais à lui comme une neige au feu. J'en ai frissonné. Certes, c'est l'image, à la Gracq ou à la Giono (je suis en train de me régaler avec Le Chant du monde) qui interpelle, séduit. En littérature, il suffit souvent de l'usage de l'adverbe "comme" (à condition de ne pas en abuser et de lui trouver des remplaçants) pour créer immédiatement une sorte d'émerveillement. Les exemples sont nombreux. Et nous pourrions nous amuser à en collectionner une belle ribambelle... 

Le poème de Rimbaud évoque l'Ophélie peinte par J.E. Millais (ci-dessus) et surtout le personnage de Shakespeare (dans Hamlet), qui devint folle, se suicida (?) en se noyant dans un ruisseau et dont le corps entouré de fleurs flottera mille ans sans être altéré. Un mythe naquit.

Gaston Bachelard, dans L'Eau et les rêves, s'est penché sur "le complexe d'Ophélie". L'eau est la vraie matière de la mort bien féminine, écrit-il. L.M.

 

 

 

Commentaires

  • Si "comme" provoque l'émerveillement, alors on peut comprendre pourquoi "A la recherche du temps perdu" soulève tant d'enthousiasme.

  • En effet, cher M. Boeuf, Proust n'est pas le dernier ni le plus malhabile dans l'emploi de l'adverbe commode. Notez que dans l'oeuvre de Gracq, son usage est vraiment très présent, mais on ne le sent jamais, il ne pèse pas, il me semble même qu'on ne l'entend pas, et que l'on ne perçoit et retient que ce à quoi il se rapporte : la juste comparaison. C'est la magie de l'auteur du "Rivage des Syrtes" et de tant de chefs-d'oeuvre. Mais, je suis "un lecteur partisan", comme il disait...

  • C'est bien d'être partisan.

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