Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 08 août 2011

A votre épaule dormira un essaim amoureux

Les amants invisibles s'expatrient chaque soir,

ils exilent leurs forces, l'eau ferme leurs yeux :

pourquoi l'ombre est-elle véhémente sur leur som-

meil?

  L'un dit que le chemin orné de sa douceur mène

à la douceur de celle qu'il enchante.

  L'une découvre dans l'altitude de son ventre des 

fleurs humides.

  Les amants invisibles sont un cratère heureux. 

Jean-Pierre Siméon, Ouvrant, le pas, Cheyne éditeur.

 

images (1).jpegAu début, je trouvais que ce poète avait trop lu René Char au point d'en avoir la langue imprégnée, prisonnière même, à l'instar d'une Peau d'Âne. Il est vrai que Char est un poète si inspirant, qu'il aveugle nombre de ceux qui le pastichent, font du, sans le vouloir, veux-je penser. Mais voici un poème personnel, puis un autre -le recueil en comprend beaucoup, qui me permettent de reprendre la poésie de Siméon avec sérénité. Soit en oubliant ce qui ressemble à des emprunts (faits à une morale, une diction, un ton sentencieux, un vocabulaire minéral si identifiable -pour qui a commerce avec la langue originale), que nous détectons vite, sinon nous perdrions goût. Et pied.

En voici un autre, pour la route (les césures des deux poèmes, bien qu'étranges par endroits, sont celles du livre) :

 

La terre un jour si tendre ouvre sa peau de

pêche sous nos lèvres.

  Un oeil léger mesure le poids des branches.

L'été mûrit.

  Ce chemin de cendre qu'un pas disperse, il est

lié de roses. Le dormeur met les bras sur son front,

cerne la plénitude de son sommeil.

  Il risque un voyage au centre de ses yeux,

étreint son ivresse.

  Nous sommes comme lui dans la splendeur du

buisson, une feuille fermée, prête au feu.


Nota : le titre de cette note est emprunté à J.-P.Siméon.

Je salue au passage le travail d'exigence de Manier-Mellinette, Cheyne éditeur au Chambon-sur-Lignon (43), et dont j'observe le travail depuis les premiers livres, qu'ils publièrent en 1980, et que j'ai toujours, là, pas loin.

 

13:52 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Merci pour ce partage de beaux extraits. Une belle manière de faire la "cheyne". Complimenti.

Écrit par : carole laura | lundi, 08 août 2011

Oh, désolée pour le doublet ! je pensais que cela ne s'était pas inscrit... Cette promenade poétique aura lieu à partir du 16 août, là-bas...

Écrit par : christiane | vendredi, 12 août 2011

Écrire un commentaire