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vendredi, 09 mai 2008

Se sentir eluardisé, l'après-midi

La courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu

C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l'innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards.

 

Paul Eluard, Capitale de la douleur, Poésie/Gallimard

 

 

 

 

Commentaires

Je connais bien ce poème et pourtant mon esprit ne retiens toujours que les trois mêmes vers, le premier bien sûr, et les deux derniers, si belle conclusion. Ces trois vers disent tout sur l'importance du regard de l'être aimé; qui devient simplement: tout. J'adore ce poème! merci

Ecrit par : TiBo | vendredi, 09 mai 2008

De rien TiBo. C'est en effet un bon petit classique de la poésie amoureuse, un de ces poèmes qui font du bien et qui font mal à la fois, mais que l'on ne peut se retenir de reprendre comme on se repasse une chanson de Brel. Eluard excelle dans ce domaine .On dirait qu'il est venu sur terre pour çà!..

Ecrit par : Léon | samedi, 10 mai 2008

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